Archives mensuelles : février 2016

The solitary reaper (William Wordsworth)

Behold her, single in the field,
Yon solitary Highland Lass!
Reaping and singing by herself;
Stop here, or gently pass!
Alone she cuts and binds the grain,
And sings a melancholy strain;
O listen! for the Vale profound
Is overflowing with the sound.

No Nightingale did ever chaunt
More welcome notes to weary bands
Of travellers in some shady haunt,
Among Arabian sands:
A voice so thrilling ne’er was heard
In spring-time from the Cuckoo-bird,
Breaking the silence of the seas
Among the farthest Hebrides.

Will no one tell me what she sings?–
Perhaps the plaintive numbers flow
For old, unhappy, far-off things,
And battles long ago:
Or is it some more humble lay,
Familiar matter of to-day?
Some natural sorrow, loss, or pain,
That has been, and may be again?

Whate’er the theme, the Maiden sang
As if her song could have no ending;
I saw her singing at her work,
And o’er the sickle bending;–
I listened, motionless and still;
And, as I mounted up the hill
The music in my heart I bore,
Long after it was heard no more.

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Littérature érotique pour bargeots

Il faut de tout pour faire un monde, dit un dicton populaire.
Pas étonnant donc que la littérature érotique s’occupe, elle aussi, d’assouvir certains fantasmes … étonnants.

Présidents : il ne manque pas d’ouvrages salaces traitant des Pères Fondateurs (américains), mais cette saga de Catherine Devore est probablement la plus connue. Dans ce volume précis, le bien aimé président doit vaincre l’empereur du Japon grâce au pouvoir de son surpuissant pénis.

Dinosaures : Ici aussi, on ne manque pas de choix : entre « Violée par le tricératops » et « Le dinosaure milliardaire m’a forcé à devenir gay », ce volume nous présente un T-rex frustré (à cause de ses bras trop courts, probablement) qui rencontre une diane chasseresse, laquelle n’a jamais trouvé de partenaire capable de la satisfaire. Mais tout espoir n’est pas perdu !

Nains de jardin : une série où des nains de jardin envoient une femme au septième ciel grâce à leurs chapeaux pointus.

Avions à réaction : Oui, vous avez bien lu ! L’avion « sexy » dont il est question est un milliardaire (un de plus !) champion de blackjack.
Extrait de la critique : « Epoustouflé par la maîtrise remarquable qu’a l’auteur (Chuck Tingle, sans rire) de l’anatomie et de la physique ».

Mommies : les morts ressuscitent, au grand dam des laborantines.

Eclairs : « J’étais en train de me frotter au métal noir du cheval, en tenant mon I-phone afin d’envoyer une photo non sollicitée sur OKCupid quand … »
Puis l’éclair le prend. La suite est « Pris par le Canada » : tout un programme !

Mammouths

Etoiles de mer

Et même, en guise de conclusion, un cable HDMI (hanté, qui plus est) : destiné aux geeks, je suppose.

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Babelogue (Patti Smith)

 

 

Patricia Lee Smith dite Patti Smith est une chanteuse et musicienne de rock, poète, peintre et photographe américaine. Mariant la poésie Beat avec le garage rock des années 1960 et 1970, elle est considérée comme la « marraine » du mouvement punk.

Fille d’immigrés irlandais, elle a reçu une éducation religieuse stricte (sa mère était témoin de Jéhovah), dont elle s’est éloignée à l’adolescence. Elle dit d’ailleurs, dans sa reprise du Gloria de Them, « Dieu est mort pour les péchés de quelqu’un, mais pas les miens ».
Elle a été très influencée par le photographe Robert Mapplethorpe, avec qui elle a entretenu une relation passionnée.
Avant de former son groupe, elle a failli devenir chanteuse de Blue Oyster Cult, groupe pour lequel elle a d’ailleurs écrit plusieurs textes de chansons.
(Source : Wikipédia)

« Patti smith fait du slam avant l’heure. Elle débite. Elle éjacule ses phrases comme des obus en direction des auditeurs. »
(Etienne Ethaire, parlant de Babelogue dans son livre Camion blanc : Patti Smith, fille de Rimbaud).

Ces deux morceaux, le monologue Babelogue introduisant la chanson Rock and roll nigger, sont extraits de l’album Easter (1978), qui a constitué mon introduction à l’oeuvre de cette artiste (et qui reste mon préféré).

Bébélogue

Je n’ai pas beaucoup baisé par le passé,
Mais j’ai beaucoup déconné avec l’avenir.
Sur la peau de soie se trouvent les cicatrices
Des échardes des postes (de police)
Et des murs que j’ai caressés.

La scène est comme un verrou de bois,
Comme une bûche d’Hélène (1), c’est mon plaisir.
Je mesurais la réussite d’une nuit
A la façon, à la façon, à la quantité de pisse et de semence
Que je pouvais exsuder des colonnes où se nichait la P.A. (2)

Certains soirs, je surprenais tout le monde en disparaissant,
Vêtue d’une jupe en filet vert, sur laquelle était cousus
Des cercles plats et métalliques qui éblouissaient et étincelaient.
Les lumières étaient violettes et blanches.
Je possédais un voile ornemental, mais je ne supportais pas de le porter.

Quand j’avais les cheveux courts, je crevais d’envie de me couvrir le crâne,
Mais, à présent, mes cheveux eux-mêmes forment un voile,
Et le cuir chevelu est celui d’un
Comanche fou et endormi
Allongé sous le filet de la peau.

Je me réveille. Je suis paisiblement allongée,
Je suis paisiblement allongée, et mes genoux s’ouvrent au soleil.
Je le désire, et il est tout à fait prêt à me prendre.
Je suis Musulmane de cœur ;
Je suis Américaine de cœur ;
Je suis Musulmane de cœur,
De cœur, je suis une artiste américaine,
Et je ne me sens pas coupable.

Je recherche le plaisir.
Je recherche les nerfs sous ta peau.
L’arche étroit ; les strates ;
le rouleau de laitue ancienne.

Nous idolâtrons l’imperfection, le ventre, le ventre,
Le grain de beauté sur le ventre d’une putain exquise.
Il a épargné l’enfant et a gâté la tige.
Je ne me suis pas vendue à Dieu.

(1) Beaucoup de fans ont essayé de traduire cette chanson; peu y sont arrivés. Patti semble ici jouer sur les mots bolt, qui peut désigner un verrou comme un plug anal, et log, qui signifie bûche, mais aussi journal. La Hélène dont elle parle est membre du groupe Helen Wheels; elle et Patti se sont souvent répondu par le biais de chansons, pour exorciser la dépendance textuelle qu’elles nourrissaient l’une pour l’autre.
(Merci à Galois pour son aide inappréciable concernant ce passage).

(2) J’ai beaucoup de mal à traduite cette phrase, sans savoir exactement quel sens Patti donnait à P.A.
Je pense finalement qu’il ne s’agit pas de l’abbréviation de Pennsylvania ou Personal Announcement (system), mais qu’elle parle de son sexe (et que les colonnes sont donc ses jambes).

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Classé dans Musique, Poésie

Pulp Fiction

Dédié aux couvertures de romans de pulp fiction ¹ – qu’elles soient belles, nulles ou involontairement drôles – le site web F–kYeah Pulp Fiction Covers  nous parle d’une période révolue de la littérature.
Ces romans aux couvertures racoleuses, couvertes d’extraits aguichants, n’hésitaient pas à abuser de stéréotypes aujourd’hui vus d’un mauvais oeil.

¹ : à ne pas confondre avec le film de Tarantino.

Deux romans complets de Jake Hunter!
QUI DIABLE A MANGE LA PIZZA
« Je jure devant Dieu que je vais mettre une balle dans ta tête de noeud si tu as tout mangé »
`suivi de :` L’affaire de la nana qui s’est pris une balle dans sa tête de noeud

Source

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Furibonderie

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Il ne faut pas croire que les gens se promènent toute la journée en avertissant: « Vous savez, je suis furibond. »

Non, la fureur, on la couve, bien dissimulée dans un repli de l’âme, sans qu’elle en sorte jamais. Et au moment où on s’y attend le moins, au moment où on est piqué au vif, dans le vif de ce repli de l’âme, elle jaillit, se déchaîne, et on finit par dire : « Que s’est-il passé ? Je ne le voulais pas. Retournons une minute en arrière, juste une minute, je vous en prie, retournons aux choses telles qu’elles étaient avant. »

Or rien ne sera plus comme avant et on aimerait bien que sa mère soit là pour pleurer dans ses bras.

(Antonio Pennacchi, in « Canal Mussolini »).

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François Villon

Né en 1431 ou 1432, François Villon est considéré comme le premier poète moderne. Plusieurs moments de sa vie demeurent obscurs; il a tour à tour fréquenté les mauvais garçons et les grands de son époque.

Bachelier de la faculté de Paris, il tue un prêtre au cours d’une rixe en 1455 et doit fuir la ville. En 1461, après une série de vols, il est emprisonné, puis délivré sur l’ordre de Louis XI. Il publie en 1462 son Testament, qui contient plusieurs ballades et rondeaux écrits auparavant. A nouveau emprisonné pour vol, il est libéré, puis mêlé à une nouvelle rixe et condamné à la pendaison (1463). C’est alors qu’il écrit le Quatrain et l’Epitaphe (plus souvent appelée Ballade des pendus). Le jugement est annulé, mais il est banni de Paris. On ne sait rien du reste de sa vie.

Quatrain

« Je suis François dont il me poise,
Né à Paris emprès Pontoise,
Et de la corde d’une toise
Saura mon col que mon cul poise. »

Je suis François et cela me pèse, Né à Paris près de Pontoise, Et de la corde d'une toise Mon cou saura ce que mon cul pèse.

Dans ce court poème, on décèle bien l’humour souvent désespéré de Villon, notamment dans l’utilisation à double-sens du mot François, à l’époque synonyme de Français (un peu comme le prénom France de nos jours). Même quand il croit sa fin venue, Villon nargue la mort comme il a bafoué la vie.

L’Épitaphe ou Ballade des pendus

« Frères humains, qui après nous vivez,
N’ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est
piéça dévorée et pourrie, (depuis longtemps)
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s’en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n’en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes
transis, (morts)
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l’infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous
harie, (moleste)
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés, (lessivés)
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d’oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu’Enfer n’ait de nous seigneurie :
A lui n’ayons que faire ne que
soudre. (payer)
Hommes, ici n’a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! »

« La littérature de Villon est celle d’un poète docte (et non populaire), d’une distinction profonde. Clément Marot signale l’antiquité de son parler, sa façon de rimer, « les meslées et longues parenthèses », « les sentences (phrases) belles comme fleurs », l’esprit. Il aurait pu aussi nous parler de sa musique, de l’expression, de la sensibilité. Villon réussit à nous faire reconnaître son désir de vivre intensément et c’est cela qui rend chez lui l’idée de la mort si bouleversante. Il a vécu ardemment, dangereusement. A le lire, nous vivons à notre tour comme l’hallucination d’un destin, comme la vie d’une âme. »
(extrait de l’introduction à mon édition en poche, par Robert Guiette).

Je n’aurais pu mieux dire, et clairement la musicalité de ses vers et ce désir de vivre intensément, quels que soient les risques que cela comporte, sont ce qui me parle le plus chez Villon.

Vu que les deux précédents font partie des plus connus, je me permets d’y ajouter l’un de mes préférés qui, je trouve, correspond plus à l’image de fêtard, bagarreur, coureur de jupons aux mauvaises fréquentations que je me fais de Villon.

Ballade de merci

« A Chartreux et à Célestins,
A Mendiants et à Dévotes,
A musards et claquepatins, (désoeuvrés et élégants)
A servans et filles mignottes
Portant surcots et justes cottes,
A cuidereaux d’amour transis, (galants présomptueux)
Chaussant sans méhaing fauves bottes, (douleur)
je crie à toutes gens mercis.

A fillettes montrant tétins,
Pour avoir plus largement hôtes,
A ribleurs, mouveurs de hutins, (voleurs, faiseurs de tapage)
A bateleurs, trainant marmottes,
A fols, folles, à sots et sottes,
Qui s’en vont sifflant six à six,
A vessies et mariottes, (marottes)
Je crie à toutes gens mercis.

Sinon aux traîtres chiens mâtins
Qui m’ont fait chier dures crotes (cher – croutes)
Mâcher maints soirs et maints matins,
Qu’ore je ne crains pas trois crottes.
Je fisse pour eux pets et rottes;
Je ne puis, car je suis assis.
Au fort, pour éviter riottes, (querelles)
Je crie à toutes gens mercis.

Qu’on leur froisse les quinze côtes
De gros maillets, forts et massis, (massifs)
De plombées et tels pelotes. (boules de plomb)
Je crie à toutes gens mercis. »

Et si cela vous plaît, un joli choix de ses écrits est disponible ici et l’intégrale de son oeuvre, accompagnée d’une biographie, d’un glossaire, d’un contexte historique, etc. est disponible pour trois fois rien en livre de poche.

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Je te retrouverai (John Irving)

En cet automne qui précéda l’entrée de Jack à Sainte-Hilda, sa mère lui réserva plus d’une surprise. Après lui avoir montré les filles en uniforme qui allaient bientôt dominer sa vie, elle lui annonça qu’elle se préparait à traverser l’Europe du Nord à la force du poignet pour retrouver son fugueur de père. Elle savait dans quelles villes il y avait le plus de chances qu’il se soit caché pour leur échapper. Ils le traqueraient, le retrouveraient, et l’obligeraient à faire face à ses devoirs, auxquels il manquait. Jack Burns avait souvent entendu Alice parler d’elle et de lui-même en termes de « devoirs » auxquels manquait son père. Mais, malgré ses quatre ans, il était déjà arrivé à la conclusion que son papa les avait abandonnés pour de bon, avant même sa naissance à lui.

Et quand sa maman disait qu’elle quadrillerait ces villes étrangères à la force du poignet, il savait ce qu’elle voulait dire. Comme son père, elle était une artiste du tatouage, seul métier d’ailleurs qu’elle eût en main. Dans les villes du Nord et de la Baltique qui jalonneraient leur itinéraire, d’autres membres de la confrérie des tatoueurs lui trouveraient du travail. Ils savaient qu’elle avait appris le métier avec son père, célèbre tatoueur d’Édimbourg – ou plus précisément du port de Leith, où elle avait, pour son malheur, rencontré le papa de Jack. Car c’était là qu’il l’avait séduite et abandonnée.

Mer du Nord et Baltique

Jack Burns a quatre ans et réside à Toronto avec sa mère quand celle-ci décide de l’emmener avec elle pour un périple d’un an en Europe du nord, à la recherche de ce père qu’il n’a jamais connu. Si nous ne l’avons pas retrouvé et obligé à assumer ses responsabilités d’ici le début de l’année scolaire, lui dit-elle, nous tirerons un trait sur lui pour toujours. Et c’est cette dernière phrase qui surprend le plus le petit Jack.
Lors de ce périple, Jack sera sauvé par un tout petit soldat, goûtera à la langue de renne et à la mûre arctique, étrennera ses patins à glace, exécutera ses premiers tatouages (à la sauvage), deviendra un spécialiste en Roses de Jéricho et aura pour baby-sitters deux prostituées amstellodamoises.

Mer de filles

Revenus bredouilles, tous deux doivent s’adapter à un nouvel environnement. Alice, aigrie, choisira de renoncer aux hommes. Jack, manipulé sans le savoir, va tout aussi inconsciemment répéter ce schéma pendant de longues années – à commencer par cette école pour filles, où sa beauté androgyne et son développement trop rapide contribueront à en faire un sujet d’expérience pour les filles plus âgées que lui. Il mettra longtemps avant d’enfin apprendre à dire : « Non ! », mais entretemps bien des choses se seront passées…

Veinard

Mais, dans cet environnement un peu malsain, Jack aura la chance de rencontrer deux êtres d’exception, une ancienne conquête de son père (ce qu’il ignore), et un professeur de théâtre homosexuel jusqu’à la moelle, qui lui apprendra à jouer pour son propre public, composé d’une seule et unique personne. Le jeune Jack ne le sait pas encore, mais il a trouvé sa vocation : il sera acteur, et chacune de ses performances sera – évidemment – dédiée à son père, qu’il a sans cesse l’impression d’entr’apercevoir … lors des compétitions inter-universitaires de catch, notamment, où il croit même voir crépiter les flashes de photographes assidus.
Grâce à un second rôle de travesti, Jack va rapidement rencontrer le succès à Hollywood et multiplier les expériences scabreuses dans ce microcosme pour le moins particulier.

Dormir dans les aiguilles

Dans le milieu du tatouage, dormir dans les aiguilles peut désigner deux choses : utiliser son salon comme dortoir par manque de sous, ou rejoindre son créateur. Deux personnes chères à Jack vont aller dormir dans les aiguilles, tout d’abord sa meilleure amie et colocatrice, Emma, puis sa mère (qui s’est mise en couple avec la mère d’Emma, Leslie). C’est cette dernière qui incitera Jack à retourner en Europe sur les traces de son père, permettant ainsi à Jack de découvrir l’ampleur des mensonges et manipulations de sa mère à son égard.

Le docteur Garcia

Suite à ce périple et à un nouvel épisode scandaleux hollywoodien, Jack va se résigner à suivre une thérapie chez le Dr Garcia, mais c’est la découverte d’une demi-soeur jusque là inconnue qui lui permettra enfin d’exorciser ses démons.

Un de mes (5 ou 6) ouvrages préférés d’Irving. L’un de ses plus personnels (au sens autobiographique) aussi. Enfin, l’un de ses plus longs, même si l’auteur, grand fan de Dickens, est coutumier du fait. En plus de ses thèmes récurrents (Nouvelle-Angleterre, lutte, prostituées, Vienne, accident mortel, cinéma, relations sexuelles entre jeunes hommes et femmes âgées, viol), Irving nous fait ici découvrir le milieu du tatouage, des deux côtés de la barrière.

Vous pouvez lire le début du livre ici, histoire de voir si le style de l’auteur vous convient (il est très bien traduit, j’ai pu le vérifier lors de cours d’anglais donnés à une amie).

Je te retrouverai, de John Irving
Traduit par Josée Kamoun, Gilbert Cohen-Solal
864 pages – 24.00 € TTC

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Profession : relieuse

Je viens aujourd’hui vous parler d’une personne que j’ai eu l’honneur de côtoyer pendant plusieurs années, tout d’abord dans le cadre du travail, puis en tant qu’amie. Louise avait débarqué de Paris, pour parachever sa formation de relieuse à La Cambre (une école supérieure bruxelloise). C’est ce qui me permit de faire sa connaissance, vu qu’elle débuta comme serveuse dans un de mes antres favoris, afin de financer ses études. Tout d’abord ébloui par ses yeux bleus, je fus bientôt capable de discerner l’intelligence, la douceur, le professionnalisme et l’humour occultés par ce beau regard.

Un an plus tard, je devenais son collègue, et nous formâmes rapidement un tandem d’enfer, elle assurant les 5 à 9 (quatre fois par semaine, en plus de ses cours déjà plutôt physiques), moi la nuit. C’est ainsi que je fus introduit à un artisanat qui m’étais jusque là inconnu, la reliure, « cette pratique artisanale qui s’est érigée en art » (copyright wikipédia). Et dans ce cas-ci, on peut même parler d’art réservé aux riches : la plupart des ouvrages que j’ai eu l’occasion de voir chez Louise m’auraient permis de vivre à l’aise pendant plusieurs années via leur vente.

 

Couverture du numéro 299 de Arts et Métiers du Livre
Louise Bescond incarne la nouvelle génération de relieurs. Décomplexée, audacieuse, elle allie avec bonheur liberté et un indéniable talent artistique.

 

Depuis lors, Louise vit (difficilement) de son métier, passion qu’elle ne se prive pas de partager avec d’autres étudiant(e)s.

Atelier reliure organisé au 75, l’Atelier Peinture de l’Ecole Supérieure des Arts de l’Image

 

Louise avec Marianne, sérigraphe, graveuse et collaboratrice régulière.

Voici quelques exemples de son travail :

Et vous pouvez bien sûr en découvrir d’autres sur son site web

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Saint-Valentin scabreuse

Roses are red,
Violets are blue.
Le ciel est bleu,
La mer aussi,
Fuck you !

J’en ai ras’l’bol
de ta sale tronche,
Qui s’étiole
Autant qu’mes bronches
Fuck you !

Ca m’prend deux heures, deux
Quand j’te quitte
Disait Burnel
A la va-vite
J’m’en fous !

Moi je le fais
Encore plus vite;
J’garde la voiture
J’te laisse, j’me cuite,
Fuck you !

(improvisation sur un thème imposé – ici « Le ciel est bleu, la mer aussi, fuck you ! » – et en un temps limité (10 minutes),  février 2016).

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Classé dans Plume, Poésie

Entretien

(…) ma mère nous avait souvent mises en garde, moi et mes soeurs. De temps en temps, elle nous réunissait toutes les trois et nous débitait de longs discours féministes. Ils commencèrent alors qu’Ida n’avait que trois ans et moi cinq. Siv avait douze ans et était la seule à comprendre un tant soit peu ce dont maman parlait au cours des premières années.

Prenez garde à ne pas avoir d’enfants avant d’avoir acquis votre autonomie, nous enjoignait parfois ma mère. Veillez à ne pas dépendre d’un homme que ce soit d’un point de vue économique, intellectuel ou émotionnel. Ne tombez pas dans ce piège !

Tomber dans un piège devint ma plus grande peur. Au départ, ce fut une peur très concrète. Je regardais soigneusement s’il n’y en avait pas dans mon environnement et je ne m’aventurais qu’à contrecoeur dans les passages étroits et les pièces closes comme, par exemple, les ascenseurs et les avions, de peur d’y trouver un homme qui menacerait de m’entretenir ! Je ne savais pas vraiment ce qu’entretenir signifiait mais j’étais sûre que c’était très douloureux et qu’on pouvait en mourir.

extrait de L’Unité, de Ninni Holmqvist.

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Classé dans Roman