Archives mensuelles : mars 2014

Rolling

I want to steam you open
Want to swim your ocean
We would fly
I wanna suck your motions
Exercise devotion
Never die
I’m growing you inside the star’s eye
You fascinate the loops with open belt
If dreams were we, I’d be the sea
And you’re some crazy fishing man
Your line’s on fire
You’re caught in my tide
Your sky’s expiring
You’re rolling again
I want to let you see it
Want to truly free it
You and I
I want to bleed your cedar
Til it gives me fever
And I’m high
And knowing you, you’ll ride the far side
You liberate the moon from it’s own shelf
If dreams were we, I’d take the lead
You’re down on your knees
The wave is rising
A blink is all you need
Now you’re inside me
Rolling again

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Musique, Poésie

Plume : Impro sous contrainte

J’ai participé ce soir, sans le moindre avertissement préalable, à ma première improvisation d’écriture sur un site web privé que je fréquente assidûment. Le principe était le suivant : 10 minutes maximum pour rédiger un écrit sous contraintes. En voici les résultats, copiés-collés sans aucune retouche (je ne tape pas très vite, je l’avoue) :

1)  je te propose « déchéance », avec comme contrainte de le faire en poème, avec ou sans rime.

Hélas, elle connut la malchance
Très tôt, de connaître la déchéance.
Elle avait visité Byzance,
Tout comme le paquebot France.

Mais il ne craignait pas la médisance,
Et n’avait pas vécu l’enfance
De cette fille aux tresses presque blanches,
Qui ne s’appelait, de plus, pas France.

(5 minutes, mais j’ai bien foiré les deux derniers vers dans ma précipitation)

2)  Je lance le challenge d’un chant estudiantin avec le mot « péripatéticienne » et  ça doit être relevé

Elle était pé, péri, péri
Peripatéticieeenne
Elle s’appelait pelait pelait
Cunégonde, ou Lucieeenne
Et dans son con son con son con
son comportement amiaaable
Elle était à têta têta
bsolument irréprochaaable

Elle habitait bitait bitait
Dans une caravaaane
Elle se chauffait chauffait chauffait
Uniquement’au butaaane
Et professait fessée fessée
Son métier près des Haaalles
C’est d’ailleurs là yeur là yeur là
Qu’elle s’prenait des mandaaales

(9 minutes, j’aime plutôt bien)

3)  La défense d’un accusé de meurtre au tribunal avec le mot « guacamole »  (avocat -> guacamole…. 😀 )

Mesdames et Messieurs du juré !

L’homme que vous avez devant vous aujourd’hui est une victime ! Et je dis bien une victime !
Une victime de quoi me direz-vous ? Et je vous répondrai : une victime de l’avocat, et plus précisément une victime du guacamole !

Je vous l’accorde bien volontiers, l’homme décharné et à l’air patibulaire qui se trouve présentement dans le box des accusés est aussi coupable. Coupable de meurtre, qui plus est. cela, ni lui ni moi ne le nions.
Mais c’est l’accumulation de circonstances qui ont mené Augustin Bridoux au meurtre que vous devez prendre en compte, car ce sont elles qui vous feront opter ou non pour les circonstances atténuantes !

Revenons sur les faits : le 12 juillet dernier, Augustin Bridoux se rend dans un restaurant mexicain, seul. Les témoins appelés à la barre vous l’ont confirmé : le restaurant était plein comme un oeuf, ce soir là. Et Augustin Bridoux, de retour d’un long périple dans la marine marchande, rêvait depuis près de six mois d’un guacamole. Ce plat lui tenait particulièrement à coeur depuis la mort de sa femme, d’origine mexicaine.

Et ce soir là, il comptait bien l’avoir, son guacamole ! Aussi, devant l’inhabituelle affluence dans son restaurant favori, il fit contre mauvaise fortune bon coeur et de patienter jusqu’à ce qu’une table se libère.

Lorsque enfin, après plus de trois quarts d’heure d’attente, il put étendre ses jambes fatiguées par une longue journée d’errance en ville, passée à renouer contact avec d’anciennes connaissances, il commanda bien sûr son mets favori. S’il avait pu savoir ce qui allait bientôt se passer, il aurait probablement été alarmé par la remarque désuète du serveur : »Vous avez de la chance, Monsieur, il ne nous en reste plus qu’un ».

Aussi, lorsqu’un client impatient et probablement énervé par une longue attente passée au bar, à boire apéritif sur apéritif, bouscula le serveur qui apportait à Augustin Bridoux son mets favori, il prit la mouche, empoigna l’importun et vous connaissez la suite : son adversaire ayant empoigné une lampe de table toute proche pour l’en menacer, Augustin Bridoux lui planta une fourchette dans l’oeil.

Mais qui d’entre vous, je vous le demande, Mesdames et Messieurs du Juri, n’aurait pas au moins été tenté d’en faire de même ? Je vous demande de réfléchir en votre for intérieur à la réaction qui aurait pu être la vôtre, si vous aviez été dans sa situation.

Mesdames et Messieurs du juri, je ne demande pas la relaxe, mais une peine raisonnable, accompagnée du sursis pour la moitié de la durée.

Je vous remercie de votre attention !

(près de 20 minutes, mais livré en 2 tronçons après 9 et 10 minutes respectivement. Je dois apprendre à gérer le chrono !)

4)  bon ok, ta contrainte : c’est un japonais !

(vous reconnaitrez l’air bien vite)

Un japonais basané
est allongé sur le sol
Un katana sur le nez
en guise en guise en guise
de parasol !

(1 minute)

Poster un commentaire

Classé dans Plume

Ronsardises

Je te salue, ô vermeillette fante,
Qui vivement entre ces flancs reluis;
Je te salue, ô bienheureux pertuis,
Qui rens ma vie heureusement constante!

C’est toi qui fais que plus ne me tourmante
L’archer volant qui causoit mes ennuis;
T’aiant tenu quatre nuis,
Je sen sa force en moi desja plus lente.

O petit trou, trou mignard, trou velu
D’un poil folet mollement crespelu,
Qui à ton gré domtes les plus rebelles;

Tous vers galants devoient, pour t’honorer,
A beaux genoux te venir adorer,
Tenans au poin leurs flambantes chandelles.

Pierre de Ronsard

Poster un commentaire

Classé dans Poésie

Plume : SRQL

Parfois mes yeux, fatigués par la lecture, croient voir danser au rythme de la musique les lettres composant la page. Il arrive même qu’elles se transforment en lettrines d’un autre âge :

Des esses, humant l’air de leur langue fourchue;

Des aires couronnées, vêtues d’hermine;

Des culs, dont la queue traîne dans la poussière;

Des ailes rêveuses, songeant à se tirer.

Poster un commentaire

Classé dans Plume

Diableries

Le Livre de Poche #33260, 7,10€

Sacrifices

1945, Ohio : Willard revient du Pacifique, traumatisé par les horreurs de la guerre. Pendant le trajet qui le ramène chez lui, il rencontre Charlotte, serveuse dans un diner, qu’il décide d’épouser et ils ont rapidement un fils, Arvin. Mais Charlotte tombe gravement malade et Willard commence à donner en sacrifice à Dieu toutes sortes de créatures, afin de la sauver. Mais Dieu ne l’écoute pas : Charlotte meurt et il décide de l’accompagner, laissant Arvin à la garde de sa grand-mère.

Chasseurs

1965 : Carl, le photographe et Sandy, l’appât, sillonnent les routes à la recherche d’auto-stoppeurs. Ceux qu’ils rencontrent deviennent les vedettes de séances photo glauques et fatales. Pendant ce temps, le Shérif Lee Bodecker – frère de Sandy – a arrêté de boire, mais pas de participer aux intrigues louches d’édiles locaux. Il est très contrarié d’apprendre que Sandy se prostitue au rabais, car cela pourrait nuire à sa réélection.

Orphelins

Arvin et Lenora sont tous deux élevés par Emma, la mère de Willard, et son mari. Pendant ce temps, Roy, le prédicateur itinérant père de Lenora et Théodore, le musicien handicapé (et amoureux de lui) qui l’accompagne, vont de cirques en églises, subsistant tant bien que mal.

Les routes de tous ces personnages hantés par le Diable vont finir par se croiser dans une apothéose sanglante, où Pollock démontre avec force qu’avoir arrêté les études à 18 ans pour travailler dans une usine de pâte à papier n’empêche nullement, 32 ans plus tard, d’entamer avec brio une carrière d’écrivain !

Extrait :

Un jour, Arvin alla chercher Lenora à la sortie du lycée et la trouva acculée à l’incinérateur d’ordures à côté du garage des bus, cernée par trois garçons. Tandis qu’il arrivait derrière eux, il entendit Gene Dinwoodle lui dire : « Merde, t’es tellement moche qu’il faudrait que je me mette un sac sur la tête pour pouvoir bander. » Les deux autres, Orville Buckman et Tommy Matson éclatèrent de rire et se rapprochèrent d’elle. C’étaient des élèves de terminale qui avaient une ou deux années de retard et tous étaient plus grand qu’Arvin. Au lycée, ils passaient la majeure partie de leur temps assis dans l’atelier, à échanger des blagues cochonnes avec le bon à rien de professeur de travaux manuels et à fumer des Bugler. Lenora avait fermé les yeux, très fort, et commencé à prier. Des larmes roulaient le long de son visage. Arvin n’eut que le temps de délivrer quelques coups à Dinwoodle avant que les autres ne le plaquent au sol et ne le frappent tour à tour. Allongé sur le gravillon, il pensait, comme ça lui arrivait souvent au cours d’une bagarre, au chasseur que son père avait tabassé si violemment, ce jour-là, dans la boue des toilettes extérieures. Mais à la différence de cet homme, Arvin ne renonçait jamais. Si le concierge n’était pâs arrivé avec un chariot de cartons à brûler, ils auraient pu le tuer. Sa tête lui fit mal pendant une semaine, et pendant plusieurs semaines encore il eut du mal à lire au tableau.

Ca lui prit presque deux mois, mais Arvin parvint à les avoir un par un. Un soir, juste avant la nuit, il suivit Orville Buckman au magasin de Banner. Il resta caché derrière un arbre à trois cent mètres de là et regarda le garçon sortir en sifflant un soda et en mangeant sa dernière « Little Debbie ». A l’instant où Orville passait près de lui, sa bouteille renversée pour avaler une nouvelle gorgée, Arvin avança sur la route. De la paume de la main, il frappa le fond de la bouteille de Pepsi, enfonçant la moitié du goulot de verre dans la gorge du garçon, cassant deux de ses dents de devant. Le temps qu’Orville comprenne ce qui lui arrivait, la bagarre était pratiquement terminée. Ne restait que le coup qui le mit K.O. Une heure plus tard, il se retrouva allongé dans la boue au bord de la route, s’étranglant dans son propre sang, un sac en papier sur la tête.

Poster un commentaire

Classé dans Polar, Roman