Archives mensuelles : mars 2016

Classiques abrégés

Au rythme où sortent les livres à l’heure actuelle, difficile de trouver le temps de lire un classique un peu longuet. Mais rassurez-vous : le dessinateur humoristique John Atkinson a trouvé une solution à ce problème : des versions ramenées à une dizaine de mots, qui vous permettront d’enfin venir à bout de cette interminable PàL !

 


Guerre et paix : Tout le monde est triste. Il neige.
Les raisins de la colère : L’agriculture, c’est chiant. Voyage en bagnole. Les voyages en bagnole, c’est chiant.
Don Quichotte : Un mec s’attaque aux moulins à vent. Et il est complètement bargeot.
Le soleil se lève aussi : La génération perdue se bourre la gueule. Elle est toujours perdue.
Moby Dick : Homme contre baleine. La baleine gagne.
Ulysse : Dublin, quelque chose quelque chose quelque chose, phrase interminable.

 


L’odyssée : Un vétéran de la guerre met une éternité pour rentrer chez lui, puis tue tout le monde.
Les hauts de hurlevent : Des quasi frère et soeur tombent amoureux. Il fait brumeux.
Walden : Un mec  passe deux ans assis devant chez lui. Il ne se passe rien.
Crime et châtiment : Un meurtrier se sent mal. Se confesse. Va en prison. Se sent mieux.
Beowulf : Héro tue monstre. Bla bla bla bla. Dragon tue héros.
L’enfer de Dante : Tout ce qui peut foirer foire.

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Une visite prestigieuse

Les tweets pleins d’esprit de la bibliothèque des îles Orkneys lui ont valu d’être à la une récemment. Stewart Bain, son gérant, a l’art de trouver des perles dans son catalogue…


Pour ces journées où vous vous dites : « J’ai vraiment envie de lire un thriller plein d’action se déroulant dans le monde du snooker! »

 

… and There’s Wally; la bibliothèque a décidé de modifier le titre de cet ouvrage après qu’un client indélicat leur ait retourné avec le mot Wally entouré d’un cercle sur chaque page.

Après avoir tweeté les détails de son book club consacré aux polars – notamment The Cuckoo, écrit par Robert Galbraith (pseudo de JK Rowling) – une discussion s’engagea avec la romancière. « Ca risque d’être drôle. Vous avez encore le temps d’attraper le ferry », lui dit le bibliothécaire. Rowling ayant mentionné qu’elle adorait le cake au citron et préférait son thé couleur créosote, il mentionna ensuite qu’il gardait le cake en réserve au cas où la romancière viendrait à passer. Ce qu’elle fit ! Après une visite guidée des lieux, elle participa au book club avant de partager son gâteau avec les autres participants.

 

JK Rowling rend visite à la bibliothèque d’Orkney (photographie : JK Rowling)

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Classé dans Métiers de la plume

In this soul of a woman

« Si j’étais un homme, je ne peux imaginer que les choses se seraient déroulées de cette manière. Je me contenterai d’exprimer ce qui me vient à l’esprit, et c’est que vous trouverez en moi l’âme de César dans un cœur de femme. »

Extrait des lettres de Artemisia Gentileschi (1593-c.1652), première femme peintre à vivre de son métier, et prélude à la nouvelle « In this soul of a woman » de Charles De Lint.

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Classé dans Extraits, Fantasy

Plaidoyer pour le vélin

La crise n’est pas un vain mot en Grande-Bretagne actuellement. Nombreuses sont les mesures prises pour colmater le déficit de la NHS (National Health Service, la mutuelle locale), notamment. Les prévisions budgétaires prévoient un déficit de plus de 73 milliards de livres sterling et la Chambre des Lords a récemment décidé de remplacer le vélin¹ utilisé pour rédiger les textes de lois par du papier ordinaire.

Apparemment, cette mesure de restriction budgétaire ferait économiser à l’état 80.000 livres par an. En comparaison, les dépenses totales de la Chambre des Lords pour l’année 2014-2015 étaient d’un peu plus de 94 millions de livres (dont 20 millions pour les salaires et notes de frais des Lords). Cela signifie que le vélin représentait 0,084% de ce total; il faudrait donc prendre 60 mesures de restriction semblables pour réduire le budget de 5%. Mais prendre une telle mesure, prestigieuse mais d’impact minuscule, détourne l’attention du problème central (qui est entre les mains du gouvernement, et non de la Chambre des Lords).

Il serait pourtant dommage de renoncer au vélin. Bien sûr, les arguments en faveur de son maintien sont marginaux. Sa durée de conservation est meilleure, mais les textes de loi ont souvent une durée de vie bien moindre. C’est surtout le symbolisme, la permanence du vélin – un parchemin fabriqué exclusivement à partir de peau de veau, d’où son nom – qui contribue à maintenir l’importance et le prestige des lois. Même si le volume des textes législatifs a fortement augmenté ces dernières années, le vélin, par sa permanence, aide à maintenir leur respect; son abandon tendrait à indiquer que nos lois ne valent même plus le prix du parchemin utilisé pour les rédiger.

¹ : Le parchemin est une peau d'agneau ou de veau préparée avec soin par un parcheminier. Il est en général de teinte crème ou blanche. Lorsqu'il est très fin et de qualité supérieure, on le désignera sous le nom de vélin. Autrefois, la peau était choisie selon le format du livre désiré, puis on la pliait et l'assemblait. De plus, le parchemin et le vélin résistent mieux que le papier au temps qui passe.

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Babelogue (Patti Smith)

Patricia Lee Smith dite Patti Smith est une chanteuse et musicienne de rock, poète, peintre et photographe américaine. Mariant la poésie Beat avec le garage rock des années 1960 et 1970, elle est considérée comme la « marraine » du mouvement punk.
Fille d’immigrés irlandais, elle a reçu une éducation religieuse stricte (sa mère était témoin de Jéhovah), dont elle s’est éloignée à l’adolescence. Elle dit d’ailleurs, dans sa reprise du Gloria de Them, « Dieu est mort pour les péchés de quelqu’un, mais pas pour les miens ».
Elle a été très influencée par le photographe Robert Mapplethorpe, avec qui elle a entretenu une relation passionnée. Avant de former son groupe, elle a failli devenir chanteuse de Blue Oyster Cult, groupe pour lequel elle a d’ailleurs écrit plusieurs textes de chansons.
(Source : Wikipédia)

« Patti smith fait du slam avant l’heure. Elle débite. Elle éjacule ses phrases comme des obus en direction des auditeurs. »
(Etienne Ethaire, parlant de Babelogue dans son livre Camion blanc : Patti Smith, fille de Rimbaud).

Ces deux morceaux, le monologue Babelogue introduisant la chanson Rock and roll nigger, sont extraits de l’album Easter (1978), qui a constitué mon introduction à l’oeuvre de cette artiste (et qui reste mon préféré).

Bébélogue

Je n’ai pas beaucoup baisé par le passé,
Mais j’ai beaucoup déconné avec l’avenir.
Sur la peau de soie se trouvent les cicatrices
Des échardes des postes (de police)
Et des murs que j’ai caressés.

La scène est comme un verrou de bois,
Comme une bûche d’Hélène (1), c’est mon plaisir.
Je mesurais la réussite d’une nuit
A la façon, à la façon, à la quantité de pisse et de semence
Que je pouvais exsuder des colonnes où se nichait la P.A. (2)

Certains soirs, je surprenais tout le monde en disparaissant,
Vêtue d’une jupe en filet vert, sur laquelle était cousus
Des cercles plats et métalliques qui éblouissaient et étincelaient.
Les lumières étaient violettes et blanches.
Je possédais un voile ornemental, mais je ne supportais pas de le porter.

Quand j’avais les cheveux courts, je crevais d’envie de me couvrir le crâne,
Mais, à présent, mes cheveux eux-mêmes forment un voile,
Et le cuir chevelu est celui d’un
Comanche fou et endormi
Allongé sous le filet de la peau.

Je me réveille. Je suis paisiblement allongée,
Je suis paisiblement allongée, et mes genoux s’ouvrent au soleil.
Je le désire, et il est tout à fait prêt à me prendre.
Je suis Musulmane de cœur ;
Je suis Américaine de cœur ;
Je suis Musulmane de cœur,
De cœur, je suis une artiste américaine,
Et je ne me sens pas coupable.

Je recherche le plaisir.
Je recherche les nerfs sous ta peau.
L’arche étroit ; les strates ;
le rouleau de laitue ancienne.

Nous idolâtrons l’imperfection, le ventre, le ventre,
Le grain de beauté sur le ventre d’une putain exquise.
Il a épargné l’enfant et a gâté la tige.
Je ne me suis pas vendue à Dieu.

(1) Beaucoup de fans ont essayé de traduire cette chanson ; peu y sont arrivés. Patti semble ici jouer sur les mots bolt, qui peut désigner un verrou comme un plug anal, et log, qui signifie bûche, mais aussi journal. La Hélène dont elle parle est membre du groupe Helen Wheels ; elle et Patti se sont souvent répondu par le biais de chansons, pour exorciser la dépendance textuelle qu’elles nourrissaient l’une pour l’autre.

(2) J’ai beaucoup de mal à traduire cette phrase, sans savoir exactement quel sens Patti donnait à P.A. Je pense finalement qu’il ne s’agit pas de l’abbréviation de Pennsylvania ou Personal Announcement (system), mais qu’elle parle de son sexe (et que les colonnes sont donc ses jambes).

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Littérature érotique

Il faut de tout pour faire un monde, dit un dicton populaire.
Pas étonnant donc que la littérature érotique s’occupe, elle aussi, d’assouvir certains fantasmes … étonnants.

Présidents : il ne manque pas d’ouvrages salaces traitant des Pères Fondateurs (américains), mais cette saga de Catherine Devore est probablement la plus connue. Dans ce volume précis, le bien aimé président doit vaincre l’empereur du Japon grâce au pouvoir de son surpuissant pénis.

Dinosaures : Ici aussi, on ne manque pas de choix : entre Violée par le tricératops et Le dinosaure milliardaire m’a forcé à devenir gay, ce volume nous présente un T-rex frustré (à cause de ses bras trop courts, probablement) qui rencontre une Diane chasseresse, laquelle n’a jamais trouvé de partenaire capable de la satisfaire. Mais tout espoir n’est pas perdu !

Nains de jardin : une série où des nains de jardin envoient une femme au septième ciel grâce à leurs chapeaux pointus.

Avions à réaction : Oui, vous avez bien lu ! L’avion sexy dont il est question est un milliardaire (un de plus !), champion de blackjack.
Extrait de la critique : « Epoustouflé par la maîtrise remarquable qu’a l’auteur (Chuck Tingle, sans rire) de l’anatomie et de la physique ».

Mommies : les morts ressuscitent, au grand dam des laborantines.

Eclairs : « J’étais en train de me frotter au métal noir du cheval, en tenant mon I-phone afin d’envoyer une photo non sollicitée sur OKCupid quand … »
Puis l’éclair le prend. La suite est « Pris par le Canada » : tout un programme !

Mammouths

Etoiles de mer

Et même, en guise de conclusion, un cable HDMI (hanté, qui plus est) : destiné aux geeks, je suppose.

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Coccinelle

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L’unique véritable souvenir que je garde de mon père tient plutôt du cauchemar.

Je dormais, allongé sur le siège arrière de la Coccinelle, lorsque l’accident survint. Il était tard, après tout, pour un petit garçon de quatre ans à peine. D’ordinaire, j’étais au lit depuis belle lurette à cette heure-là !

Toujours est-il que ce sont les cris de ma mère qui me réveillèrent en sursaut:  » Coupe le contact ! Vite, sinon on va cramer !  » Totalement paniqué, je ne reconnaissais plus cet environnement si familier et mis un certain temps à réaliser, dans l’hystérie ambiante, que nous nous trouvions sur le toit. Mon père était au volant ce soir-là, saoul comme souvent, quand une embardée nous laissa tête-bêche, après plusieurs tonneaux.

Il tenait probablement ce vice de ma grand-mère, qui s’enfilait allègrement ses huit Stella Artois par jour. Quand les choses ont commencé à se gâter avec ma mère, qui le trompait ouvertement, il s’est accroché à l’alcool comme à une bouée de sauvetage. Lorsqu’un de ses clients lui réglait ses honoraires d’avocat, il faisait la tournée des Grands Ducs, payait à boire à la ronde et rentrait aux petites heures, gris et fauché. Mais toujours avec un cadeau à mon intention, enfoui dans la poche de son manteau. Puis venaient les cris et hurlements, les bousculades, les écroulements de lampadaires, les échanges de coups…

Fort heureusement, mon père était aussi efflanqué que moi, soixante kilos à tout casser pour un mètre quatre-vingt. Ma mère n’était pas non plus du genre à s’en laisser compter: ces joutes étaient donc somme toute assez équilibrées. Ma mère rendait les coups. Mon père, qui n’était pas de nature violente, retenait sûrement les siens. Jamais ma mère n’arbora un cocard matinal, en tous cas.

Par miracle, nous sortîmes tous trois indemnes de ce carambolage spectaculaire – à cette époque, les ceintures de sécurité et autres airbags n’existaient pas encore! Notre vitesse modérée nous fut salutaire lors de cette exploration inattendue des champs avoisinants et, fort heureusement, aucun obstacle ne vint arrêter notre course folle. Nous en fûmes quittes pour quelques ecchymoses et la longue attente d’une dépanneuse dans le froid hivernal.

Le lendemain, dans la cour de récréation, je connus la gloriole des héros.

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