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How to build a girl (Caitlin Moran)

J’ai entendu parler de ce livre et de son auteure par le biais d’une interview publiée sur le site du Guardian. Je vous en livre ici quelques extraits expliquant pourquoi je compte me l’offrir bientôt!

Adolescente, Caitlin Moran s’attendait, un jour ou l’autre, à ce que ses parents hippies aient avec elle la Grande Conversation. Malheureusement pour elle, lorsque celle-ci se produisit enfin, en lieu et place d’abeilles et de fleurs, elle se contenta de mentionner l’itinéraire à suivre pour aller se réfugier dans la campagne galloise, lorsque les avertissements annonçant la première Bombe arriveraient enfin. Pendant les deux années suivantes, elle continua à espérer que l’autre Grande Conversation (celle traitant du sexe) allait finir par arriver, tentant même de la provoquer, mais le silence radio persista.

 

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Heureusement, les sujets que vos parents ont du mal à aborder avec vous n’effrayent pas la TV, le cinéma, la littérature, les magazines ou la musique pop. Mes hormones prenant le pouvoir, je délaissai toutes les autres activités pour me consacrer exclusivement à la recherche sur les informations cochonnes que le monde mettait à ma disposition. Merci, monde !

J’avais déjà compris les bases grâce aux romans de Jilly Cooper, mais les informations ainsi acquises nécessitaient la présence d’hommes. En attendant, j’avais besoin de devoirs sexuels, quelque chose que je puisse pratiquer pendant mon temps libre – dépourvu d’hommes – pour être prête à l’action une fois qu’un de ceux-ci se présenterait.

C’est à cette époque que je vis une scène dans un épisode de Twin Peaks, où le personnage de Sherilyn Fenn, pour prouver son potentiel à son futur employeur – tenancier d’un bordel huppé – prend une cerise dans son verre de cocktail, la place dans sa bouche rouge et sexy et, dix secondes plus tard, en ressort la queue, maintenant décorée d’un noeud parfait. Cette scène me fit forte impression : m’imaginant qu’apprendre à faire un noeud dans une queue de cerise était une compétence vitale pour toute adolescente, je passai des heures à m’entraîner seule dans ma chambre avec un morceau de ficelle – les cerises étant un luxe rare dans ma famille. En une semaine, j’avais maîtrisé la technique. Je tiens à préciser qu’elle finit par payer… vingt ans plus tard.

Mais à dix-sept ans, mon intérêt pour les choses du sexe restait toujours aussi intense. Vous connaissez ces mémoires de garçons captivés par le football à onze ans et qui, à dix-sept, sillonnent le pays pour assister à toutes les rencontres de York City ? J’étais comme ça – mais avec la baise.
A dix-sept ans, j’avais décidé d’être un super bon coup. je voulais que les gens me montrent du doigt aux surprises-parties littéraires en chuchotant : « Tu vois cette fille ? C’est un coup légendaire ! »

C’est à ce moment-là que vous vous attendez à ce que je dise « mais cela s’avéra très difficile – sinon impossible. »

Mais les récits traditionnels sont rédigés par des garçons – qui ont du mal à trouver des partenaires. Une fille, elle, peut en trouver quand elle veut. Vraiment. Grosse, mal fagotée, timide, maladroite, il n’y a jamais quelque chose qui cloche chez une femme qui l’empêchera de baiser quand ça lui chante, tout simplement en prononçant l’incantation infaillible : « Ca te dirait d’aller tirer un coup ? »

Et c’est une des choses que j’aime chez les hommes : ils ne sont pas compliqués. Ils pensent : « Le sexe, c’est chouette », donc ils essayent de le pratiquer aussi souvent que possible. Et pourquoi pas ? Bien sûr, le sexe est une activité potentiellement risquée pour une femme, mais je fréquentais un cercle social plutôt fermé, je me tapais des collègues ou des amis d’amis et, pour moi en tous cas, c’était moins dangereux que de rouler à vélo en ville. J’avais encore du mal à faire la différence entre gauche et droite, ne comprenais rien au code de la route et était souvent distraite quand un pigeon voletait autour de moi. J’étais bien plus en sécurité sur un homme que sur mon vélo.

Remarque : Ce livre n’a pas encore été traduit en français, mais le premier ouvrage de Caitlin, Comment peut-on (encore) être une femme ? est, lui, disponible chez Flammarion.

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Quand le Diable sortit de la salle de bains

 

Nous avons tous, j’imagine, une petite liste de livres que nous rêvons de lire un jour. Pour ma part, j’essayerais bien « Quand le diable sortit de la salle de bains« , de Sophie Divry, dont voici un court extrait :

… comment faire pour tenir dix jours avec quarante euros ?
Comment faire ou plutôt comment non-faire : non-acheter, non-sortir, non-vouloir, non-métro, non-bus, non-shopping, non-desserts, non-viande, non-bière, non-marché, non-cinqfruitsetlégumes-frais, non-café, non-imprévus, non-nouvelles factures, non-nouvelles charges ?

Ces pensées se refermaient sur moi jusqu’à bloquer mes poumons dans une non-respiration qui m’aurait sans doute amenée à une oui-crise d’angoisse puis à une séance de contemplage de plafond, lorsque mon ordinateur émit un bip qui me fit violemment sursauter.

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