Archives de Catégorie: SF

Crash

crash

Réalisateur : David Cronenberg
Scénario : David Cronenberg, d’après l’œuvre de J. G. Ballard
Genre : drame, thriller érotique
Distribution : James Spader, Deborah Kara Unger, Elias Koteas, Holly Hunter, Rosanna Arquette.

Synopsis
James et Catherine Ballard aiment épicer leur vie sexuelle en couchant avec d’autres partenaires, pour ensuite se titiller les sens en se racontant leurs ébats respectifs. Mais lorsque James a un grave accident de voiture, une collision frontale qui le laisse gravement blessé, leurs vies vont changer.

James rencontre Helen Remington, dont il a tué le mari lors du crash, à l’hôpital et, grâce à elle, va être introduit dans une secte qui considère les accidents de voiture comme le seul moyen restant d’entrer en contact avec les autres et, donc, de jouir.

Les membres de la secte portent leurs cicatrices et mutilations comme des médailles, vénèrent et tentent de reconstituer les accidents de voitures célèbres, comme celui de James Dean (dans le livre, le personnage de Koteas a pour but ultime une collision frontale avec une actrice célèbre, dans laquelle il la tuerait pour son dernier orgasme !)

James (véritable nom de l’auteur du livre sur lequel est basé le scénario) va petit à petit devenir, lui aussi, un fétichiste du crash.

Avis personnel

Un des meilleurs films de Cronenberg (probablement mon réalisateur préféré), avec eXistenZ et Vidéodrome (au thème lui aussi très fétichiste). James Spader et Elias Koteas sont aussi à leur top niveau, ce qui ne gâte rien.

Bande annonce

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Synopsis

Dans un avenir proche, Allegra Geller est la géniale créatrice d’une nouvelle génération de jeu qui nécessite une connexion directe au système nerveux : eXistenZ.
Lors de la séance de présentation du jeu, un fanatique cherche à la tuer; un jeune stagiaire en marketing, Ted Pikul, lui sauve la vie. Une poursuite efrenée s’engage, la tête d’Allegra ayant été mise à prix, autant dans la réalité que dans l’univers trouble et mystérieux du jeu.

Réalisateur : David Cronenberg (un de mes réalisateurs fétiches).
Casting : Jennifer Jason Leigh, Jude Law, Ian Holm (et en guest stars Christopher Eccleston et Wilhem Dafoe, extraordinaire comme d’habitude).
Genre : Science fiction.
Date de Sortie : 14 avril 1999.

 

Préliminaires

Ca démarre très fort !

Au public venu assister à la présentation du nouveau jeu révolutionnaire de la designer fétiche Allegra Geller, Christopher Eccleston apprend qu’un certain nombre d’entre eux pourront participer à une partie-test, avec la participation exceptionnelle d’Allegra qui, d’ordinaire, préfère fuir les projecteurs.

Mais alors qu’Allegra est en train de télécharger ExistenZ (X majuscule, Z majuscule) vers les pods expérimentaux des autres joueurs, un fan dégaine une arme étrange et a le temps de blesser Allegra et de tuer Christopher avant d’être « maîtrisé » par le service d’ordre. Dans sa chute, Allegra a endommagé son pod, qui contient l’unique copie existante du jeu. Ted Pikul, un novice improvisé garde du corps d’Allegra – on se demande un peu comment – fuit avec elle pour la mettre en sécurité et éviter ainsi d’autres attaques.

Pendant leur fuite, Ted extrait la balle ayant blessé Allegra à l’épaule. Mais en fait de balle, il s’agit d’une dent humaine! L’examen de l’arme révèle qu’elle est fabriquée à partir de composants organiques, afin de tromper les détecteurs de métaux, et que son chargeur est un bridge.
Allegra découvre aussi que Ted n’a même pas de bioport, un comble pour un employé de Antenna Research! Afin de pouvoir se connecter à son jeu et évaluer les dégâts, elle insiste pour qu’il s’en fasse implanter un. C’est ainsi qu’ils se rendent à la station-service de Gas (Essence), propriétaire d’une station-service en pleine brousse et grand fan d’Allegra, pour une scène d’anthologie avec Dafoe.
Allegra et Pikul peuvent finalement se connecter à ExistenZ et entamer une partie…

 

Enculage

Le bioport n’étant rien d’autre qu’un deuxième trou de balle situé au creux des reins, les sous-entendus lubriques ne manquent évidemment pas. Un port peut être excité, il a besoin de lubrifiant avant l’insertion du câble de connexion, j’en passe et des meilleures. Cronenberg s’est beaucoup amusé lors de ce tournage, je crois.
De plus, Jennifer Jason-Leigh (Allegra) est à l’apogée de sa sensualité (elle avait pourtant déjà 37 ans à l’époque), ce qui crée une ambiance pour le moins torride.

 

Jouissance

On ne sait jamais vraiment si on se trouve dans le monde du jeu ou dans la réalité et le rythme de l’action ne faiblit quasiment jamais. De plus, le final en surprendra plus d’un(e).

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Christopher Priest

Christopher Priest est un romancier et auteur de SF anglais, originaire de Manchester, passé dès 20 ans à l’écriture (après des études d’expert-comptable !)

Considéré comme l’un des auteurs les plus originaux du genre, acclamé par la critique de science-fiction, il n’a cependant pas encore rencontré le succès commercial. Son oeuvre, qui tourne autour du thème de la perception de la réalité, embrasse la majorité des genres de l’imaginaire, allant de la hard science au fantastique en passant par le steampunk.

Cette caractéristique lui doit d’être considéré aujourd’hui comme le successeur de Philip K. Dick. Il a avec J. G. Ballard participé à la nouvelle vague qui a renouvelé la science-fiction dans les années 1970.

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70 ans, mais encore de beaux yeux

J’avoue ne connaître que le côté science-fiction de son oeuvre, mais n’ai jamais été déçu, ni par l’originalité des sujets abordés, ni par son style.

Dans Le monde inverti, son troisième roman qui le fera connaître, Helward Mann, qui vient d’atteindre sa majorité (mille kilomètres), vit dans une ville nommée Terre, qui se déplace en permanence sur des rails pour atteindre le « point optimal », but chimérique vu que cet objectif est, lui aussi, mobile. La Guilde des topographes trace la route à suivre, car de cette fuite en avant dépend la survie de la cité. Mann finira, dans cet opus qui n’est pas sans rappeler 1984, par provoquer l’arrêt du train, pour « voir ce que ça fait ». Il n’est pas au bout de ses surprises!

Dans Le Prestige, c’est le thème, rarement abordé, de la prestidigitation qui est au centre de l’ouvrage. L’histoire est racontée par carnets de notes interposés et raconte la lutte entre deux prestidigitateurs, spécialisés dans les numéros de translocation. Ce livre a été adapté au cinéma par Christopher Nolan (avec un scénario très différent, ce qui permet de voir d’abord le film puis de lire le livre, ou inversement .

 

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Extrait

Chaque tour de magie comporte trois parties ou actes :

  • La première s’appelle la promesse : le magicien vous présente quelque chose d’ordinaire, un jeu de carte, un oiseau ou un homme. Il vous le présente, peut-être même vous invite-t-il à l’examiner, afin que vous constatiez qu’il est en effet réel, oui, intact, normal. Mais il est bien entendu loin de l’être.
  • Le deuxième acte s’appelle le tour : le magicien utilise cette chose ordinaire pour lui faire accomplir quelque chose d’extraordinaire. Alors vous cherchez le secret, mais vous ne le trouvez pas parce que, bien entendu, vous ne regardez pas attentivement, vous n’avez pas vraiment envie de savoir, vous avez envie d’être dupé. Mais vous ne pouvez vous résoudre à applaudir, parce que faire disparaître quelque chose est insuffisant, encore faut-il le faire revenir.
  • C’est pourquoi pour chaque tour de magie il existe un troisième acte, le plus difficile, celui que l’on nomme
    le prestige…

    Le Prestige (Christopher Priest)

    Ses autres oeuvres majeures comprennent L’Archipel des rêves (dont j’ai aussi de très bons souvenirs), La séparation (récompensé par plusieurs prix), Futur intérieur et La fontaine pétrifiante (que je ne pense pas avoir lus).

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La servante écarlate

La Servante écarlate (titre original : The Handmaid’s Tale) est un roman de l’auteure canadienne Margaret Atwood, publié en 1985 et traduit en français en 1987. Ce roman de science-fiction décrit une dystopie future, dans laquelle un régime totalitaire religieux s’est installé, régime où les femmes sont divisées en trois classes : Les Epouses, seules femmes ayant du pouvoir, dominent la Maison, les Marthas entretiennent la Maison et les Servantes Ecarlates ont pour rôle la reproduction. Toutes les autres femmes (trop âgées, infertiles,…) sont déportées dans les Colonies, où elles manipulent des déchets toxiques. Dans ce futur, le taux de natalité est en très forte baisse, et les rares nouveau-nés sont souvent « inaptes ». L’héroïne du roman, une servante écarlate, raconte peu à peu son histoire et se remémore des moments passés avec sa famille. Son unique raison de vivre, ce à quoi elle se raccroche pour ne pas sombrer, ce sont ses souvenirs. Ce roman a été adapté au cinéma en 1990 par Volker Schlöndorff (Source : Wikipédia)

Je profite de l’occasion de la sortie encore récente du nouveau roman de Margaret Atwood, « MaddAdddam », pour vous parler de son ouvrage le plus fameux, La servante écarlate, et des controverses qu’il provoque encore près de 30 ans après sa publication. L’article suivant date de septembre 2013.

Mes 110 élèves lisaient « La Servante Ecarlate » (NDA: dans le cadre des cours) et un de mes supérieurs m’avertit que les parents d’un de ces étudiants avaient contacté directement le préfet, pour s’en plaindre et, bien entendu, demander que ce livre soit rayé du curriculum de l’école, du comté et, si possible, aussi de la mémoire de leur enfant. Je dis au préfet que je serais heureux de rencontrer les parents, pour discuter avec eux de leurs inquiétudes.

En disant cela, je mentais sur deux fronts. Tout d’abord, cela ne me réjouissait pas le moins du monde. Et ensuite, j’envisageais une définition assez large du mot « discuter », qui inclurait probablement cris d’indignation et poings levés. J’essayerais bien de vous faire croire que j’ai coupé court à leur argumentation pour les mener vers les vertes pâtures de l’illumination, mais je pense que deux mensonges par paragraphe sont plus que suffisants. Personne n’en vint aux cris, coeurs et esprits ne subirent aucune transformation et nous ne nous promîmes rien de plus que de réexaminer, si cela s’avérait nécessaire, la pratique qui permet d’alterner l’affectation des romans. Peu après, afin qu’on puisse à l’avenir l’utiliser, ce qui m’épargnerait d’autres réunions du même genre, voici ce que j’écris :

Mon choix de « La servante écarlate » de Margaret Atwood comme sujet d’étude et de composition au cours a été récemment remis en question, principalement (mais pas seulement) à cause d’un passage qui inclut des références explicites à l’agression sexuelle d’une femme, qui subit une servitude forcée dans un futur totalitaire. J’aimerais profiter de cette occasion pour expliquer mon choix de ce livre, en réponse aux inquiétudes manifestées par certains parents.

Je tiens à commencer par mentionner que « La servante écarlate » est utilisée dans les classes des athénées et collèges de tout le pays. Une simple recherche hâtive sur Internet révélera son inclusion dans les programmes scolaires du Texas, du Massachusetts, de l’Ohio, de la Californie et du Kentucky. Margaret Atwood fait partie des auteurs représentatifs régulièrement repris dans les cours de langue et de composition et « La servante écarlate » est mentionnées à maintes reprises comme un texte d’un grand mérite littéraire lors des examens de littérature anglaise. La réputation de ce roman en tant qu’élément essentiel de la littérature de fiction spéculative est bien établie.

Ceci dit, je n’ai pas sélectionné ce livre uniquement sur base de sa réputation. Je l’ai lu deux fois avant de le désigner choisir. Le passage qui a causé le plus de remous a attiré mon attention lorsque j’ai lu le roman, ce qui était d’ailleurs son intention. La scène est choquante, le language explicite. Cependant, il n’est pas dénué de raison d’être. Le personnage principal du roman (qui en est aussi la narratrice) est assujettie régulièrement à des traitements dégradants et tyranniques, simplement parce qu’elle est une femme. Dans sa tentative de capturer les horreurs qui existent là où les droits des femmes sont ignorés et les femmes elles-mêmes traitées, comme la narratrice le présente, comme « des incubateurs à pattes », Atwood utilise un langage graphique. Le viol est horrible, évidemment, et ses mots le reflètent. Mais bien que l’image soit explicite, elle n’en est pas pour autant arbitraire. Tout comme les photos des victimes nues, affamées et torturées d’Auschwitz sont explicites, mais peuvent nous aider à comprendre leur détresse et notre détermination à résister à la possibilité de sa répétition. Etre exposé à quelque chose de choquant n’est pas synonyme de la promotion de cette chose. Si tel était le cas, L’Iliade serait une promotion de la violence et de la destruction, Les Aventures de Huckleberry Finn une apologie du racisme, Beloved une promotion de l’infanticide et Sa Majesté des Mouches un encouragement à la sauvagerie.

L’autre souci majeur à propos de « La servante écarlate » est son point de vue présumé anti-chrétien. Il est vrai que, dans le roman, la classe dirigeante militariste utilise des bribes de textes sacrés ou d’hymnes, pour justifier ses actes et pratiques. Cependant, ces bribes ne sont rien d’autre que des extraits de versets, dépourvus de tout contexte, utilisés d’une manière totalement contraire à leur intention originelle. Etant donné que les citoyens de cette dystopie n’ont pas le droit de lire – même pas la Bible – ils ne disposent d’aucun moyen de se rendre compte de ces manipulations. Dans « La servante écarlate », le langage de la foi a été déformé et détourné à des fins malfaisantes, tout comme la désobéissance de Cham fut jadis utilisée pour justifier l’esclavage aux Etats-Unis, de la même manière qu’Hitler a prétendu que son génocide était la volonté de Dieu. Comprendre la faculté qu’a montrée l’humanité d’utiliser la fausse piété pour valider l’oppression est l’une des leçons morales fondamentales de ce livre et les étudiants de toutes confessions peuvent en retirer une meilleure compréhension du potentiel à faire le mal dont dispose l’homme.

J’espère avoir réussi à clarifier les problèmes que j’ai mentionnés. Il me reste simplement à ajouter qu’une des fonctions de la littérature est d’apporter la lumière dans les recoins de notre monde, même lorsque ce que nous y trouvons est déplaisant.

Josh Corman.

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Un livre, un film : Starship Troopers

Starship Troopers (« Etoiles, Garde-à-vous ! », en français) a été écrit en 1959 et publié en 1960. Il est important de le noter, car cela permet de recadrer les choses. A cette époque en effet, ce livre défriche des terres encore inconnues : c’est un des premiers à décrire de manière crédible la vie militaire, en tous cas pour les ex-soldats, le tout étant transposé dans un contexte de science-fiction. Si vous n’avez vu que le film, vous serez probablement surpris d’apprendre que, dans le livre, il n’y a que deux brèves scènes de combat. Tout le récit se concentre sur le passage à l’âge adulte de Johnnie Rico via ses expériences dans l’armée, avec moult descriptions d’exercices militaires, de logistique, diplomatie et respect de la voie hiérarchique. Plus quantité de cours de politique.

L’histoire en elle-même est très simple : Johnnie Rico, qui tente désespérément d’échapper au contrôle de son père riche et autoritaire, s’engage dans l’Infanterie Mobile. Il devient ainsi un Homme, suit un entraînement rigoureux et est finalement testé, lorsque l’humanité se retrouve engagée dans un conflit avec une race vicieuse d’insectes géants. Capacité de commandement, courage sous le feu, relations fraternelles des soldats, tout ce qui constitue aujourd’hui les clichés du film de guerre est passé au crible. Mais, encore une fois, tout cela était nouveau à l’époque.

Reste la partie très controversée de cet ouvrage. Dans Starship Troopers, être un vrai citoyen disposant du droit de vote est un privilège réservé aux vétérans du service public (principalement les militaires). Car seuls ceux qui ont montré qu’ils étaient prêts à donner leur vie pour protéger la liberté sont, selon Heinlein, capables d’apprécier celle-ci et dignes d’en profiter pleinement. Rappelons quand même que Heinlein a d’abord été militaire et n’a commencé à écrire de la science-fiction qu’après avoir du prendre sa retraite pour raisons de santé.

 

Engagez-vous dans l’Infanterie Mobile, qu’ils disaient !

Et c’est quand on sait cela que le film de Paul Verhoeven – qui est loin d’être un chef-d’oeuvre, vous êtes prévenus -devient intéressant. En effet, même s’il s’éloigne beaucoup du livre, en se consacrant principalement aux scènes d’action mettant en scènes les soldats humains et les envahisseurs insectoïdes, il ne se prive pas de recourir à l’humour et à la satire pour ridiculiser les théories protofascistes du livre, notamment via de fausses publicités de recrutement pour l’Infanterie Mobile et en revêtant certains personnages militaires de tenues très proches des uniformes nazis. Autre exemple : les beaux jeunes futurs soldats, archétypes des enfants idéaux américains, se révéleront en fait être … argentins (on l’apprend dans le film lorsque Buenos Aires est rayée de la carte par un bombardement planétaire des insectoïdes). Pas sûr que Heinlein aurait apprécié, vu que le livre, lui, est totalement dépourvu de la moindre trace d’humour.

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Robert Silverberg

Robert Silverberg, né le 15 janvier 1935 à New York, est un romancier et nouvelliste américain particulièrement prolifique. Il démarra très tôt et très fort: première nouvelle publiée à 18 ans, premier roman à 19 et premier prix Hugo à 20 (ce qui reste à ce jour inégalé).

Dans la première partie de sa carrière, il inonde les magazines de quantités de nouvelles assez commerciales. Il publie tellement qu’il est obligé de prendre plus de 25 pseudonymes !

C’est Frederik Pohl, alors rédac-chef du magazine Galaxy, qui réussit à le convaincre qu’une SF plus littéraire peut trouver son public. Une deuxième carrière s’ouvre alors à lui, pendant laquelle il renonce aux poncifs de la SF, aux clichés des monstres de l’espace, aux happy-ends obligatoires. Il devient introspectif, prête attention à la psychologie de ses personnages, adopte un ton pessimiste, plus personnel. Durant cette période, qui couvre toutes les années 70, il écrit plusieurs chef-d’oeuvres, des drames humains dans des mondes aussi effrayants que l’intérieur d’un cerveau névrosé : des personnages coincés, qui cherchent une issue malgré l’incompréhension des autres.

En 1975, lassé par le mercantilisme du monde de l’édition et à court d’inspiration, il annonce son intention de se retirer, mais revient quatre ans plus tard à l’écriture avec le cycle de Majipoor, situé à mi-chemin entre le space-opéra et la fantasy.

Œuvres Choisies

Romans

La Porte des mondes, Robert Laffont, 1977 ((en) The Gate of Worlds, 1967)
Oeuvre juvénile légère, il s’agit d’un livre d’aventures à la Jules Verne qui se lit d’une traite. Dans un monde uchronique où la Peste Noire a laissé l’Europe trop affaiblie pour résister aux Ottomans, un jeune anglais part pour le Nouveau Monde, toujours dominé par l’Empire Aztèque.

Les Ailes de la nuit, J’ai lu no 585, 1975 ((en) Nightwings, 1969)
L’humanité, trop sûre d’elle, a détruit l’écosystème et ravagé la planète. Elle survit péniblement, dans la crainte de l’invasion promise par des extra-terrestres autrefois humiliés. Les Guetteurs sont une corporation de métier qui à pour tâche de surveiller l’espace, à l’affût des premiers vaisseaux envahisseurs, pour donner l’alerte. Une oeuvre étrange au ton nostalgique : des mutants aux ailes de papillons, un empereur déchu, des pierres aux pouvoirs peu naturels…on est dans un monde plus magique que futuriste, en dehors du temps. Plus qu’une aventure, l’histoire du Guetteur est une quête d’une grande poésie, et malgrè la tristesse ambiante, le récit s’achève sur un bel espoir.

Les Monades urbaines, J’ai lu no 997, 1974 ((en) The World Inside, 1971)
Fin du 24è siècle : dans des tours de 1000 étages qui abritent chacune un million d’habitants, l’humanité n’a plus qu’un but : se multiplier toujours davantage. La vie des 70 milliards d’individus est régie par des lois étranges qui encourage la reproduction. Aucune propriété, aucune intimité, aucun liens familiaux, oisiveté totale et interditcion morale de refuser un rapport sexuel à qui que ce soit. Un futur terrifiant, d’autant plus angoissant qu’il est tout à fait plausible. C’est sobre, simple et parfaitement démoralisant.

Le Livre des crânes, Collection Nebula, 1975 ((en) The Book of Skulls, 1972)
Ils sont quatre, partis en quête du secret de l’immortalité : celle promise par le Livre des Crânes. Au terme de cette quête, une épreuve initiatique terrible qui amènera chacun d’eux à contempler en face le rictus de son propre visage. Une épreuve au cours de laquelle deux d’entre eux doivent trouver la mort et les deux autres survivre à jamais.

L’Oreille interne, J’ai lu no 1193, 1975 ((en) Dying Inside, 1972)
S’il ne fallait en citer qu’un, LE chef-d’oeuvre de Silverberg. Je le rachète régulièrement pour le relire, puis l’offrir. Ceci vaut bien une critique un peu plus longue !

David Selig est un raté. Quadragénaire discret, célibataire, il gagne péniblement sa vie en faisant le nègre pour des étudiants fainéants. Selig avait pourtant tout pour réussir : un don miraculeux, un pouvoir que bien des humains jalouseraient: Selig est télépathe.

Il entend tout ce qui se passe dans la tête des gens qui l’entourent. Depuis tout petit, il sait tout de nos mauvais jugements, de nos désirs honteux, de nos méchancetés secrètes…
Son don aurait pu être pour lui un atout extraordinaire. D’ailleurs, il en a profité quelques fois… mais cela lui a joué des tours. Et les scrupules l’ont rattrapé. David se considère comme un paria, un voyeur qui malgré lui regarde à l’intérieur de la tête de ses contemporains… Un monstre.
Comme il est difficile de sonder les pensées de la jeune femme qui vous côtoie dans le métro, et de constater qu’elle ne vous a même pas remarqué… Comme il est violent d’entendre son camarade de classe penser très fort qu’il a envie de vous mettre son poing dans la gueule…

A sept ans et demi, Selig s’est retrouvé chez le psychiatre. Trop intelligent, trop malin, déroutant pour les adultes, ce gamin qui comprend tout si vite. Mais il s’est bien gardé de livrer son secret. Personne ne sait, personne ne doit savoir. Pas même ses parents. Les rencontres de Selig l’ont conforté dans son mal-être : il y a cet autre mutant, qui fut son ami – mais dont l’assurance impertinente s’accompagne d’une absence totale de scrupules. Il y a sa soeur, Judith, avec qui il n’a eu longtemps qu’un rapport haineux voire destructeur. Il y a les femmes, toutes ses femmes, que malgré son don il n’a pas su comprendre…

Son don, Selig l’a toute sa vie vécu comme une tare. Mais alors quelle est cette inquiétude sourde qui l’envahit lorsque la quarantaine entamée, celui-ci commence à s’éteindre doucement ?

L’Homme stochastique, J’ai lu no 1329, 1975 ((en) The Stochastic Man, 1975)
Oeuvre située entre la philosophie et la SF, qui se déroule aux Etats-Unis en l’an 2000 lors de la campagne présidentielle. Etude psychologique sur une faculté mentale humaine ignorée de celui qui la possède, méditation sur les effets pervers de la connaissance du futur, réflexion sur le libre arbitre et la liberté de l’esprit humain ou assujettissement de l’homme à une prédestination qu’il ne peut que subir ? Tout à la fois, et plus encore…

Tom O’Bedlam, 1986 ((en) Tom O’Bedlam, 1985)
Etrange roman, variation sur la folie, sur l’aliénation collective, sur les influences psychiques… Dans une Amérique post apocalyptique, plusieurs personnes, fort loin les unes des autres, tant dans leur statut social que dans leurs moeurs, font des rêves identiques et troublants de planètes lointaines, habitées par des entités mystérieuses et accueillantes. S’agit-il d’un appel d’une civilisation extra-terrestre ? Ou d’élucubrations fumeuses d’esprits malades ? Le sait-on vraiment à la fin de l’ouvrage, quand la déroute de la raison, individuelle et collective se termine en un invraisemblable chaos ?

Roma Æterna, 2004 ((en) Roma Eterna, 2003)
Et si l’Empire romain n’avait jamais disparu ? Voici l’histoire parallèle d’un Empire romain qui a connu bien des vicissitudes, des guerres et des crises politiques, mais qui n’a jamais cessé d’exister et de faire régner, avec quelques interludes sanglants, la Pax Romana. Le christianisme y est inconnu, ne serait-ce que parce que les Juifs n’ont jamais réussi à quitter l’Égypte des pharaons. Quelques siècles plus tard, un envoyé spécial de l’Empereur élimine un prophète d’Arabie avant qu’il ait eu le temps de fonder l’islam. La technologie évolue plus lentement que dans notre continuum. Vers l’an 2650 A.U.C. (Ab Urbe Condita : depuis la fondation de la Ville), qui correspond à la fin de notre XIXe siècle, le téléphone existe et l’automobile fait son apparition.

 

Cycle de Majipoor

Le Château de Lord Valentin, 1980 ((en) Lord Valentine’s Castle, 1980)
Valentin est un vagabond. Il porte le même nom que Lord Valentin, celui qui, avec le Pontife, règne sur l’immense monde de Majipoor. Amnésique, il erre avec une troupe de jongleurs à quatre bras. Il croit se souvenir pourtant qu’il est le vrai Coronal et que son esprit a été transféré dans ce corps par un usurpateur. Carabella la jongleuse le croit. Valentin mène alors sa petite troupe à travers les trois continents de Majipoor, à la quête de sa véritable identité.

qui sera suivi de :
Chroniques de Majipoor, 1983 ((en) Majipoor Chronicles, 1982)
Valentin de Majipoor, 1985 ((en) Valentin Pontifex, 1983)
Les Montagnes de Majipoor, 1995 ((en) The Mountains of Majipoor, 1995)
Les Sorciers de Majipoor, 1998 ((en) Sorcerers of Majipoor, 1996)
Prestimion le Coronal, 2000 ((en) Lord Prestimion, 1999)
Le Roi des rêves, 2002 ((en) King of Dreams, 2001)

 

« Nouvelles au fil du temps » – L’intégrale des nouvelles de Silverberg, parues en poche chez Folio SF
La nouvelle et la novella (genre typiquement anglosaxon, situé entre la nouvelle et le roman) ont toujours été un point fort chez Silverberg. Voici l’occasion de découvrir les multiples facettes de ses talents d’écrivain à peu de frais.
« Le Chemin de la nuit » Volume 1 [1959 – 1970]
« Les Jeux du Capricorne » Volume 2 [1971 – 1981]
« Voile vers Byzance » Volume 3 [1981 – 1987]

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L’homme illustré (Ray Bradbury)

Cette collection de 18 récits courts, n’ayant que peu de liens les uns avec les autres, est l’histoire d’un homme couvert de tatouages. Chaque tatouage est capable se mouvoir et raconte une histoire. Plusieurs hommes illustrés apparaîtront d’ailleurs au fil des histoires.

Cette collection nous permet d’examiner certains thèmes que Bradbury revisitera au cours de sa carrière. La menace de la technologie, qui nous déshumanise, est évidente dans « The Veldt » et « Marionettes, Inc. ». La peur du conflit nucléaire est présente dans « L’autoroute », « L’Autre Pied », « Le Renard et la Forêt » et, à peine déguisée, dans « La dernière Nuit du Monde ». La censure constitue le fil directeur des « Exilés » et intervient dans « Le mixeur de béton ».

« Le Veldt »: Dans une maison futuriste, une nursery permet de réaliser tous les fantasmes d’enfant. Alice peut y prendre le thé; pirates, fées et Cendrillon la fréquentent. Les enfants (Peter et Wendy), y conjurent un Veldt africain, rempli de lions, qui finit par devenir par trop réaliste.

« Kaleidoscope »: L’une des nouvelles les plus connues et dérangeantes de Bradbury. Elle commence après l’explosion d’un vaisseau spatial. Les astronautes survivants tombent sans fin dans l’espace et l’histoire n’est en fait que le récit de ces derniers moments.

« Les Exilés »: Les histoires de Fantasy ou surnaturelles ont été interdites sur Terre; aussi, leurs auteurs (pour la plupart ramenés d’entre les morts) et leurs personnages ont émigrés sur Mars. Charles Dickens est là, même s’il estime ne pas être à sa place. Poe est leur chef, et lorsqu’ils apprennent qu’une attaque terrienne va se produire, ils préparent leur riposte.

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Logorrhée

Tout débuta à New York, dans un salon de coiffure de la cinquième avenue. Ce qui, d’une certaine manière, respectait une certaine logique : la Pomme Pourrie en avait vu bien d’autres et l’expression « Couper les cheveux en quatre » – qui était aussi le nom du salon de coiffure – y trouvait un sens nouveau.

Tout commença, donc, par une belle après-midi, le samedi 4 septembre 2017 à 15:45 pour être précis. Linda Lovelace était venue pour une coloration. Elle trouvait que Jim, son amant depuis trois mois, commençait à regarder avec un peu trop d’intérêt les passantes court-vêtues, et avait en conséquence décidé de lui faire une surprise, espérant ainsi transformer leur automne en printemps. Après avoir longuement hésité et consulté plusieurs revues de mode, elle avait fini par opter pour une teinte fauve, qui  s’accorderait bien avec ses yeux bleu-verts. Linda était donc confortablement installée dans un fauteuil Eames en cuir noir, attendant qu’Andy apporte la touche finale à une coupe suggérant un drapeau espagnol vu par Kandinsky.

C’est à ce moment qu’elle fut prise de nausée. Un premier haut-le-corps la secoua; le second suivit sur ses talons, sans lui laisser le temps de réagir. Une douleur insoutenable lui saisit l’estomac, remonta le long de sa gorge et un flot de lettres multicolores couvertes de bile jaillit de sa bouche pour aller s’écraser sur le carrelage. Un V violacé, un I incarnat et un O orange sanguine furent bientôt suivis de deux E coquille d’oeuf et d’un C d’un bleu céruléen. Se retournant vers la source de ces étranges borborygmes, Andy et les autres clientes du salon n’eurent que le temps de voir Linda s’effondrer dans un dernier râle, un T turquoise suspendu à la lèvre inférieure. Le vacarme provoqué par la chute du fauteuil fut suivi d’un silence kafkaïen, puis de cris stridents  issus de plusieurs gorges féminines.

Le médecin dépêché sur place ne put que constater les faits et avouer son ignorance totale quant à la cause du décès. Seul indice : un H gris perle retrouvé coincé dans la bouche de la victime.

Une semaine plus tard, une scène semblable se déroula sur un parcours de golf de la banlieue tokyoïte. La victime était cette fois une japonaise de trente-cinq ans, mariée et mère de deux enfants. Aucun témoin n’était présent lors des faits, mais les services d’urgence découvrirent Yoko Hirawa entourée de plusieurs caractères Kanji souillés de salive et de bile.

Quelques jours plus tard, à une terrasse de café bordelaise, c’est un jeune bellâtre, étoile montante de la téléréalité, qui, en plein flirt avec une voisine de table, se mit à éructer des lettres colorées, pour terminer la tête dans le gigantesque verre de Planteur de la belle. Malheureusement trop choquée, la jeune femme ne remarqua pas que les lettres surnageant dans son cocktail formaient le mot star. Cela aurait pourtant permis de faire gagner un temps précieux à l’enquête.

Telle une traînée de poudre, l’émergence de cette épidémie d’un genre nouveau inonda la presse internationale et les réseaux sociaux. Les experts médicaux, courtisés par les médias, se perdirent en circonvolutions absconses destinées à camoufler tant bien que mal leur perplexité. Les politiciens ne firent rien non plus pour rasséréner la population, obnubilés comme toujours par leur vision à court terme et leurs querelles de clocher.

Les rares informations qui finirent par filtrer n’étaient guère encourageantes. La planète entière semblait touchée : la chamarre – ainsi baptisée par un médecin bordelais – tuait apparemment sans distinction de race, couleur ou nationalité. Les vecteurs de sa propagation exponentielle restaient insondables, tout vaccin ou méthode curative hypothétique. Les statisticiens mirent quand même en évidence quelques détails intéressants. Ainsi, l’épidémie avait frappé en Afrique du Sud et au Maghreb, mais l’Afrique Noire était jusqu’ici relativement épargnée, tout comme d’autres régions défavorisées ou isolées du globe : Bangladesh, Népal et Terre de Feu notamment.

La panique grandit avec le nombre des victimes et provoqua quelques catastrophes mémorables. Ainsi, l’hystérie provoquée par un passager, pris d’un malaise à bord du vol ITA527 Rome-New York, coûta la vie à plus de deux cents personnes.

Le fin mot de l’affaire fut finalement découvert inopinément par un fan d’émissions de téléréalité qui, le premier, réalisa que les lettres régurgitées constituaient des anagrammes de shows célèbres. Les émissions de téléréalité, non contentes de s’attaquer au cerveau de leurs afficionados,  s’étaient transformées en armes de destruction massive. Sans un revirement drastique au niveau de la programmation du petit écran, la race humaine était menacée d’extinction !

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Genres et sous-genres de la littérature de l’imaginaire

Répugnant personnellement au classement, toujours un peu arbitraire et castrateur, des divers genres de musique, littérature, peinture, etc. en catégories, je me rends néanmoins compte que, si la plupart des gens ont au moins une vague idée des différents courants de la littérature fantastique, les méandres de la science-fiction leur sont beaucoup plus hermétiques. Aussi, lorsque je suis tombé sur la Roue de la littérature imaginaire, j’ai trouvé qu’elle constituerait un excellent point de départ pour éclaircir les choses. L’intégralité (ou presque) des informations reprises ci-dessous provient de Wikipédia et d’un article de Francis Berthelot.

La-carte-de-l'Imaginaire2.1

(Clic gauche pour agrandir, clic droit pour ouvrir dans une nouvelle fenêtre)

La Fantasy comprend :

L’Heroïc Fantasy, qui met l’accent sur le côté épique et privilégie les univers médiévaux. Conan (Robert Howard), Lyonesse (Jack Vance), Le cycle des épées (Fritz Leiber) et la saga d’Elric le nécromancien (Michael Moorcock) en sont quelques exemples.

La High Fantasy (Tolkien, Ursula Le Guin) se caractérise par la création d’un monde féerique complexe et cohérent.
La Fantasy Urbaine, sous-genre où des créatures féeriques ou mythologiques vivent dans un centre urbain, dont le niveau technologique peut varier entre la fin du XIXè siècle et le XXIè siècle. Magie et technologie s’y côtoient. L’élément le plus important de la fantasy urbaine est qu’elle prend place dans un centre urbain, un univers familier créé par l’homme, qui se trouve en contraste avec celui généralement associé aux créatures surnaturelles : le surnaturel fait irruption dans le monde civilisé. Neverwhere (Neil Gaiman), Perdido Street Station (China Miéville) et la quasi intégralité de l’oeuvre de Charles De Lint en font partie.

Le Merveilleux regroupe aussi bien les mythes anciens (L’odyssée d’Homère, Les Métamorphose d’Ovide) que les contes et légendes populaires et les contes de fée, ainszi que les romans courtois du Moyen Age (Tristan et Yseult, mythologie Arthurienne).

Les récits de Planet Opera ont pour décor une planète étrangère aux caractéristiques déroutantes et mystérieuses, que les principaux personnages ont pour mission d’explorer et de découvrir sous tous ses aspects (faune, flore, ressources). La trilogie d’Helliconia en est l’exemple canonique.

La Space Fantasy mêle à des univers de Space Opera certains éléments typiques de la fantasy : magie, quête initiatique, atmosphère de conte. Ce genre peut réunir aussi bien les univers futuristes façon Warhammer 40000, où elfes et orques se battent à bord d’immenses machines de guerre, que d’autres plus étranges comme Spelljammer, où elfes, nains et humains explorent l’espace à bord de navires magiques, dépourvus de la moindre trace de technologie. Un cycle présentant les caractéristiques de la space fantasy peut également évoluer en planet opera fantasy (citons les cycles de Ténébreuse et la Ballade de Pern par exemple).

L’Age d’Or concerne les auteurs américains de la période 1920-1955, époque où se multiplient les pulps, revues de faible qualité, mais bon marché, qui seront suivies après la IIè GM par des livres de poche, qui condamneront les revues et feront passer la SF de la simple nouvelle au roman ou recueil de nouvelles. Aldiss, Asimov, Herbert, Clarke, Bester, Heinlein, Simak et Sturgeon en font partie.

Le Space Opera articule son intrigue autour de voyages interplanétaires ou interstellaires. Dans ces récits, souvent militaires, les théories d’astrophysique croisent les protocoles des récits d’aventures maritimes et en reprennent généralement le lexique (vaisseau, flotte, etc.). Ces récits, où la possibilité des déplacements à très longue distance est centrale, permettront le développement du thème d’empire interstellaire ou galactique.
Exemples : Star Trek, Star Wars, Dan Simmons (cycles Hypérion et Endymion, Ilium et Olympos), Peter F. Hamilton (cycles L’Aube de nuit, L’Étoile de Pandore, La Trilogie du vide).

La Hard Science (ou Hard SF ou SF dure) est un genre de la science-fiction où les technologies décrites, l’état de la société voire l’évolution historique ne sont pas en contradiction avec l’état des connaissances scientifiques (au moment de la publication). Elle est caractérisée par un intérêt pour les détails scientifiques et techniques. La plupart du temps, les auteurs de hard SF donnent la préférence à l’exploration de phénomènes astronomiques ou physiques plutôt qu’à la psychologie des personnages. Cependant, les découvertes récentes de la neurobiologie ont permis à des auteurs comme Greg Egan d’ouvrir la psychologie aux conjectures scientifiques.
Exemples : Kim Stanley Robinson (Trilogie de Mars) et Donald Kingsbury (Parade Nuptiale).

NSO : Alaistair Reynolds se situe aux confins de la Hard Science et du Space Opera, dans un nouveau courant nommé « New Space Opera ».

L’appellation Cyberpunk désigne un sous genre décrivant un monde futuriste de manière dystopique (négative). Le cyberpunk met souvent en scène un futur proche, avec une société technologiquement avancée (notamment pour les technologies de l’information et la cybernétique). Parmi les principaux écrivains cyberpunk, on peut citer William Gibson (Neuromancien), ou Neal Stephenson. On peut inclure dans ce genre des publications bien antérieures, telles que Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, 1984 de George Orwell et Farenheit 451 de Ray Bradbury. Le Steampunk lui est apparenté et revisite, lui, le progrès technologique de l’époque victorienne. Exemples: Machines Infernales (K. W. Jeter) et Les Voies D’anubis (Tim Powers).

L’Uchronie prend comme point de départ une situation historique existante et en modifie l’issue pour ensuite imaginer les différentes conséquences possibles. Un exemple en est Le Maître du Haut Château de Philip K. Dick et le spécialiste incontesté en est Harry Turtledove.

Le New Weird se situe entre l’horreur et la fiction spéculative, mais transgresse souvent les limites des sous-catégories. Quelques auteurs notables sont China Miéville, Jeff VanderMeer, K. J. Bishop et Steph Swainston.

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Les Rois des sables (George R. R. Martin)

Les Rois des sables (titre original : Sandkings) est un recueil de nouvelles de science-fiction de l’écrivain américain George R. R. Martin publié aux États-Unis en décembre 1981 et en France en 2007.

Parmi les 7 nouvelles qui composent ce recueil, Par la croix et le dragon a remporté les prix Hugo et Locus de la meilleure nouvelle courte et Les Rois des sables a remporté les prix Nebula,  Hugo et Locus de la meilleure nouvelle longue. Le recueil lui-même a remporté le prix Locus du meilleur recueil de nouvelles d’un auteur unique en 1982.

Nota: même si j’ai choisi la couverture de la première édition, cette dernière ne comportait que 6 des 7 nouvelles. Je vous recommande donc l’édition J’ai Lu de 2013.

Ne tenant pas à trop spoiler, je ne vais parler ici que de la nouvelle qui donne son nom au recueil, qui constitua mon introduction à cet auteur, aujourd’hui très connu.

Synopsis

De retour d’un voyage d’affaires extra-planétaire, Simon Kress découvre avec amusement que ses piranhas se sont entre-dévorés et que des deux créatures exotiques qui vivaient sur sa propriété, seule une subsiste. En quête de nouveaux familiers pour alimenter ses jeux cruels, Simon va mettre la main sur une colonie de rois des sables, d’étranges insectes intelligents capables de bien des surprises…

Un riche playboy, lassé de tout, a pour hobby la collection d’animaux exotiques et dangereux, ce qui lui permet de plastronner devant ses amis (et de draguer les filles). Il a déniché sa dernière trouvaille dans un nouveau magasin : 4 colonies de Rois des sables, chacune d’elles consistant en une Gueule immobile et de nombreux insectes mobiles, contrôlés télépathiquement par la gueule. Les mobiles bâtissent, chassent, recherchent de la nourriture et l’amènent à la gueule, qui la digère et nourrit ensuite ses mobiles. Chaque colonie construit un château de sable autour de sa gueule et se bat avec les autres. Il est aussi possible de projeter un hologramme de soi dans le terrarium, pour que les châteaux de sable prennent la ressemblance de leur propriétaire.

Déçu du manque d’agressivité et d’intrigue des créatures, Kress décide de les affamer, provoquant des guerres de la nourriture chaque fois qu’il place quelque chose de comestible dans le terrarium. Il invite ses amis et Wo – la propriétaire du magasin – à venir assister à une bataille rangée entre ses nouveaux joujoux. Si ses amis sont impressionnés, Wo s’inquiète de la sous-alimentation des insectes et assure à Kress que, bien nourris et entretenus, ils développeront des intrigues et guerres bien plus intéressantes que de simples luttes pour leur nourriture. Kress n’en a cure et redouble de soirées où les invités parient sur l’issue des combats. Lors de l’une d’elles, un invité apporte une créature dangereuse et suggère de la mesurer aux Rois des sables, qui en viennnent aisément à bout. D’autres matches suivent, tous remportés par les insectes.

Apprenant qu’une de ses ex, Cath, a envoyé un rapport à son sujet à l’équivalent local de la SPA, il filme un chiot livré en pâture à ses chouchous et lui fait parvenir la cassette. En allant se coucher, il remarque que son visage, sur les châteaux de sable, est devenu sinistre et déformé. Outragé, il donne un coup d’épée dans une des gueules, la blessant sérieusement, puis va se coucher. Le lendemain, Cath débarque avec une hache, bien décidée à détruire le terrarium. Dans la lutte qui s’ensuit avec Kress, elle fait une mauvaise chute fatale, non sans avoir d’abord libéré les insectes. Kress panique et s’enfuit. A son retour, les Rois des sables ont pris le contrôle : deux colonies se sont installées dans le jardin, une autre a emporté le cadavre et squatte la cave, la dernière semble avoir disparu …

Le reste à l’écran, comme on dit au cinéma. En tous cas, je me souviens que cette histoire m’a plus foutu  la pétoche qu’Alien et, si je la considère comme la meilleure de cet ouvrage, le reste n’est certainement pas de la roupie de sansonnet : Chaudement conseillé !

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