Archives mensuelles : juin 2017

Cancer

J’étais déjà allé au Centre contre le cancer, car j’avais appris que c’était gratuit. J’avais des grosseurs sur tout le corps, des vertiges, je crachais le sang, j’y suis allé pour obtenir un rendez-vous trois semaines plus tard seulement. Comme tout bon Américain qui se respecte, j’avais toujours entendu : DEPISTE LE CANCER LE PLUS TOT POSSIBLE. Tu t’arranges pour le dépister de bonne heure, mais ils te donnent rendez-vous dans trois semaines.  Telle est la différence entre ce qu’on raconte et la vérité.

Trois semaines après j’y suis retourné pour m’entendre dire qu’ils me feraient certains examens gratuitement, mais que je pouvais passer ces tests et ne pas être sûr pour auatnt de ne pas avoir le cancer. Toutefois, si je leur donnais vingt-cinq dollars pour subir tel examen , je serais A PEU PRES sûr de ne pas avoir le cancer. Pour être ABSOLUMENT certain, après l’examen à vingt-cinq dollars, je pouvais prendre l’examen à soixante-quinze dollars, et si je réussissais celui-là aussi, je serais tranquille. Ca voudrait dire que mes troubles étaient dus à l’alcoolisme, à mon état nerveux ou à une chaude-pisse. Ils parlaient bien, ils parlaient clair, les petits minets avec leurs habits blancs du Centre Cancéreux, et j’ai dit :

« En fait, c’est cent dollars.

Humm hum « , ils ont fait, et je suis sorti pour une bordée de trois jours et les tumeurs ont disparu ainsi que les vertiges et les crachements de sang.

 

(Charles Bukowski, Factotum, p. 171-72)

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Signé

C’était à Vittorio Veneto qu’on avait gagné la dernière bataille avant l’armistice avec les Autrichiens le 4 novembre 1918.

« Les vestiges de ce qui fut une des plus puissantes armées au monde remontent en désordre et sans espoir les vallées que nous avions descendues avec assurance et fierté. Signé Diaz. »

C’était écrit dans le bulletin de la victoire affiché partout, et vous n’imaginez pas combien de jeunes parents, à l’époque, se précipitaient à l’état civil et déclaraient : Signé! çui-ci, on l’appelle Signé, comme Diaz. » Il y avait un tas de Signé partout. Mes oncles, en revanche – par exemple lorsqu’ils venaient d’annoncer quelque chose d’important à l’auberge -, concluaient de temps en temps « Signé Peruzzi! » en assenant un beau coup de poing à la table. Y compris quand ils abattaient un as. Surtout mon grand-père : « Signé Peruzzi! »

Canal Mussolini, d’Antonio Pennacchi, p. 148.

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