Archives de Catégorie: Musique

N’oublie pas ton poireau !

Une heure avant le début deleurs concerts, les musiciens du Vienna Vegetable Orchestra (Orchestre Légumier de Vienne) se dirigent vers le marché le plus proche, à la recherche des meilleurs proies disponibles à l’étal.

Pendant que le public se met en route vers la salle de concert, ils sont en train de mettre frénétiquement la dernière touche à leurs instruments. Des lambeaux de carotte s’envolent, la panique menace lorsqu’une citrouille se voit écrasée … mais finalement tout va bien : ils ont prévu des backups. Mais il n’est plus temps de lambiner, maintenant: les spots s’allument et le concert doit commencer…

 

Source :  Cultura Inquieta.

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Lhasa de sela – Con toda palabra

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Lhasa de Sela n’a pas eu la jeunesse de Madame Tout-Le-Monde, et cela transparaît dans ses chansons.
Née dans une cabane à Big Indian, dans l’état de New York, de père mexicain et de mère américaine, elle grandit avec ses neuf frères et soeurs dans un ancien bus scolaire qui sillonne l’Amérique du Nord. Les enfants sont éduqués au moyen de livres, de musique et d’activités artistiques par leurs parents hippies et apprennent ainsi à agir selon ce que leur dicte leur coeur.
Après la séparation de ses parents, Lhasa s’installe à San Francisco puis Montréal avec sa mère. Elle commence à jouer dans les bars canadiens et compose ses chansons en trois langues. Ses trois albums, La LLorona (1997, essentiellement en espagnol), The Living Road (2003, franco-espagnol) et Lhasa (2009, anglais) sont pleins de chansons alimentées par les rêves, l’amour, les relations et les choses de la vie, filtrées par une imagination nourrie de contes folkloriques.

Elle forme un duo avec Yves Desrosiers et joue bientôt avec un groupe intime de musiciens talentueux. Sa musique est influencée par des sources très variées, allant de la Ranchera mexicaine à la chanson française, en passant par l’Americana et la musique Arabe, tout en restant étonnamment originale.
Epuisée par une longue tournée avec le festival exclusivement féminin Lilith Fair, elle rejoint en 1998 Pocheros, le cirque de sa soeur, en France. Des chansons telles que Con Toda Palabra et La Marée Haute, écrites durant cette période de sa vie, reflètent son monde intérieur intense. Souvent déconcertantes, ses chansons sont au confluent de la réalité et de l’imaginaire, où le courage triomphe de la peur et de l’obscurantisme.
« La vie est une route continuellement changeante, ce qui fait que vous aussi vous changez », disait Lhasa. Elle gagne rapidement des fans passionnés en France et au Canada, fait une tournée au Royaume Uni – invitée par les Tindersticks – et ses chansons figurent bientôt au générique des Sopranos, d’un documentaire sur Madonna et de Cold Souls, un film de Sophie Barthe.
En 2009, ravie d’avoir enregistré son dernier album avec cinq musiciens plutôt que vingt, et dans des conditions les plus proches possibles du « live », Lhasa découvre qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Elle qui rêvait durant son adolescence d’épouser le légendaire chanteur chilien Victor Jara – victime de la dictature de Pinochet – a rejoint son idole en janvier 2010, à l’âge de 37 ans.

 

Sources : Wikipédia et cette poignante notice nécrologique du Guardian.

 

 

Avec chaque mot
Avec chaque sourire
Avec chaque regard
Avec chaque caresse

Je m’approche de l’eau
En buvant ton baiser
La lumière de ton visage
La lumière de ton corps

C’est une prière du désir
C’est un chant silencieux
Un regard aveugle
Un secret mis à nu

Je m’abandonne à tes bras
Avec peur et avec calme
Et une prière aux lèvres
Et une prière au coeur

Avec chaque mot
Avec chaque sourire
Avec chaque regard
Avec chaque caresse

Je m’approche du feu
Qu’il consume tout
La lumière de ton visage
La lumière de ton corps

C’est une prière du désir
C’est un chant silencieux
Un regard aveugle
Un secret mis à nu

Je m’abandonne à tes bras
Avec peur et avec calme
Et une prière aux lèvres
Et une prière au coeur

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Variations sur Marilou (Serge Gainsbourg)

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https://www.youtube.com/watch?v=zIChxIJ98yI

Dans son regard absent
Et son iris absinthe
Tandis que Marilou s’amuse à faire des vol
Utes de sèches au menthol
Entre deux bulles de comic-strip
Tout en jouant avec le zip
De ses Levi’s
Je lis le vice
Et je pense à Caroll Lewis.

Dans son regard absent
Et son iris absinthe
Tandis que Marilou s’évertue à faire des vol
Utes de sèches au menthol
Entre deux bulles de comic-strip
Tout en jouant avec son zip
A entrebailler ses Levi’s
Dans son regard absent et son iris

Absinthe dis-je je lis le vice
De baby doll
Et je pense à Lewis
Caroll.

Dans son regard absent
Et son iris absinthe
Quand crachent les enceintes
De la sono lançant
Accord de quartes et de quintes
Tandis que Marilou s’esquinte
La santé s’éreinte
A s’envoyer en l’air…

Lorsqu’en un songe absurde
Marilou se résorbe
Que son coma l’absorbe
En pratiques obscures
Sa pupille est absente
Mais son iris absinthe
Sous ses gestes se teinte
D’extases sous-jacentes
A son regard le vice
Donne un côté salace
Un peu du bleu lavasse
De sa paire de Levi’s
Et tandis qu’elle exhale
Un soupir au menthol
Ma débile mentale
Perdue en son exil
Physique et cérébral
Joue avec le métal
De son zip et l’atoll
De corail apparaît
Elle s’y coca-colle
Un doigt qui en arrêt
Au bord de la corolle
Est pris près du calice
Du vertige d’Alice
De Lewis Caroll.

Lorsqu’en songes obscurs
Marilou se résorbe
Que son coma l’absorbe
En des rêves absurdes
Sa pupille s’absente
Et son iris absinthe
Subrepticement se teinte
De plaisirs en attente
Perdue dans son exil
Physique et cérébral
Un à un elle exhale
Des soupirs fébriles
Parfumés au menthol
Ma débile mentale
Fais tinter le métal
De son zip et Narcisse
Elle pousse le vice
Dans la nuit bleue lavasse
De sa paire de Levi’s
Arrivée au pubis
De son sexe corail
Ecartant la corolle
Prise au bord du calice
De vertigo Alice
S’enfonce jusqu’à l’os
Au pays des malices
De Lewis Caroll.

Pupille absente iris
Absinthe baby doll
Ecoute ses idoles
Jimi Hendrix Elvis
Presley T-Rex Alice
Cooper Lou Reed les Roll
Ing Stones elle en est folle
Là-dessus cette Narcisse
Se plonge avec délice
Dans la nuit bleu pétrole
De sa paire de Levi’s
Elle arrive au pubis
Et très cool au menthol
Elle se self contrôle
Son petit orifice
Enfin poussant le vice
Jusqu’au bord du calice
D’un doigt sex-symbole
S’écartant la corolle
Sur fond de rock-and-roll
S’égare mon Alice
Au pays des malices
De Lewis Caroll.

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Babelogue (Patti Smith)

Patricia Lee Smith dite Patti Smith est une chanteuse et musicienne de rock, poète, peintre et photographe américaine. Mariant la poésie Beat avec le garage rock des années 1960 et 1970, elle est considérée comme la « marraine » du mouvement punk.
Fille d’immigrés irlandais, elle a reçu une éducation religieuse stricte (sa mère était témoin de Jéhovah), dont elle s’est éloignée à l’adolescence. Elle dit d’ailleurs, dans sa reprise du Gloria de Them, « Dieu est mort pour les péchés de quelqu’un, mais pas pour les miens ».
Elle a été très influencée par le photographe Robert Mapplethorpe, avec qui elle a entretenu une relation passionnée. Avant de former son groupe, elle a failli devenir chanteuse de Blue Oyster Cult, groupe pour lequel elle a d’ailleurs écrit plusieurs textes de chansons.
(Source : Wikipédia)

« Patti smith fait du slam avant l’heure. Elle débite. Elle éjacule ses phrases comme des obus en direction des auditeurs. »
(Etienne Ethaire, parlant de Babelogue dans son livre Camion blanc : Patti Smith, fille de Rimbaud).

Ces deux morceaux, le monologue Babelogue introduisant la chanson Rock and roll nigger, sont extraits de l’album Easter (1978), qui a constitué mon introduction à l’oeuvre de cette artiste (et qui reste mon préféré).

Bébélogue

Je n’ai pas beaucoup baisé par le passé,
Mais j’ai beaucoup déconné avec l’avenir.
Sur la peau de soie se trouvent les cicatrices
Des échardes des postes (de police)
Et des murs que j’ai caressés.

La scène est comme un verrou de bois,
Comme une bûche d’Hélène (1), c’est mon plaisir.
Je mesurais la réussite d’une nuit
A la façon, à la façon, à la quantité de pisse et de semence
Que je pouvais exsuder des colonnes où se nichait la P.A. (2)

Certains soirs, je surprenais tout le monde en disparaissant,
Vêtue d’une jupe en filet vert, sur laquelle était cousus
Des cercles plats et métalliques qui éblouissaient et étincelaient.
Les lumières étaient violettes et blanches.
Je possédais un voile ornemental, mais je ne supportais pas de le porter.

Quand j’avais les cheveux courts, je crevais d’envie de me couvrir le crâne,
Mais, à présent, mes cheveux eux-mêmes forment un voile,
Et le cuir chevelu est celui d’un
Comanche fou et endormi
Allongé sous le filet de la peau.

Je me réveille. Je suis paisiblement allongée,
Je suis paisiblement allongée, et mes genoux s’ouvrent au soleil.
Je le désire, et il est tout à fait prêt à me prendre.
Je suis Musulmane de cœur ;
Je suis Américaine de cœur ;
Je suis Musulmane de cœur,
De cœur, je suis une artiste américaine,
Et je ne me sens pas coupable.

Je recherche le plaisir.
Je recherche les nerfs sous ta peau.
L’arche étroit ; les strates ;
le rouleau de laitue ancienne.

Nous idolâtrons l’imperfection, le ventre, le ventre,
Le grain de beauté sur le ventre d’une putain exquise.
Il a épargné l’enfant et a gâté la tige.
Je ne me suis pas vendue à Dieu.

(1) Beaucoup de fans ont essayé de traduire cette chanson ; peu y sont arrivés. Patti semble ici jouer sur les mots bolt, qui peut désigner un verrou comme un plug anal, et log, qui signifie bûche, mais aussi journal. La Hélène dont elle parle est membre du groupe Helen Wheels ; elle et Patti se sont souvent répondu par le biais de chansons, pour exorciser la dépendance textuelle qu’elles nourrissaient l’une pour l’autre.

(2) J’ai beaucoup de mal à traduire cette phrase, sans savoir exactement quel sens Patti donnait à P.A. Je pense finalement qu’il ne s’agit pas de l’abbréviation de Pennsylvania ou Personal Announcement (system), mais qu’elle parle de son sexe (et que les colonnes sont donc ses jambes).

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Babelogue (Patti Smith)

 

 

Patricia Lee Smith dite Patti Smith est une chanteuse et musicienne de rock, poète, peintre et photographe américaine. Mariant la poésie Beat avec le garage rock des années 1960 et 1970, elle est considérée comme la « marraine » du mouvement punk.

Fille d’immigrés irlandais, elle a reçu une éducation religieuse stricte (sa mère était témoin de Jéhovah), dont elle s’est éloignée à l’adolescence. Elle dit d’ailleurs, dans sa reprise du Gloria de Them, « Dieu est mort pour les péchés de quelqu’un, mais pas les miens ».
Elle a été très influencée par le photographe Robert Mapplethorpe, avec qui elle a entretenu une relation passionnée.
Avant de former son groupe, elle a failli devenir chanteuse de Blue Oyster Cult, groupe pour lequel elle a d’ailleurs écrit plusieurs textes de chansons.
(Source : Wikipédia)

« Patti smith fait du slam avant l’heure. Elle débite. Elle éjacule ses phrases comme des obus en direction des auditeurs. »
(Etienne Ethaire, parlant de Babelogue dans son livre Camion blanc : Patti Smith, fille de Rimbaud).

Ces deux morceaux, le monologue Babelogue introduisant la chanson Rock and roll nigger, sont extraits de l’album Easter (1978), qui a constitué mon introduction à l’oeuvre de cette artiste (et qui reste mon préféré).

Bébélogue

Je n’ai pas beaucoup baisé par le passé,
Mais j’ai beaucoup déconné avec l’avenir.
Sur la peau de soie se trouvent les cicatrices
Des échardes des postes (de police)
Et des murs que j’ai caressés.

La scène est comme un verrou de bois,
Comme une bûche d’Hélène (1), c’est mon plaisir.
Je mesurais la réussite d’une nuit
A la façon, à la façon, à la quantité de pisse et de semence
Que je pouvais exsuder des colonnes où se nichait la P.A. (2)

Certains soirs, je surprenais tout le monde en disparaissant,
Vêtue d’une jupe en filet vert, sur laquelle était cousus
Des cercles plats et métalliques qui éblouissaient et étincelaient.
Les lumières étaient violettes et blanches.
Je possédais un voile ornemental, mais je ne supportais pas de le porter.

Quand j’avais les cheveux courts, je crevais d’envie de me couvrir le crâne,
Mais, à présent, mes cheveux eux-mêmes forment un voile,
Et le cuir chevelu est celui d’un
Comanche fou et endormi
Allongé sous le filet de la peau.

Je me réveille. Je suis paisiblement allongée,
Je suis paisiblement allongée, et mes genoux s’ouvrent au soleil.
Je le désire, et il est tout à fait prêt à me prendre.
Je suis Musulmane de cœur ;
Je suis Américaine de cœur ;
Je suis Musulmane de cœur,
De cœur, je suis une artiste américaine,
Et je ne me sens pas coupable.

Je recherche le plaisir.
Je recherche les nerfs sous ta peau.
L’arche étroit ; les strates ;
le rouleau de laitue ancienne.

Nous idolâtrons l’imperfection, le ventre, le ventre,
Le grain de beauté sur le ventre d’une putain exquise.
Il a épargné l’enfant et a gâté la tige.
Je ne me suis pas vendue à Dieu.

(1) Beaucoup de fans ont essayé de traduire cette chanson; peu y sont arrivés. Patti semble ici jouer sur les mots bolt, qui peut désigner un verrou comme un plug anal, et log, qui signifie bûche, mais aussi journal. La Hélène dont elle parle est membre du groupe Helen Wheels; elle et Patti se sont souvent répondu par le biais de chansons, pour exorciser la dépendance textuelle qu’elles nourrissaient l’une pour l’autre.
(Merci à Galois pour son aide inappréciable concernant ce passage).

(2) J’ai beaucoup de mal à traduite cette phrase, sans savoir exactement quel sens Patti donnait à P.A.
Je pense finalement qu’il ne s’agit pas de l’abbréviation de Pennsylvania ou Personal Announcement (system), mais qu’elle parle de son sexe (et que les colonnes sont donc ses jambes).

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Un rêve dans un rêve

Edgar Allan Poe (Boston, 19 janvier 1809 – Baltimore, 7 octobre 1849) est un poète, romancier, nouvelliste, critique littéraire, dramaturge et éditeur, ainsi que l’une des principales figures du romantisme américain. Connu surtout pour ses contes — genre dont la brièveté lui permet de mettre en valeur sa théorie de l’effet, suivant laquelle tous les éléments du texte doivent concourir à la réalisation d’un effet unique — il a donné à la nouvelle ses lettres de noblesse et est considéré comme l’inventeur du roman policier. Nombre de ses récits préfigurent les genres de la science-fiction et du fantastique.

Né à Boston, Edgar Allan Poe perd ses parents dans sa petite enfance ; il est recueilli par John et Frances Allan de Richmond, en Virginie, où il passe l’essentiel de ses jeunes années, si l’on excepte un séjour en Angleterre et en Écosse, dans une aisance relative. Après un bref passage à l’Université de Virginie et des tentatives de carrière militaire, Poe quitte les Allan. Sa carrière littéraire débute humblement par la publication anonyme d’un recueil de poèmes intitulés Tamerlan et autres poèmes (1827), signés seulement « par un Bostonien ». Poe s’installe à Baltimore, où il vit auprès de sa famille paternelle et abandonne quelque peu la poésie pour la prose. En juillet 1835, il devient rédacteur-assistant au Southern Literary Messenger de Richmond, où il contribue à augmenter les abonnements et commence à développer son propre style de critique littéraire. La même année, à vingt-six ans, il épouse sa cousine germaine Virginia Clemm, alors âgée de 13 ans.

Après l’échec de son roman Les Aventures d’Arthur Gordon Pym, Poe réalise son premier recueil d’histoires, les Contes du Grotesque et de l’Arabesque, en 1839. La même année, il devient rédacteur au Burton’s Gentleman’s Magazine, puis au Graham’s Magazine à Philadelphie. C’est à Philadelphie que nombre de ses œuvres parmi les plus connues ont été publiées. Dans cette ville, Poe a également projeté la création de son propre journal, The Penn (plus tard rebaptisé The Stylus), qui ne verra jamais le jour. En février 1844, il déménage à New York, où il travaille au Broadway Journal, un magazine dont il devient finalement l’unique propriétaire.

En janvier 1845, Poe publie Le Corbeau, qui connaît un succès immédiat. Mais, deux ans plus tard, son épouse Virginia meurt de la tuberculose. Poe envisage de se remarier, mais aucun projet ne se réalisera. Le 7 octobre 1849, Poe meurt à l’âge de 40 ans à Baltimore. Les causes de sa mort n’ont pas pu être déterminées et ont été attribuées diversement à l’alcool, à une drogue, au choléra, à la rage, à une maladie du cœur, à une congestion cérébrale, etc.

L’influence de Poe a été et demeure importante, aux États-Unis comme dans l’ensemble du monde, non seulement sur la littérature, mais également sur d’autres domaines artistiques tels le cinéma et la musique, ou encore dans des domaines scientifiques. Bien qu’auteur américain, il a d’abord été reconnu et défendu par des auteurs français, Baudelaire et Mallarmé en tête. La critique contemporaine le situe parmi les plus remarquables écrivains de la littérature américaine du XiXè siècle.

Source : wikipédia

A Dream Within a Dream

Take this kiss upon the brow!
And, in parting from you now,
Thus much let me avow —
You are not wrong, who deem
That my days have been a dream;
Yet if hope has flown away
In a night, or in a day,
In a vision, or in none,
Is it therefore the less gone?
All that we see or seem
Is but a dream within a dream.

I stand amid the roar
Of a surf-tormented shore,
And I hold within my hand
Grains of the golden sand —
How few! yet how they creep
Through my fingers to the deep,
While I weep — while I weep!
O God! Can I not grasp
Them with a tighter clasp?
O God! can I not save
One from the pitiless wave?
Is all that we see or seem
But a dream within a dream?

Un rêve dans un rêve

Recevez ce baiser sur le front !
Et maintenant que je vous quitte,
Laissez-moi du moins avouer ceci : –
Vous n’avez pas tort, vous qui estimez
Que mes jours ont été un rêve;
Cependant, si l’espoir s’est envolé
En une nuit ou en un jour,
En une vision ou en un songe,
En est-il pour cela moins en allé ?
Tout ce que nous voyons ou paraissons
N’est qu’un rêve dans un rêve.

Je me trouve au milieu des mugissements
D’un rivage tourmenté par la houle,
Et je tiens dans la main des grains de sable d’or –
Combien peu ! Et comme ils glissent
A travers mes doigts dans l’abîme, Pendant que je pleure,
Pendant que je pleure !
Mon Dieu ! ne puis-je donc les retenir
D’une étreinte plus sûre ?
Mon dieu, ne pourrais-je donc en sauver
Un seul de la vague impitoyable ?
Tout ce que nous voyons ou paraissons
N’est-il donc qu’un rêve dans un rêve ?

Ce poème, l’un des plus fameux de Poe, a été à maintes reprises adapté en musique. Ma version préférée reste celle de Propaganda, groupe allemand des années ’80. Comme je suis d’humeur généreuse, je vous mets une version studio et une live, à vous de choisir !

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Beasley Street (John Cooper Clarke)

John Cooper Clarke

John Cooper Clarke (né le 25 janvier 1949) est un poète punk britannique originaire de Salford, dans le Grand Manchester. Surnommé dans la presse « le barde de Salford », ses spectacles sont faits de déclamations énergiques et très rapides de ses poèmes. Il a été accompagné musicalement par *The Invisible Girls*, avec comme membres le producteur Martin Hannett, Pete Shelley (chanteur des Buzzcocks), Bill Nelson, Paul Burgess et Steve Hopkins. Il a fait la première partie de groupes comme The Sex Pistols, The Fall, Joy Division, The Buzzcocks, Elvis Costello et Rockpile. Plus récemment, il a ouvert pour Joe Strummer & The Mescaleros (ex-The Clash).
Durant les années 80, Clarke a lutté contre une accoutumance à l’héroïne. Il a vécu avec la chanteuse Nico durant cette période.
Il habite désormais avec sa famille (sa compagne Evie, mère de sa fille Stella, née en 1994) à Colchester, dans le Comté d’Essex (Angleterre) et il a repris des tournées régulières.

Source : wikipédia

Certains poètes, dérogeant aux règles communément acceptées, préfèrent à l’écrit d’autres moyens d’expression. C’est le cas de John Cooper Clarke, dont je tenais à vous faire partager l’une de mes chansons préférées. Mais, désireux de rendre ce poème très politisé – et toujours d’actualité, vu la situation actuelle au Royaume Uni – accessible au plus grand nombre, j’y ai joint, en bas de page, une traduction personnelle qui devrait aider à mieux l’apprécier. Notez que je ne suis pas traducteur professionnel et que la poésie est bien plus ardue à transposer dans une autre langue que la prose; certaines finesses du texte d’origine auront donc disparu en chemin, mais c’est toujours mieux que rien …

Beasley Street
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Far from crazy pavements –
the taste of silver spoons
A clinical arrangement
Far from crazy pavements –
the taste of silver spoons
A clinical arrangement
on a dirty afternoon
Where the fecal germs of Mr Freud
are rendered obsolete
The legal term is null and void
In the case of Beasley Street

In the cheap seats where murder breeds
Somebody is out of breath
Sleep is a luxury they don’t need
– a sneak preview of death
Belladonna is your flower
Manslaughter your meat
Spend a year in a couple of hours
On the edge of Beasley Street

Where the action isn’t
That’s where it is
State your position
Vacancies exist
In an X-certificate exercise
Ex-servicemen excrete
Keith Joseph smiles and a baby dies
In a box on Beasley Street

From the boarding houses and the bedsits
Full of accidents and fleas
Somebody gets it
Where the missing persons freeze
Wearing dead men’s overcoats
You can’t see their feet
A riff joint shuts – opens up
Right down on Beasley Street

Cars collide, colours clash
disaster movie stuff
For a man with a Fu Manchu moustache
Revenge is not enough
There’s a dead canary on a swivel seat
There’s a rainbow in the road
Meanwhile on Beasley Street
Silence is the code

Hot beneath the collar
an inspector calls
Where the perishing stink of squalor
impregnates the walls
the rats have all got rickets
they spit through broken teeth
The name of the game is not cricket
Caught out on Beasley Street

The hipster and his hired hat
Drive a borrowed car
Yellow socks and a pink cravat
Nothing La-di-dah
OAP, mother to be
Watch the three-piece suite
When shit-stoppered drains
and crocodile skis
are seen on Beasley Street

The kingdom of the blind
a one-eyed man is king
Beauty problems are redefined
the doorbells do not ring
A lightbulb bursts like a blister
the only form of heat
here a fellow sells his sister
down the river on Beasley Street

The boys are on the wagon
The girls are on the shelf
Their common problem is
that they’re not someone else
The dirt blows out
The dust blows in
You can’t keep it neat
It’s a fully furnished dustbin,
Sixteen Beasley Street

Vince the ageing savage
Betrays no kind of life
but the smell of yesterday’s cabbage
and the ghost of last year’s wife
through a constant haze
of deodorant sprays
he says retreat
Alsations dog the dirty days
down the middle of Beasley Street

People turn to poison
Quick as lager turns to piss
Sweethearts are physically sick
every time they kiss.
It’s a sociologist’s paradise
each day repeats
On easy, cheesy, greasy, queasy
beastly Beasley Street

Eyes dead as vicious fish
Look around for laughs
If I could have just one wish
I would be a photograph
on a permanent Monday morning
Get lost or fall asleep
When the yellow cats are yawning
Around the back of Beasley Street

Traduction

Loin des trottoirs délirants
… Et du goût des cuillères en argent
Une composition aseptisée
… Par une après-midi pourrie
Où les germes fécaux de Mr Freud
… Sont rendus obsolètes
La peine légale est nulle et non avenue
Dans le cas de … Beasley Street

Dans les places à cinq francs qui cultivent le meurtre
Quelqu’un est à bout de souffle
Le sommeil est un luxe superflu
… Une avant-première de la mort
La belladone est ta fleur
L’homicide ta viande
Passe une année en quelques heures
Au bord de Beasley Street

Là où il ne se passe rien
C’est justement là que ça se passe
Exprime ta position
Il y a des postes à pourvoir
Dans un exercice pour diplômes X
Des ex-militaires excrètent
Keith Joseph (1) sourit et un bébé meurt
dans une boîte en carton sur Beasley Street

Des pensions de famille aux chambres meublées débordant
… D’incidents et de puces
Quelqu’un se fait descendre
Là où les portés disparus crèvent de froid
emmitouflés dans les manteaux d’hommes morts
On ne voit pas leurs pieds
Une gargote ferme – une autre ouvre
En plein Beasley street

Les bagnoles se tamponnent, les couleurs jurent
un truc de film d’horreur
Pour un homme à moustache à la Fu Manchu
La vengeance n’est pas assez
Il y a un canari mort sur un fauteuil de bureau pivotant
Il y a un arc-en-ciel dans la rue
Pendant ce temps, sur Beasley Street,
La loi du silence règne

Très en colère
… Un inspecteur se pointe
Là où la puanteur indicible de la misère
… imprègne les murs
les rats sont tous rachitiques
ils crachent à travers leurs dents cassées
le nom du jeu n’est pas cricket
si tu te fais prendre sur … Beasley street

Le mec branché et son chapeau de location
Roulent dans une voiture d’emprunt
Chaussettes jaune et foulard rose
Il n’a rien d’une chochotte
Les futures mères
Regardent le costume trois pièces
Quand les pantalons moulants
Et les chaussures en croco
Déboulent sur … Beasley Street

Au royaume des aveugles
… les borgnes sont rois
les questions de beauté prennent un autre sens
… Les sonnettes ne marchent pas
Une ampoule qui éclate comme une cloque
est la seule source de chaleur
Là où un type vend sa soeur
… en bas de la rivière sur Beasley Street

Les garçons sont en manque
Les filles trop vieilles pour le mariage
Leur problème commun est
… De ne pas être quelqu’un d’autre
Le vent fait sortir la saleté
Et rentrer la poussière
Impossible de garder quelque chose propre
C’est une poubelle meublée
… au 16, Beasley Street

Vince le sauvage vieillissant
Ne trahit aucun genre de vie
… Sauf l’odeur du chou de la veille
Et le fantôme de l’épouse de l’année dernière
A travers un brouillard permanent
De sprays déodorants
Il dit … barres-toi
Les chiens-loups harcèlent les sales journées
au milieu de Beasley Street

Les gens se tranforment en poisons
Aussi vite que la bière en pisse
Les amoureux sont littéralement malades
Chaque fois qu’ils s’embrassent
C’est un paradis pour sociologue
Toutes les journées se ressemblent
Désagréable, ringarde, suintant la graisse, nauséeuse
… Bestiale, Beasley Street

Les yeux morts comme des poissons vicieux
Sont à la recherche de divertissement
Si j’avais un souhait à exaucer
Je serais une photographie
Par un lundi matin indélébile
Barres-toi ou endors-toi
quand les chats jaunes baillent
à l’arrière de Beasley Street.

(1) parlementaire britannique, ministre sous trois gouvernements (Harold Macmillan, Edward Heath et Margaret Thatcher) dans les années 1970 et 1980. Il est considéré comme l’éminence grise de l’élaboration du thatchérisme.

Et pour les anglophones parmi vous, voici un Documentaire d’une heure (de la BBC) consacré à cet artiste, source d’inspiration pour beaucoup.

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Rolling

I want to steam you open
Want to swim your ocean
We would fly
I wanna suck your motions
Exercise devotion
Never die
I’m growing you inside the star’s eye
You fascinate the loops with open belt
If dreams were we, I’d be the sea
And you’re some crazy fishing man
Your line’s on fire
You’re caught in my tide
Your sky’s expiring
You’re rolling again
I want to let you see it
Want to truly free it
You and I
I want to bleed your cedar
Til it gives me fever
And I’m high
And knowing you, you’ll ride the far side
You liberate the moon from it’s own shelf
If dreams were we, I’d take the lead
You’re down on your knees
The wave is rising
A blink is all you need
Now you’re inside me
Rolling again

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