Archives de Catégorie: Plume

Carthage

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Pour enjoliver ton corsage,
Que dirais-tu d’un tatouage ?
Tu penses : cela fait un peu étalage
De motard échappé de son garage;
Ou crains-tu quelque dérapage
Nécessitant un rattrapage ?
Vois-le comme un rite de passage :
Delenda Est de ton Carthage;
Une gomme effaçant les ravages,
Lénifiant ton esclavage.
Ton déjà très bel emballage,
Exhaussé par cet orpaillage,
Telle une gemme après maillage :
Splendeur serait ton apanage !

 

Ce n’est qu’un premier jet écrit en moins d’une heure, mais j’en suis plutôt content : cela fait deux ans que je voulais écrire sur ce sujet.

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Brinou

Avant même que tu ne naquisses,
Quelles affres tu infligeas
A ton angoissée génitrice,
Que de soucis, que de tracas !

Pour t’épargner bien des poissons,
Elle parvint à te garder
Trois jours de plus en son giron,
Mettant en risque sa santé.

Le jour venu, à l’hôpital,
Près de vingt heures elle souffrit,
Son courage n’ayant pour égal
Que son bonheur quand elle te vit.

Trois jours après ce récital,
Notre demeure tu découvris,
Illuminant nos banales
Pénates ainsi qu’un sufyy.

Quelle incroyable sensation:
Dans ma paume tu t’es nichée:
Je te lance vers le plafond,
Provoquant moultes cris d’orfraie.

En tant que digne fille d’artiste,
Toi que Cupidon engendras,
Seras-tu le nouveau Matisse,
Enfanteras-tu quelque dada ?

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L’amour, c’est…

HeartWarming

 

Quand le sommeil devient insaisissable et superflu,
Quand le seul appétit restant peut se nourrir d’un firmament,
Quand nuque, oreille et bouche se transforment en aliments,
Quand j’ai faim de ton corps, quand j’ai soif de ton cul !

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La femme-mystère (deuxième partie)

Fort heureusement, j’étais resté sur mes gardes. Aussi, lorsque les gros ours en peluche se précipitèrent à l’intérieur en vociférant et que Nazgûl, tous feulements dehors, se faufila entre eux pour s’enfuir par la porte ouverte, je fus suffisamment prompt à la refermer derrière elle et nous en fûmes quitte pour un concert de glapissement en aboi majeur.

Une fois ses toutous calmés, B. se mit en devoir de me questionner au sujet de la table de trois mètres sur deux qui encombrait la majeure partie du living. Sur celle-ci étaient disposées des cartes en papier fort et des pions en carton recréant la campagne de Pologne de 1939. Une fois sa curiosité rassasiée, nous nous installâmes confortablement, eux sur le divan bas à motifs écossais, moi sur une chaise face à eux, emplîmes nos verres et reprirent la discussion là où nous l’avions laissée.

Deux bonnes heures s’étaient écoulées quand je remarquai l’absence prolongée de B. Nous constatâmes rapidement qu’après une visite des lieux, elle s’était assoupie sur mon lit, derrière l’écran protecteur de ses cerbères. N’étant point son intime, je laissai à R. la responsabilité de la réveiller en douceur, mais la belle avait apparemment le sommeil lourd et il ne put parvenir à ses fins. Devant la futilité de ses efforts, je proposai à R. de la laisser dormir sur place, le divan étant facilement transformable en lit de fortune.

Après moult tergiversations et plusieurs nouvelles tentatives infructueuses de ramener B. à la vie, il finit par renoncer et me la confier. Le jour était déjà levé depuis longtemps lorsqu’il se mit au volant et nous laissa. Une fois les deux étages remontés, force me fût de constater que l’inconfort du divan, cumulé à l’absence de rideaux dans le living, me condamnaient soit à la nuit blanche, soit à un squat inconfortable à plus d’un sens aux côtés de B. – mon lit n’étant guère prévu pour héberger plusieurs personnes simultanément – sauf passage par l’empilage vertical. Après une bonne heure passée à tenter désespérément de trouver le sommeil, je finis pourtant par me résoudre à cette dernière extrémité.

Je me faufilai donc tant bien que mal et le plus discrètement possible entre B. et le mur de façade, puis essayai de trouver une position m’octroyant quelques maigres chances de m’endormir. Il s’avéra que la moins incommode m’obligeait à serrer B. dans mes bras, ma main gauche reposant sur un sein chaud et particulièrement douillet. C’est alors que la voix rauque de B. prononça la phrase inattendue « ça fait longtemps qu’on ne m’a pas prise… »

De sommeil il ne fut donc plus question! Quelques heures plus tard, j’étais en train de rassembler mon matériel de jeu de rôle pour la séance prévue cet après-midi lorsque José – mon meilleur pote, l’un des joueurs et le petit ami de la locataire du premier étage, vint toquer à ma porte. B. se mit immédiatement à paniquer. Elle m’expliqua qu’elle connaissait José – ainsi que plusieurs de nos amis communs – et préférait éviter qu’ils ne soient au courant des événements de la nuit.

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La femme-mystère (première partie)

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Cela faisait déjà plusieurs années que je travaillais à « L’Atelier », un café-concert proche de l’université libre de Bruxelles et aussi l’un des premiers à s’être lancé dans les bières spéciales.

Nous fûmes, notamment, des pionniers osant tenter l’aventure de la Pêcheresse au fût.Mon patron, Tuna Kavur, un turc court sur pattes, mais à la carrure impressionnante – il avait pratiqué à haut niveau haltérophilie, volley-ball et … échecs ! – avait persuadé le patron de la brasserie Liefmans de lui confier cinq petits fûts de cette Kriek où la pêche remplaçait la cerise. Sûr et certain que le débit ne serait jamais suffisant pour écouler cette bière alors très peu connue et uniquement vendue en bouteilles de trente-sept centilitres bouchonnées – et donc réservée à une clientèle relativement aisée – le brasseur promit même un sixième fût gratuit si nous venions à écouler les autres en moins d’un mois. Vingt jours plus tard, il concédait la défaite.

Bientôt, nous servions Kriek, Pêcheresse et Framboise au fût, les bières spéciales disponibles dépassaient la centaine et les étudiants se relayaient pour goûter ces bières encore indisponibles dans les autres troquets bruxellois.

Je travaillais alors quatre jours par semaine, mais la longueur des services – le café ne fermait jamais avant trois heures du matin les jours de semaine et, du jeudi au dimanche, il n’était pas rare que le jour soit levé lorsque je quittais les lieux – je gagnais assez confortablement ma vie. Suffisamment en tous cas pour m’offrir le restaurant tous les jours, la minuscule kitchenette de mon flat ayant freiné ma passion pour la cuisine.

Il arrivait aussi assez fréquemment que, l’Atelier enfin fermé, j’aille manger un steak-frites au snack local – où dans d’autres établissements où le personnel, plus habitué à servir cafés, croissants et jus d’orange pressée à cette heure matinale, avaient du mal à cacher leur surprise lorsque je leur commandais un steak béarnaise – où que le patron nous invite à manger à Matonge, le quartier congolais d’Ixelles, plus en phase avec nos horaires. Certains jours même, il nous emmenait dans des restaurants nettement plus luxueux, dont la clientèle, à cette heure indue, était essentiellement composée de prostituées de haut vol, de leurs bienfaiteurs et de quelques souteneurs. Faune étrange qui, heureusement, ne me fit jamais dévier du droit chemin qui avait toujours été le mien jusque là.

J’habitais alors un flat comprenant une petite chambre, un living à peine plus spacieux, une minuscule salle d’eau et une kitchenette tout aussi exigüe. Cela suffisait amplement à mes besoins, vu que je n’y étais quasiment que pour dormir et le fait qu’il se trouvait juste en face de l’Atelier me faisait gagner un temps précieux. Je partageais les lieux avec Nazgûl, ma chatte noire, qui bénéficiait d’un accès aisé vers l’extérieur via la fenêtre des toilettes communes situées un étage et demie plus bas. A l’étage inférieur résidaient deux étudiantes, l’une d’entre elles étant la petite amie de mon meilleur pote. Au rez-de-chaussée, enfin, vivait une habituée de l’Atelier, fonctionnaire cinquantenaire férue de lecture et de marginaux, qui meublait souvent agréablement les après-midis calmes au café par son érudition.

Il arrivait aussi que, l’Atelier enfin fermé, j’aille manger un steak-frites au snack local – où dans d’autres établissements où le personnel, plus habitué à servir cafés, croissants et jus d’orange pressée à cette heure matinale, avaient du mal à cacher leur surprise lorsque je leur commandais un steak béarnaise – où que le patron nous invite à manger à Matonge, le quartier congolais d’Ixelles, plus en phase avec nos horaires. Certains jours même, il nous emmenait dans des restaurants nettement plus luxueux, dont la clientèle, à cette heure indue, était essentiellement composée de prostituées de haut vol, de leurs bienfaiteurs et de quelques souteneurs. Faune étrange qui, heureusement, ne me fit jamais dévier du droit chemin qui avait toujours été le mien jusque là.

J’habitais alors un flat comprenant une petite chambre, un living à peine plus spacieux, une minuscule salle d’eau et une kitchenette tout aussi exigüe. Cela suffisait amplement à mes besoins, vu que je n’y étais quasiment que pour dormir et le fait qu’il se trouvait juste en face de l’Atelier me faisait gagner un temps précieux. Je partageais les lieux avec Nazgûl, ma chatte noire, qui bénéficiait d’un accès aisé vers l’extérieur via la fenêtre des toilettes communes situées un étage et demie plus bas. A l’étage inférieur résidaient deux étudiantes, l’une d’entre elles étant la petite amie de mon meillleur pote. Au rez-de-chaussée, enfin, vivait une habituée de l’Atelier, fonctionnaire cinquantenaire férue de lecture et de marginaux, qui meublait souvent agréablement les après-midis calmes au café par son érudition.

Il arrivait donc régulièrement que je termine la soirée chez moi avec l’un ou l’autre des derniers clients du bar, si nous avions sympathisé pendant la soirée. C’est ainsi que je fis la connaissance de B. au cours d’une fin de soirée bien arrosée – je ne prenais ma première bière qu’après avoir servi le dernier verre, tradition du café, mais il m’arrivait d’en enfiler trois ou quatre le temps que les clients terminent le leur, le tout en exécutant les tâches-réflexes de la fermeture : vidanges, frigos, vaisselle et cendriers, etc.

Cette nuit là donc, B., ses deux labradors et son ami R. – que j’avais de prime abord pris pour son mec – quittâmes ensemble l’Atelier pour nous rendre au deuxième étage de la maison d’en face, et la discussion continua tandis que nous humections nos gosiers.

Un premier drame fut évité de justesse lorsque nous arrivâmes devant ma porte – qui restait toujours entr’ouverte afin que Nazgûl puisse déambuler à sa guise. En effet, B. tenait absolument à la compagnie de ses deux compagnons canidés et, amadoué par leur douceur tout au long de la soirée, j’avais fini par accepter qu’ils nous accompagnent. Nazgûl, elle, voyant son domaine brusquement envahi par deux intrus faisant vingt fois sa taille, ne l’entendait pas de cette oreille !

 

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Perlimpimpin

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Avec Perlimpimpin
Optez pour le look Tintin
Votre héritage carolingien
Peut vous sembler lointain
Comme vos cours de maintien
Mais votre tête de pingouin
Ainsi que tout ce tintouin
Comme quoi vous s’riez zinzin
Dérègle vos intestins
Pauvre petit Popotin!

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Quand j’aurai…

The-Beatles-When-Im-Sixty-Four-

A G.B., dont la chanson préférée des Beatles m’a servi d’inspiration.

 

Quand j’aurai soixante ans,
Je n’aurai plus de dents
Sauf peut-être, nonobstant,
Une ou deux par-devant.

Quand j’aurai septante ans,
Mes cheveux grisonnants,
Un nez toujours trop grand,
Mon visage d’enfant ?

Quand j’aurai nonante ans,
Où en sera mon gland ?
De toi cela dépend !
Alors, qu’est-ce que t’attends ?

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Pompon

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Début juillet ’74, après dix ans de veuvage, ma mère se remaria. Marc la courtisait ardemment depuis près d’un an, faisait le beau devant moi afin de l’amadouer, démontra ses compétences de bricoleur hors-pair en transformant le piano complètement déglingué en meuble de rangement pour vinyls et cassettes audio – qui remplacèrent fort joliment, je dois l’avouer,  les touches d’ivoire noires et blanches…
Et, franchement, elle l’avait bien mérité.

Le mariage eut lieu dès la fin de l’année scolaire, mais notre lune de miel fut de courte durée. Marc ne put en effet cacher bien longtemps son mépris pour les enfants – il avait pourtant un fils d’un premier mariage à l’université, et sa seconde épouse avait elle aussi deux mioches, causes probables de leur séparation. La torture psychologique devint rapidement omniprésente et les repas communs du soir un calvaire me poussant à remplacer le film du soir par la lecture, puis les sorties avec les nouveaux amis du quartier.

Ce fut probablement la raison pour laquelle j’eus enfin le droit d’avoir un chat, et Pompon débarqua bientôt dans nos vies. Ainsi nommé – par ma mère – pour son remarquable appendice caudal, ce chat gris tigré au poil riche et soyeux allait bientôt semer la terreur – et ses rejetons – chez tout ce que le quartier comptait de félidés de la gente féminine. S’il revenait parfois porteur de cicatrices dues à ses multiples conquêtes, les feulements nocturnes prouvaient aisément qu’il en donnait lui aussi sa part et aucun voisin n’eut, à ma connaissance, le culot de venir se plaindre de son tempérament de tombeur. Mais Pompon allait devenir une star pour des raisons bien différentes !

J’ai mentionné plus avant son appendice caudal : Pompon était en effet doté d’un épais et touffu plumeau sur l’arrière train, ce qui faisait particulièrement l’admiration de Liliane, l’une des meilleures amies de ma mère qui était aussi ce que l’on appelait alors une « vieille fille ». Et un beau jour, Nelly – une autre amie proche – et ma mère décidèrent de piéger Liliane en dissimulant notre petit enregistreur à cassette, en marche, et d’attendre que l’inévitable se produise…

Bien évidemment, Liliane ne tarda pas à caresser avec enthousiasme la queue du chat, n’hésitant pas à user de commentaires quelque peu déplacés du genre : « Oh, Mais quelle belle queue tu as, toi alors ! » ou « Mais quelle belle queue ! »
L’hilarité – mêlée de gêne chez la malheureuse Liliane – s’ensuivit et le récit devint un des moments forts lors des festins pantagruéliques fréquemment organisés dans notre nouveau domicile. Pompon, le chat Don Juan à la queue exceptionnelle, devint admiré de toutes et de tous.

 

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SQRL

lettrine

 

Parfois mes yeux, fatigués par la lecture, croient voir danser au rythme de la musique les lettres composant la page.
Il arrive même qu’elles se transforment en lettrines d’un autre âge :
Des esses, humant l’air de leur langue fourchue;
Des culs, dont la queue traîne dans la poussière;
Des aires couronnées et vêtues d’hermine;
Des ailes rêveuses, songeant à se tirer.

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Classé dans Plume, Poésie

A contre-courant (2014)

Petit exercice de style que ce texte très court. L’idée était d’illustrer une image imposée mais, fasciné par cette dernière, j’ai choisi d’illustrer la joie plutôt que la tristesse qu’elle suggérait.

 

 

Réprimant son fou-rire, Catharina ne put s’empêcher de penser : « Maman avait bien raison, les hommes sont vraiment très bizarres ! »
Ce qui la fit à nouveau éclater de rire.

Certes, elle avait déjà reçu plus que sa part de compliments. Le plus souvent mettant en exergue ses yeux, sa chevelure, la forme harmonieuse de son visage, sa poitrine évidemment… Parfois même, on l’avait encensée pour sa sveltesse, sa manière de danser, la finesse de ses poignets, la longueur de ses jambes. Mais pour ses genoux, c’était une grande première !
Et son rire illumina à nouveau la forêt…

Paroles:

http://musique.ados.fr/Henri-Salvador/J-Aime-Tes-Genoux-t101130.html

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