Archives de Catégorie: Extraits

Le Jour où J’ai Repoussé un Paquet de Billets

et, j’ai dit, tu peux prendre tes riches oncles et tantes
et pères et grand-pères
et tout leur foutu pétrole
et leurs sept lacs
et leurs dindes sauvages
et les bisons
et tout l’Etat du Texas,
tes fêtes à la con
et tes promenades du samedi soir
et ta bibliothèque du merde
et tes conseillers municipaux véreux
et tes pédés d’artistes
tu prends tout ça
et tes hebdomadaires
et tes fameuses tornades,
et tes pertes dégueulasses
et tous tes chats qui miaulent
et ton abonnement à Time,
et tu te les mets où je pense,
ma chérie.

Je peux encore manier la hache et la pioche (je crois)
et je peux encore ramasser
25 billets pour un combat de 4 rounds (peut-être);
d’accord, j’ai 38 ans
mais un peu de teinture effacera le gris
de mes cheveux;
et je peux toujours écrire un poème (parfois),
n’oublie pas ça, et même si
ça ne paie pas,
c’est mieux que d’attendre la mort et le pétrole,
et chasser les dindes sauvages
et attendre que le monde
commence.
très bien, sale clodo, elle a dit,
tire-toi.

quoi ? j’ai fait.

tire-toi, t’as piqué
ta dernière crise.
j’en ai marre de tes crises :
tu ressembles tout le temps à
un personnage d’une pièce d’O’Neill.

mais je suis différent, ma chérie,
j’y peux
rien.

t’es différent, très bien !
et comment, t’es différent !
claque pas
la porte
en partant.

mais, ma chérie, j’aime  ton
argent !

t’as pas dit une seule fois
que tu m’aimais !

qu’est-ce que tu veux ?
un menteur ou un
amant ?

tu l’es pas non plus ! dehors, sale clodo,
dehors !

mais ma chérie !

retourne à O’Neill !

j’ai refermé doucement
la porte et je suis sorti
en pensant : tout ce qu’elles veulent
c’est un pantin
qui dise oui et non
qui se penche au-dessus du feu et
ne foute pas trop le bordel;
mais tu ne rajeunis pas,
mon vieux;
la prochaine fois tâche de la
fermer
un peu.

(Charles Bukowski).

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Mindy (part 1)

J’ai commencé à recevoir des lettres d’une fille qui habitait New York City. Elle s’appelait Mindy. Elle était tombée sur deux ou trois bouquins à moi, mais le côté le plus chouette de ses lettres tenait au fait qu’elle ne parlait littérature que pour dire qu’elle même n’était pas écrivain. Elle me parlait de tout et de rien, mais surtout des hommes et du sexe. Mindy avait vingt-cinq ans, la plume facile et une écriture régulière, raisonnable, mais drôle. Je répondais à ses lettres et étais toujours content de trouver l’une des siennes dans ma boîte. La plupart des gens racontent beaucoup mieux leur vie par lettre que dans une conversation; certaines personnes sont capables de lettres artistiques, inventives, mais deviennent prétentieuses quand elles s’essayent à un poème, une nouvelle ou un roman.
Mindy a ensuite envoyé des photos. Si elles étaient fidèles, Mindy était vraiment belle. On s’est encore écrit pendant quelques semaines et puis elle m’a apprit qu’elle allait avoir deux semaines de vacances.
Pourquoi ne fais-tu pas un saut jusqu’ici, j’ai suggéré.
Au poil, elle a répondu.
On a commencé à se téléphoner. finalement, elle m’a donné son heure d’arrivée à l’aéroport de L.A. International.
J’y serai, je lui ai dit, rien ne m’arrêtera.

Je me suis assis dans la salle d’attente de l’aéroport. On ne savait jamais avec les photos. On pouvait pas savoir. Je me sentais nerveux. J’avais envie de vomir. J’ai allumé une cigarette et eu un haut le coeur. Pourquoi faisais-je des trucs pareils ? Je ne désirais plus la voir, maintenant. Et Mindy qui faisait tout le trajet depuis New York City.Je connaissais plein de femmes. Pourquoi en voulais-je toujours davantage ? Qu’est-ce que j’essayais de faire ? Une nouvelle liaison, c’est excitant, mais c’est aussi un rude boulot. Le premier baiser, la première baise, comportent un élément dramatique. Les gens sont intéressants, quand on les rencontre pour la première fois. Ensuite, lentement mais sûrement, tous leurs défauts et leur folie ressortent. Je leur importe de moins en moins; et ils comptent de moins en moins pour moi.
j’étais vieux, j’étais moche. C’était peut-être pour cela que je prenais tant de plaisir à planter mon poireau dans des jeunes filles. J’étais King Kong, elles étaient souples et tendres. Essayais-je en baisant de me frayer un chemin au-delà de la mort ? En allant avec des jeunes filles, espérais-je ne pas vieillir, ne pas me sentir vieux ? Je ne voulais pas vieillir mal, mais simplement quitter la partie, mourir avant que la mort ne me tombe dessus.
L’avion de Mindy a atterri, puis roulé vers les bâtiments. Je me sentais en danger. Les femmes me connaissaient d’avance; elles avaient lu mes livres. Je m’étais exposé. Et moi, de mon côté, je ne savais rien d’elles. J’étais un authentique joueur. Je risquais ma peau. Je risquais mes couilles. Chinaski sans ses couilles. Poèmes d’amour d’un eunuque.
Je me suis levé pour attendre Mindy. Les passagers sont arrivés dans le couloir.
Oh, POURVU QUE ce ne soit pas celle-ci.
Ni celle-là.
Et surtout pas celle là-bas.
Ah, celle-ci me conviendrait ! Mate un peu ces jambes, ce cul, ces yeux …
Une d’elles s’est avancée vers moi. Pourvu que ce soit elle. C’était la mieux de toutes. Sacré veinard. Elle s’est approché de moi et m’a souri.
– Je suis Mindy.
– J’suis content que tu sois Mindy.
– Tu as des bagages ?
– Oui, j’ai amené de quoi rester un bout de temps !
– Allons attendre au bar.
On est entré, on a trouvé une table. Mindy a commandé une vodka-tonic. J’ai commandé une vodka-7. Ah, presque à l’unisson. J’ai allumé une cigarette. Mindy me plaisait. Quasi virginale. Trop beau pour être vrai. Elle était petite, blonde, parfaite. Elle était plus naturelle que sophistiquée. Je n’avais aucun mal à regarder ses yeux — bleu-vert. Elle portait de minuscules boucles d’oreilles. Et des hauts talons. J’avais dit à Mindy que les hauts talons m’excitaient.
– Eh bien, elle a dit, tu as peur ?
– Plus trop maintenant. Tu me plais.
– Tu es bien mieux que sur tes photos, elle a dit. Je te trouve pas moche du tout.
– Merci.
– Oh, je veux pas dire que tu es beau, je crois pas que beaucoup de gens te trouveraient beau. Ton visage est celui d’un homme bon. Mais tes yeux — ils sont vraiment beaux. Ils sont sauvages, fous comme ceux d’un animal aux aguets dans une forêt en flammes. Bon Dieu, quelque chose comme ça. Les mots ne sont pas mon fort.
– Je te trouve très belle, j’ai dit. Et très gentille. Je me sens bien avec toi. A mon avis c’est une bonne chose que nous soyons ensemble. Finis ton verre, qu’on en commande un autre. Tu es exactement comme tes lettres.
Nous avons terminé la deuxième tournée avant d’aller chercher ses bagages. J’étais fier d’être avec Mindy. Elle savait marcher, alors que tant de femmes bien roulées marchent en traînant la savate, comme si elles croulaient sous une charge énorme. Mindy glissait.
Je pensais toujours que c’était trop beau pour être vrai.

Charles Bukowski.

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Women

Tammie était passée ce soir-là. Elle semblait défoncée aux amphés.
– Je veux du champagne, elle a dit.
– Très bien, j’ai dit.
Je lui ai tendu un billet de vingt.
– A tout d’suite, elle a dit en fermant la porte.
Ensuite, le téléphone a sonné. c’était Lydia. « Je me demandais simplement comment tu allais… »
– Tout va bien.
– Pas ici. J’suis enceinte.
– Quoi ?
– Et je sais pas qui est le père.
– Oh ?
– Tu connais Dutch, le type qui traîne toujours au bar où je travaille en ce moment ?
– Oui, le chauve.
– Eh ben, c’est vraiment un chouette type. Il est amoureux de moi. Il m’offre des fleurs, des bonbons. Il veut m’épouser. Le grand jeu, quoi. Et un soir, j’suis revenue à la maison avec lui. On a baisé.
– Oui.
– Et puis il y a Barney, il est marié, mais je l’aime bien. De tous les gars qui fréquentent le bar, c’est le seul qui n’a jamais essayé de me faire du gringue. Ca m’a fascinée. Tu sais, j’essaie de vendre ma maison en ce moment. Il est venu la voir un après-midi. Juste passé. il m’a dit qu’il voulait la visiter pour un de ses amis. Je l’ai laissé entrer. il est arrivé pile au bon moment : les gamins étaient à l’école, je l’ai laissé faire… – Lydia prit une profonde inspiration. – Et puis un soir, tard, un inconnu est entré dans le bar. il m’a proposé de me raccompagner. J’ai refusé. Ensuite, il a dit qu’il désirait simplement s’asseoir à côté de moi dans la voiture, me parler. J’ai dit d’accord. On s’est assis dans la voiture et on a parlé. Et puis on a fumé un joint. Il m’a embrassée. C’est ce baiser qui m’a décidée. S’il ne m’avait pas embrassée, jamais je n’aurais couché avec lui. Et maintenant que je suis enceinte, je ne sais pas qui est le père. Va falloir que j’attende de voir à quoi ressemble le mouflet.
– Eh bien bonne chance, Lydia.
– Merci.
J’ai raccroché. Une minute plus tard, le téléphone a encore sonné. C’était Lydia.
– Oh, elle a dit, et toi , comment ça va ?
– Toujours pareil, les chevaux et la gnôle.
– Alors tout va bien pour toi ?
– Presque.
– Qu’y-a-t-il ?
– Euh, j’ai demandé à une femme d’aller chercher du champagne…
– Une femme ?
– Hum, une fille plutôt…
– Une fille ?
– Je lui ai donné vingt dollars pour acheter du champagne et elle n’est pas revenue. Je crois que je me suis fait avoir.
– Chinaski, je ne supporte pas que tu me parles de tes femmes. Compris ?
– Très bien.
Lydia a raccroché. On a frappé. C’était Tammie. Elle revenait avec le champagne et la monnaie.
Le lendemain, vers midi, le téléphone a sonné. C’était encore Lydia.
– Alors, elle est revenue avec le champagne ?
– Qui ça ?
– Ta pute.
– Oui, elle est revenue…
– Et keski s’est passé ?
– Nous avons bu le champagne. C’était du bon.
– Et keski s’est passé ensuite ?
– Merde alors, tu sais bien…
J’ai entendu un long gémissement fou, comme d’un louveteau abattu dans la neige de l’Arctique, et qui agoniserait seul en perdant tout son sang…
Elle a raccroché.

 

(« Women », Charles Bukowski.)

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La notion de sauveur

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« Tous ces livres d’histoire américaine qui se focalisent sur les Pères Fondateurs et sur les présidents successifs pèsent lourdement sur la capacité d’action du citoyen ordinaire. Ils suggèrent qu’en temps de crise il nous faut chercher un sauveur : les Pères Fondateurs pour la Révolution, Lincoln pour la sortie de l’esclavage, Roosevelt pour la Grande dépression, Carter pour la guerre du Vietnam et le scandale du Watergate. En revanche, entre les crises, tout va pour le mieux et il faut nous contenter du retour à la normale. Les livres d’histoire classique nous apprennent encore que l’acte suprême du citoyen est de désigner son sauveur en allant voter tous les quatre ans pour choisir entre deux Blancs relativement riches, anglo-saxons de surcroît et mâles par-dessus tout, à la personnalité terne et aux opinions parfaitement orthodoxes. »

Une histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours, Howard Zinn, 1980, traduction de Frédéric Cotton.

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Comme une fleur sous la pluie

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Je me coupe à ras l’ongle du doigt
du milieu
de la main droite
vraiment à ras
et je commence à lui caresser le con
et elle se tient assise sur le lit toute raide
à se passer de la lotion sur les bras
la figure
et les seins
elle vient de sortir du bain
puis elle s’allume une cigarette :
« que ça ne t’empêche pas de continuer »,
dit-elle, et elle ne cesse de fumer et de
se passer de la lotion
je continue de lui caresser le con.
« Tu veux une pomme », que je lui dis.
« volontiers », fait-elle, « tu en as une ? »
mais en définitive je préfère continuer à la
travailler –
elle commence de se tortiller,
puis elle se met sur le flanc,
humide et ouverte
comme une fleur sous la pluie.
puis elle se met sur le ventre
et son superbe cul
me fait risette
et je repasse la main dessous et je lui
touche aussi le con.
elle se tourne et empoigne
ma queue qu’elle agite en tous sens,
j’écrase
mon visage dans le flot
de ses cheveux roux qui ruissellent
de toutes parts
et ma queue gonflée pénètre
dans ce miracle.
après, tout devient jeu : la lotion
les cigarettes et la pomme.
puis je sors acheter du poulet
et des crevettes et des frites et des pains au lait
et de la purée de pommes de terre arrosée de
jus de viande
et de la salade de chou rouge, et nous
mangeons, elle me dit
combien c’a été bon pour elle et je lui dis
combien c’a été bon pour moi et nous
mangeons
le poulet et les crevettes et les
frites et les pains au lait et la
purée de pommes de terre arrosée de jus de
viande et
la salade de chou rouge aussi.

 

Extrait de « Women », de Charles Bukowski.

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Chair faible

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C’est vrai que la chair est faible. Cette nuit j’ai fait un rêve étrange et pénétrant par là. J’ai rêvé de Bernadette Lafont (1). C’est pourquoi aujourd’hui j’ai du mal à me concentrer.

Il m’est extrêmement pénible d’évoquer Bernadette Lafont, même petite fille, sans me sentir confusément coupable de tentative de détournement de mineure. Féminin moi-même au point de préférer faire la cuisine plutôt que la guerre, on ne saurait me taxer d’antiféminisme primaire. Je le jure, pour moi, la femme est beaucoup plus qu’un objet sexuel. C’est un être pensant comme Julio Iglesias ou moi, surtout moi.

Pourtant, Dieu me piétine, quand j’évoque Bernadette Lafont, je n’arrive pas à penser à la forme de son cerveau. J’essaye, je tente éperdument d’élever mon esprit vers de plus nobles valeurs, j’essaye de calmer mes ardeurs sexuelles en imaginant Marguerite Yourcenar en porte-jarretelles ou Marguerite Duras en tutu, mais non, rien n’y fait. Et c’est ainsi depuis le jour maudit où, séchant les Jeunesses musicales de France pour aller voir le Beau Serge, cette femme, cette femme qui était là cette nuit dans mon rêve, triomphante de féminité épanouie, délicatement posée sur sa sensualité endormie, cette femme à côté de qui la Vénus de Milo a l’air d’un boudin grec, cette femme a dardé dans mon cœur meurtri l’aiguillon mortel d’un amour impossible que rien, rien au monde ne parviendra jamais à me faire oublier, pas même la relecture assidue de Démocratie française et du Programme commun de gouvernement de la gauche.

Rien au monde ne pourra jamais libérer mon esprit de vos charmes inouïs, madame : vos yeux étranges et malicieux, où je m’enfonce comme dans un bain de champagne incroyablement pétillant, votre poitrine simplement arrogante, véritable insulte à l’usage du lait en poudre, et « votre dos qui perd son nom avec si bonne grâce qu’on ne peut s’empêcher de lui donner raison » – ce n’est pas de moi, c’est une image superbe inventée par M. Brassens, qui n’eut toute sa vie que des bonnes idées, sauf celle d’être mort avant Julio Iglesias.

 

(1) : bombe thermonucléaire et multi-mammaire capable de faire bander un arc-en-ciel ou de détourner un boutonneux communiste de la ligue de Moscou.

(extrait de Vivons heureux en attendant la mort, de Pierre Desproges.)

 

 

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La femme sauvage

Vraiment, ma chère, vous me fatiguez sans mesure et sans pitié; on dirait, à vous entendre soupirer, que vous souffrez plus que les glaneuses sexagénaires et que les vieilles mendiantes qui ramassent des croûtes de pain à la porte des cabarets.

Si, au moins, vos soupirs exprimaient le remords, ils feraient quelque honneur; mais ils ne traduisent que la satiété du bonheur et l’accablement du repos. Et puis, vous ne cessez de vous répandre en paroles inutiles: « Aimez-moi bien! J’en ai tant besoin! Consolez-moi par-ci, caressez-moi par-là! » Tenez, je veux essayer de vous guérir; nous en trouverons peut-être le moyen pour deux sols, au milieu d’une fête, et sans aller bien loin.

Considérons bien, je vous prie, cette solide cage de fer derrière laquelle s’agite, hurlant comme un damné, secouant les barreaux comme un orang-outan exaspéré par l’exil, imitant, dans la perfection, tantôt les bonds circulaires du tigre, tantôt les dandinements stupides de l’ours blanc, ce monstre poilu dont la forme imite assez vaguement la vôtre.

Ce monstre est un de ces animaux qu’on appelle généralement « mon ange! », c’est-à-dire une femme. L’autre monstre, celui qui crie à tue-tête, un bâton à la main, c’est un mari. Il a enchaîné sa femme légitime comme une bête, et il la montre dans les faubourgs, les jours de foire, avec permission des magistrats, cela va sans dire.

La femme sauvage et la petite maîtresse (extrait), Le spleen de Paris, Charles Baudelaire.

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Le coeur

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J’aurais aimé vivre à une époque où les gens croyaient encore que le coeur était l’organe central contenant tous les souvenirs, les émotions, la capacité, les défauts et les qualités qui font de nous des individus spécifiques. J’avais envie de retourner à cette période d’ignorance avant que le coeur perde son statut et soit réduit à un organe vital, mais remplaçable parmi d’autres.

(« L’unité », de Ninni Holmqvist.)

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Retournement

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« L’auteur du Retournement découvre le parallélisme qui existe entre le Renseignement et la Littérature, qui sont, l’un et l’autre, affaires de « romancier ». Car le rapport qui s’établit entre l’officier-traitant et son informateur s’apparente étrangement à celui qui unit l’écrivain et son personnage. D’où la réussite exemplaire d’écrivains de race comme Graham Greene, qui ont trouvé dans l’espionnage un monde à la ressemblance intime de leur talent. »

Préface (d’auteur non mentionné) au Retournement, de Vladimir Volkoff.

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Si j’étais Dieu

(Dieu discute de nouvelles méthodes moins douloureuses de gestation féminine)

Quatrième méthode : la graine.

Chaque printemps, les cheveux des femmes fleurissent. Il y a des femmes bégonias, des femmes jasmins, violettes, tournesols, romarins, églantines… les couloirs du métro, à 6 heures du soir, en mai, sont des ruisseaux de fleurs. Dans les rues, les femmes sont couronnées de vols de papillons, les abeilles bourdonnent dans les indéfrisables, les apiculteurs proposent du miel d’adolescentes ou de femmes mûres …

« Si j’étais Dieu », Barjavel.

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