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12 octobre 2017 · 19:53

Le Jour où J’ai Repoussé un Paquet de Billets

et, j’ai dit, tu peux prendre tes riches oncles et tantes
et pères et grand-pères
et tout leur foutu pétrole
et leurs sept lacs
et leurs dindes sauvages
et les bisons
et tout l’Etat du Texas,
tes fêtes à la con
et tes promenades du samedi soir
et ta bibliothèque du merde
et tes conseillers municipaux véreux
et tes pédés d’artistes
tu prends tout ça
et tes hebdomadaires
et tes fameuses tornades,
et tes pertes dégueulasses
et tous tes chats qui miaulent
et ton abonnement à Time,
et tu te les mets où je pense,
ma chérie.

Je peux encore manier la hache et la pioche (je crois)
et je peux encore ramasser
25 billets pour un combat de 4 rounds (peut-être);
d’accord, j’ai 38 ans
mais un peu de teinture effacera le gris
de mes cheveux;
et je peux toujours écrire un poème (parfois),
n’oublie pas ça, et même si
ça ne paie pas,
c’est mieux que d’attendre la mort et le pétrole,
et chasser les dindes sauvages
et attendre que le monde
commence.
très bien, sale clodo, elle a dit,
tire-toi.

quoi ? j’ai fait.

tire-toi, t’as piqué
ta dernière crise.
j’en ai marre de tes crises :
tu ressembles tout le temps à
un personnage d’une pièce d’O’Neill.

mais je suis différent, ma chérie,
j’y peux
rien.

t’es différent, très bien !
et comment, t’es différent !
claque pas
la porte
en partant.

mais, ma chérie, j’aime  ton
argent !

t’as pas dit une seule fois
que tu m’aimais !

qu’est-ce que tu veux ?
un menteur ou un
amant ?

tu l’es pas non plus ! dehors, sale clodo,
dehors !

mais ma chérie !

retourne à O’Neill !

j’ai refermé doucement
la porte et je suis sorti
en pensant : tout ce qu’elles veulent
c’est un pantin
qui dise oui et non
qui se penche au-dessus du feu et
ne foute pas trop le bordel;
mais tu ne rajeunis pas,
mon vieux;
la prochaine fois tâche de la
fermer
un peu.

(Charles Bukowski).

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Mindy (part 1)

J’ai commencé à recevoir des lettres d’une fille qui habitait New York City. Elle s’appelait Mindy. Elle était tombée sur deux ou trois bouquins à moi, mais le côté le plus chouette de ses lettres tenait au fait qu’elle ne parlait littérature que pour dire qu’elle même n’était pas écrivain. Elle me parlait de tout et de rien, mais surtout des hommes et du sexe. Mindy avait vingt-cinq ans, la plume facile et une écriture régulière, raisonnable, mais drôle. Je répondais à ses lettres et étais toujours content de trouver l’une des siennes dans ma boîte. La plupart des gens racontent beaucoup mieux leur vie par lettre que dans une conversation; certaines personnes sont capables de lettres artistiques, inventives, mais deviennent prétentieuses quand elles s’essayent à un poème, une nouvelle ou un roman.
Mindy a ensuite envoyé des photos. Si elles étaient fidèles, Mindy était vraiment belle. On s’est encore écrit pendant quelques semaines et puis elle m’a apprit qu’elle allait avoir deux semaines de vacances.
Pourquoi ne fais-tu pas un saut jusqu’ici, j’ai suggéré.
Au poil, elle a répondu.
On a commencé à se téléphoner. finalement, elle m’a donné son heure d’arrivée à l’aéroport de L.A. International.
J’y serai, je lui ai dit, rien ne m’arrêtera.

Je me suis assis dans la salle d’attente de l’aéroport. On ne savait jamais avec les photos. On pouvait pas savoir. Je me sentais nerveux. J’avais envie de vomir. J’ai allumé une cigarette et eu un haut le coeur. Pourquoi faisais-je des trucs pareils ? Je ne désirais plus la voir, maintenant. Et Mindy qui faisait tout le trajet depuis New York City.Je connaissais plein de femmes. Pourquoi en voulais-je toujours davantage ? Qu’est-ce que j’essayais de faire ? Une nouvelle liaison, c’est excitant, mais c’est aussi un rude boulot. Le premier baiser, la première baise, comportent un élément dramatique. Les gens sont intéressants, quand on les rencontre pour la première fois. Ensuite, lentement mais sûrement, tous leurs défauts et leur folie ressortent. Je leur importe de moins en moins; et ils comptent de moins en moins pour moi.
j’étais vieux, j’étais moche. C’était peut-être pour cela que je prenais tant de plaisir à planter mon poireau dans des jeunes filles. J’étais King Kong, elles étaient souples et tendres. Essayais-je en baisant de me frayer un chemin au-delà de la mort ? En allant avec des jeunes filles, espérais-je ne pas vieillir, ne pas me sentir vieux ? Je ne voulais pas vieillir mal, mais simplement quitter la partie, mourir avant que la mort ne me tombe dessus.
L’avion de Mindy a atterri, puis roulé vers les bâtiments. Je me sentais en danger. Les femmes me connaissaient d’avance; elles avaient lu mes livres. Je m’étais exposé. Et moi, de mon côté, je ne savais rien d’elles. J’étais un authentique joueur. Je risquais ma peau. Je risquais mes couilles. Chinaski sans ses couilles. Poèmes d’amour d’un eunuque.
Je me suis levé pour attendre Mindy. Les passagers sont arrivés dans le couloir.
Oh, POURVU QUE ce ne soit pas celle-ci.
Ni celle-là.
Et surtout pas celle là-bas.
Ah, celle-ci me conviendrait ! Mate un peu ces jambes, ce cul, ces yeux …
Une d’elles s’est avancée vers moi. Pourvu que ce soit elle. C’était la mieux de toutes. Sacré veinard. Elle s’est approché de moi et m’a souri.
– Je suis Mindy.
– J’suis content que tu sois Mindy.
– Tu as des bagages ?
– Oui, j’ai amené de quoi rester un bout de temps !
– Allons attendre au bar.
On est entré, on a trouvé une table. Mindy a commandé une vodka-tonic. J’ai commandé une vodka-7. Ah, presque à l’unisson. J’ai allumé une cigarette. Mindy me plaisait. Quasi virginale. Trop beau pour être vrai. Elle était petite, blonde, parfaite. Elle était plus naturelle que sophistiquée. Je n’avais aucun mal à regarder ses yeux — bleu-vert. Elle portait de minuscules boucles d’oreilles. Et des hauts talons. J’avais dit à Mindy que les hauts talons m’excitaient.
– Eh bien, elle a dit, tu as peur ?
– Plus trop maintenant. Tu me plais.
– Tu es bien mieux que sur tes photos, elle a dit. Je te trouve pas moche du tout.
– Merci.
– Oh, je veux pas dire que tu es beau, je crois pas que beaucoup de gens te trouveraient beau. Ton visage est celui d’un homme bon. Mais tes yeux — ils sont vraiment beaux. Ils sont sauvages, fous comme ceux d’un animal aux aguets dans une forêt en flammes. Bon Dieu, quelque chose comme ça. Les mots ne sont pas mon fort.
– Je te trouve très belle, j’ai dit. Et très gentille. Je me sens bien avec toi. A mon avis c’est une bonne chose que nous soyons ensemble. Finis ton verre, qu’on en commande un autre. Tu es exactement comme tes lettres.
Nous avons terminé la deuxième tournée avant d’aller chercher ses bagages. J’étais fier d’être avec Mindy. Elle savait marcher, alors que tant de femmes bien roulées marchent en traînant la savate, comme si elles croulaient sous une charge énorme. Mindy glissait.
Je pensais toujours que c’était trop beau pour être vrai.

Charles Bukowski.

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Women

Tammie était passée ce soir-là. Elle semblait défoncée aux amphés.
– Je veux du champagne, elle a dit.
– Très bien, j’ai dit.
Je lui ai tendu un billet de vingt.
– A tout d’suite, elle a dit en fermant la porte.
Ensuite, le téléphone a sonné. c’était Lydia. « Je me demandais simplement comment tu allais… »
– Tout va bien.
– Pas ici. J’suis enceinte.
– Quoi ?
– Et je sais pas qui est le père.
– Oh ?
– Tu connais Dutch, le type qui traîne toujours au bar où je travaille en ce moment ?
– Oui, le chauve.
– Eh ben, c’est vraiment un chouette type. Il est amoureux de moi. Il m’offre des fleurs, des bonbons. Il veut m’épouser. Le grand jeu, quoi. Et un soir, j’suis revenue à la maison avec lui. On a baisé.
– Oui.
– Et puis il y a Barney, il est marié, mais je l’aime bien. De tous les gars qui fréquentent le bar, c’est le seul qui n’a jamais essayé de me faire du gringue. Ca m’a fascinée. Tu sais, j’essaie de vendre ma maison en ce moment. Il est venu la voir un après-midi. Juste passé. il m’a dit qu’il voulait la visiter pour un de ses amis. Je l’ai laissé entrer. il est arrivé pile au bon moment : les gamins étaient à l’école, je l’ai laissé faire… – Lydia prit une profonde inspiration. – Et puis un soir, tard, un inconnu est entré dans le bar. il m’a proposé de me raccompagner. J’ai refusé. Ensuite, il a dit qu’il désirait simplement s’asseoir à côté de moi dans la voiture, me parler. J’ai dit d’accord. On s’est assis dans la voiture et on a parlé. Et puis on a fumé un joint. Il m’a embrassée. C’est ce baiser qui m’a décidée. S’il ne m’avait pas embrassée, jamais je n’aurais couché avec lui. Et maintenant que je suis enceinte, je ne sais pas qui est le père. Va falloir que j’attende de voir à quoi ressemble le mouflet.
– Eh bien bonne chance, Lydia.
– Merci.
J’ai raccroché. Une minute plus tard, le téléphone a encore sonné. C’était Lydia.
– Oh, elle a dit, et toi , comment ça va ?
– Toujours pareil, les chevaux et la gnôle.
– Alors tout va bien pour toi ?
– Presque.
– Qu’y-a-t-il ?
– Euh, j’ai demandé à une femme d’aller chercher du champagne…
– Une femme ?
– Hum, une fille plutôt…
– Une fille ?
– Je lui ai donné vingt dollars pour acheter du champagne et elle n’est pas revenue. Je crois que je me suis fait avoir.
– Chinaski, je ne supporte pas que tu me parles de tes femmes. Compris ?
– Très bien.
Lydia a raccroché. On a frappé. C’était Tammie. Elle revenait avec le champagne et la monnaie.
Le lendemain, vers midi, le téléphone a sonné. C’était encore Lydia.
– Alors, elle est revenue avec le champagne ?
– Qui ça ?
– Ta pute.
– Oui, elle est revenue…
– Et keski s’est passé ?
– Nous avons bu le champagne. C’était du bon.
– Et keski s’est passé ensuite ?
– Merde alors, tu sais bien…
J’ai entendu un long gémissement fou, comme d’un louveteau abattu dans la neige de l’Arctique, et qui agoniserait seul en perdant tout son sang…
Elle a raccroché.

 

(« Women », Charles Bukowski.)

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Classé dans Ecrivain, Extraits

Sans a : Tununurive

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Tununurive (en mulguche : Untununurivo, ù ne pus confondre uvec Guuntunumèru) est lu cupitule économique et politique de Muduguscur, de lu Province d’Untununurivo et de lu région Uulumungu, située duns lu purtie centrule de l’île. Ses hubitunts s’uppellent les Untununuriviens et sont plus de 1.600.000. Lu ville est divisée en 6 urrondissements et 192 fokontuny.

Lu fonction de muire d’Untununurivo est uctuellement vucunte : l’intérim est ussuré pur une « Délégution Spéciule » présidée pur le colonel Joseph Rumiurumununu. J’ignore comment les nouveuux postulunts sont choisis, muis s’il y u des mulguches purmi vous, j’espère qu’ils nous les communiqueront en réponse ù cet urticle.

Tout d’ubord construite comme une forteresse uu début du XVIIè siècle pur les rois Merinu, elle s’est rupidement développée. Cupturée pur les Fruncuis en 1895, elle devient cupitule de lu colonie de Muduguscur et conserveru ce stutut uprès l’indépendunce de 1960.

Géogruphie

Untununurivo est située sur les pentes d’une urête rocheuse, pursemée de quelques lucs. Elle se trouve ù environ 150 kms de lu côte est de l’île et ù 350 km de su côte ouest.

Climut

Untununurivo u un climut tropicul d’ultitude, su tempéruture moyenne étunt modérée pur les effets de l’ultitude.
Le climut est cuructérisé pur des hivers fruis et très secs et des étés doux et très pluvieux.
Lu tempéruture en suison fruiche descend rurement uu-dessous de 10°C. En suison chuude, elle dépusse rurement 30°C.
Les gelées sont rures muis pus inconnues. Uinsi, le 6 juin 2013, il u fuit -2°C, et celu u provoqué l’uppurition de gelées blunches.

Toponymie

Son nom signifie lu Ville des Mille, probublement en ruison des mille collines ou des mille guerriers (en rupport uvec l’importunte gurnison royule merinu). Les Mulguches lui font souvent subir une uphérèse et une upocope, qui donnent Tunu (lu ville), et il u été fruncisé ù l’époque coloniule en Tununurive, cur lu prononciution mulguche élide le un pur uccentuution sur le Tu et prutique quusi-systémutiquement l’élision des voyelles finules.

Remurque : le u étunt une voyelle inexistunte en mulguche, je demunde ù mes lecteurs de ne pus diffuser cet article (je ne veux pus courir le risque d’une Futwu!)

Source : Wikipediu

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Classé dans WTF

Le lacet de chaussure

ce ne sont pas les choses importantes

qui envoient un homme en

maison de fous, la mort il y est préparé, comme

le meurtre, l’inceste, le viol, l’incendie, l’inondation…

non, ce sont les successions de petites tragédies

qui envoient un homme en

maison de fous…

pas la mort de son amour

mais un lacet qui casse

quand on n’a pas le temps…

(Charles Bukowski).

 

 

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Classé dans Non classé

La fille cygne

Un jeune paysan de la paroisse de Möllby, qui se divertissait souvent en chassant, vit un jour trois cygnes voler vers lui et se poser sur la rive d’un bras de mer à proximité. S’en approchant, il fut surpris de voir les trois cygnes se dévêtir de leur tenue de plumes, qu’ils jetèrent dans l’herbe, et trois jeunes filles d’une beauté éblouissante en émerger et plonger dans l’eau. Après s’être ébattues dans les flots pendant quelques instants, elles revinrent à terre, où elles revêtirent leurs tenues et aspects antérieurs et s’envolèrent dans la direction d’où elles étaient venues.

Ce court laps de temps lui suffit pour s’éprendre éperdument de l’une d’entre elles, la plus jeune et la plus belle, au point qu’il ne pouvait plus détacher ses pensées de son image. Sa mère, remarquant que quelque chose clochait chez son fils et que la chasse, auparavant son plaisir favori, avait pour lui perdu toute attraction, finit par s’enquérir de la cause de sa mélancolie ; sur quoi il lui relata ce qu’il avait observé et lui déclara qu’il ne pourrait plus y avoir pour lui de bonheur en sa vie s’il ne pouvait posséder la belle cygne.

« Rien n’est plus facile », lui dit la mère. « Mardi prochain, rends-toi au crépuscule à l’endroit où tu l’as aperçue la dernière fois. Lorsque viendront les trois cygnes, observe bien où ton élue pose sa tenue de plumes, prends-la et éloigne-toi vite. »

Le jeune homme écouta les instructions de sa mère et, se rendant le mardi suivant à une cache proche du bras de mer, il attendit impatiemment l’arrivée des cygnes. Le soleil était en train de se coucher derrière les arbres quand les oreilles du jeune homme furent frappées par un sifflement dans l’air et les trois cygnes se posèrent, comme lors de leur précédente visite.

Dès qu’elles se furent débarrassées de leur tenue de cygne, elles furent à nouveau transformées en très belles jeunes filles et, sautant sur le sable blanc, folâtraient bientôt dans les flots. Depuis sa cachette, le jeune chasseur avait pris soin de noter où son enchanteresse avait posé ses plumes de cygne. S’avançant prudemment, il s’en empara et revint se cacher dans le feuillage.

Peu après, il entendit deux des cygnes s’envoler, mais la troisième, à la recherche de sa parure, découvrit le jeune homme devant qui, le croyant responsable de sa disparition, elle tomba à genoux et le supplia de lui rendre sa tenue de cygne. Le chasseur n’était cependant pas prêt à lui céder sa belle prise et, lui posant son manteau sur les épaules, la ramena chez lui.

Les préparatifs battirent bientôt bon train pour un magnifique mariage, qui eut lieu dans les règles et le jeune couple se construisit un nid d’amour.

Un mardi soir, sept ans plus tard, le chasseur lui raconta comment il l’avait conquise. Il alla chercher et lui montra ses plumes de cygne blanches d’autrefois. A peine les eut-il placées entre ses mains qu’elle se transforma à nouveau en cygne et s’envola immédiatement par la fenêtre. Le souffle coupé par la surprise, l’homme regarda avidement sa femme, qui disparaissait rapidement à l’horizon et, moins d’un an et un jour plus tard, il fut couché, ainsi que ses espérances et son chagrin, dans la place qui lui avait été réservée au cimetière du village.

 

(Adaptation personnelle d’une légende du jeu de rôle med-fan Hârn, elle-même clairement inspirée du mythe d’Orphée et Eurydice.)

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Classé dans Conte de fées

Léviathan

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Il existe peu de choses qui ne puissent être représentées fictivement.
(« Léviathan », Thomas Hobbes, 1651)

Vous avez deux heures !

Texte intégral de l’oeuvre disponible ici.

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Classé dans Cogito

How to build a girl (Caitlin Moran)

J’ai entendu parler de ce livre et de son auteure par le biais d’une interview publiée sur le site du Guardian. Je vous en livre ici quelques extraits expliquant pourquoi je compte me l’offrir bientôt!

Adolescente, Caitlin Moran s’attendait, un jour ou l’autre, à ce que ses parents hippies aient avec elle la Grande Conversation. Malheureusement pour elle, lorsque celle-ci se produisit enfin, en lieu et place d’abeilles et de fleurs, elle se contenta de mentionner l’itinéraire à suivre pour aller se réfugier dans la campagne galloise, lorsque les avertissements annonçant la première Bombe arriveraient enfin. Pendant les deux années suivantes, elle continua à espérer que l’autre Grande Conversation (celle traitant du sexe) allait finir par arriver, tentant même de la provoquer, mais le silence radio persista.

 

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Heureusement, les sujets que vos parents ont du mal à aborder avec vous n’effrayent pas la TV, le cinéma, la littérature, les magazines ou la musique pop. Mes hormones prenant le pouvoir, je délaissai toutes les autres activités pour me consacrer exclusivement à la recherche sur les informations cochonnes que le monde mettait à ma disposition. Merci, monde !

J’avais déjà compris les bases grâce aux romans de Jilly Cooper, mais les informations ainsi acquises nécessitaient la présence d’hommes. En attendant, j’avais besoin de devoirs sexuels, quelque chose que je puisse pratiquer pendant mon temps libre – dépourvu d’hommes – pour être prête à l’action une fois qu’un de ceux-ci se présenterait.

C’est à cette époque que je vis une scène dans un épisode de Twin Peaks, où le personnage de Sherilyn Fenn, pour prouver son potentiel à son futur employeur – tenancier d’un bordel huppé – prend une cerise dans son verre de cocktail, la place dans sa bouche rouge et sexy et, dix secondes plus tard, en ressort la queue, maintenant décorée d’un noeud parfait. Cette scène me fit forte impression : m’imaginant qu’apprendre à faire un noeud dans une queue de cerise était une compétence vitale pour toute adolescente, je passai des heures à m’entraîner seule dans ma chambre avec un morceau de ficelle – les cerises étant un luxe rare dans ma famille. En une semaine, j’avais maîtrisé la technique. Je tiens à préciser qu’elle finit par payer… vingt ans plus tard.

Mais à dix-sept ans, mon intérêt pour les choses du sexe restait toujours aussi intense. Vous connaissez ces mémoires de garçons captivés par le football à onze ans et qui, à dix-sept, sillonnent le pays pour assister à toutes les rencontres de York City ? J’étais comme ça – mais avec la baise.
A dix-sept ans, j’avais décidé d’être un super bon coup. je voulais que les gens me montrent du doigt aux surprises-parties littéraires en chuchotant : « Tu vois cette fille ? C’est un coup légendaire ! »

C’est à ce moment-là que vous vous attendez à ce que je dise « mais cela s’avéra très difficile – sinon impossible. »

Mais les récits traditionnels sont rédigés par des garçons – qui ont du mal à trouver des partenaires. Une fille, elle, peut en trouver quand elle veut. Vraiment. Grosse, mal fagotée, timide, maladroite, il n’y a jamais quelque chose qui cloche chez une femme qui l’empêchera de baiser quand ça lui chante, tout simplement en prononçant l’incantation infaillible : « Ca te dirait d’aller tirer un coup ? »

Et c’est une des choses que j’aime chez les hommes : ils ne sont pas compliqués. Ils pensent : « Le sexe, c’est chouette », donc ils essayent de le pratiquer aussi souvent que possible. Et pourquoi pas ? Bien sûr, le sexe est une activité potentiellement risquée pour une femme, mais je fréquentais un cercle social plutôt fermé, je me tapais des collègues ou des amis d’amis et, pour moi en tous cas, c’était moins dangereux que de rouler à vélo en ville. J’avais encore du mal à faire la différence entre gauche et droite, ne comprenais rien au code de la route et était souvent distraite quand un pigeon voletait autour de moi. J’étais bien plus en sécurité sur un homme que sur mon vélo.

Remarque : Ce livre n’a pas encore été traduit en français, mais le premier ouvrage de Caitlin, Comment peut-on (encore) être une femme ? est, lui, disponible chez Flammarion.

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Cows that type

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Pour les anglophones parmi vous, je conseille la lecture de cette critique, à l’humour typiquement britannique, du livre pour enfants Click, Clack, Moo : Cows that type.

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