Archives mensuelles : février 2014

Plume de Saint Valentin (le retour)

Je vous avais promis la version définitive de ma plume imposée de Saint Valentin, la voici donc :

Quand le sommeil devient insaisissable et superflu,
Quand le seul appétit restant peut se nourrir d’un firmament,
Quand nuque, oreille et bouche se transforment en aliments,
Quand j’ai faim de ton corps, quand j’ai soif de ton cul !

 

Et voici la définition gagnante :

L’Amour, c’est ce qui reste dans ma chambre quand l’Autre a refermé la porte.

Toutes mes félicitations à la gagnante !

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Plume : St-V imposée !

Voici le premier jet du « concours de Saint Valentin imposé » auquel j’ai participé hier (et proposé par le Livre de Poche). J’en étais plutôt content. Je vous promets la version définitive dès que j’aurai des nouvelles, bonnes ou mauvaises 😉

Le thème en était : « Et pour vous, c’est quoi l’amour ? », à développer en maximum 200 caractères.

Quand le sommeil devient
insaisissable et superflu,
Quand le seul appétit restant
vient de plus bas qu’auparavant,
Quand nuque, oreille et bouche
se transforment en aliments,
Quand j’ai faim de ton corps,
Quand j’ai soif de ton âme !

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Genres et sous-genres de la littérature de l’imaginaire

Répugnant personnellement au classement, toujours un peu arbitraire et castrateur, des divers genres de musique, littérature, peinture, etc. en catégories, je me rends néanmoins compte que, si la plupart des gens ont au moins une vague idée des différents courants de la littérature fantastique, les méandres de la science-fiction leur sont beaucoup plus hermétiques. Aussi, lorsque je suis tombé sur la Roue de la littérature imaginaire, j’ai trouvé qu’elle constituerait un excellent point de départ pour éclaircir les choses. L’intégralité (ou presque) des informations reprises ci-dessous provient de Wikipédia et d’un article de Francis Berthelot.

La-carte-de-l'Imaginaire2.1

(Clic gauche pour agrandir, clic droit pour ouvrir dans une nouvelle fenêtre)

La Fantasy comprend :

L’Heroïc Fantasy, qui met l’accent sur le côté épique et privilégie les univers médiévaux. Conan (Robert Howard), Lyonesse (Jack Vance), Le cycle des épées (Fritz Leiber) et la saga d’Elric le nécromancien (Michael Moorcock) en sont quelques exemples.

La High Fantasy (Tolkien, Ursula Le Guin) se caractérise par la création d’un monde féerique complexe et cohérent.
La Fantasy Urbaine, sous-genre où des créatures féeriques ou mythologiques vivent dans un centre urbain, dont le niveau technologique peut varier entre la fin du XIXè siècle et le XXIè siècle. Magie et technologie s’y côtoient. L’élément le plus important de la fantasy urbaine est qu’elle prend place dans un centre urbain, un univers familier créé par l’homme, qui se trouve en contraste avec celui généralement associé aux créatures surnaturelles : le surnaturel fait irruption dans le monde civilisé. Neverwhere (Neil Gaiman), Perdido Street Station (China Miéville) et la quasi intégralité de l’oeuvre de Charles De Lint en font partie.

Le Merveilleux regroupe aussi bien les mythes anciens (L’odyssée d’Homère, Les Métamorphose d’Ovide) que les contes et légendes populaires et les contes de fée, ainszi que les romans courtois du Moyen Age (Tristan et Yseult, mythologie Arthurienne).

Les récits de Planet Opera ont pour décor une planète étrangère aux caractéristiques déroutantes et mystérieuses, que les principaux personnages ont pour mission d’explorer et de découvrir sous tous ses aspects (faune, flore, ressources). La trilogie d’Helliconia en est l’exemple canonique.

La Space Fantasy mêle à des univers de Space Opera certains éléments typiques de la fantasy : magie, quête initiatique, atmosphère de conte. Ce genre peut réunir aussi bien les univers futuristes façon Warhammer 40000, où elfes et orques se battent à bord d’immenses machines de guerre, que d’autres plus étranges comme Spelljammer, où elfes, nains et humains explorent l’espace à bord de navires magiques, dépourvus de la moindre trace de technologie. Un cycle présentant les caractéristiques de la space fantasy peut également évoluer en planet opera fantasy (citons les cycles de Ténébreuse et la Ballade de Pern par exemple).

L’Age d’Or concerne les auteurs américains de la période 1920-1955, époque où se multiplient les pulps, revues de faible qualité, mais bon marché, qui seront suivies après la IIè GM par des livres de poche, qui condamneront les revues et feront passer la SF de la simple nouvelle au roman ou recueil de nouvelles. Aldiss, Asimov, Herbert, Clarke, Bester, Heinlein, Simak et Sturgeon en font partie.

Le Space Opera articule son intrigue autour de voyages interplanétaires ou interstellaires. Dans ces récits, souvent militaires, les théories d’astrophysique croisent les protocoles des récits d’aventures maritimes et en reprennent généralement le lexique (vaisseau, flotte, etc.). Ces récits, où la possibilité des déplacements à très longue distance est centrale, permettront le développement du thème d’empire interstellaire ou galactique.
Exemples : Star Trek, Star Wars, Dan Simmons (cycles Hypérion et Endymion, Ilium et Olympos), Peter F. Hamilton (cycles L’Aube de nuit, L’Étoile de Pandore, La Trilogie du vide).

La Hard Science (ou Hard SF ou SF dure) est un genre de la science-fiction où les technologies décrites, l’état de la société voire l’évolution historique ne sont pas en contradiction avec l’état des connaissances scientifiques (au moment de la publication). Elle est caractérisée par un intérêt pour les détails scientifiques et techniques. La plupart du temps, les auteurs de hard SF donnent la préférence à l’exploration de phénomènes astronomiques ou physiques plutôt qu’à la psychologie des personnages. Cependant, les découvertes récentes de la neurobiologie ont permis à des auteurs comme Greg Egan d’ouvrir la psychologie aux conjectures scientifiques.
Exemples : Kim Stanley Robinson (Trilogie de Mars) et Donald Kingsbury (Parade Nuptiale).

NSO : Alaistair Reynolds se situe aux confins de la Hard Science et du Space Opera, dans un nouveau courant nommé « New Space Opera ».

L’appellation Cyberpunk désigne un sous genre décrivant un monde futuriste de manière dystopique (négative). Le cyberpunk met souvent en scène un futur proche, avec une société technologiquement avancée (notamment pour les technologies de l’information et la cybernétique). Parmi les principaux écrivains cyberpunk, on peut citer William Gibson (Neuromancien), ou Neal Stephenson. On peut inclure dans ce genre des publications bien antérieures, telles que Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, 1984 de George Orwell et Farenheit 451 de Ray Bradbury. Le Steampunk lui est apparenté et revisite, lui, le progrès technologique de l’époque victorienne. Exemples: Machines Infernales (K. W. Jeter) et Les Voies D’anubis (Tim Powers).

L’Uchronie prend comme point de départ une situation historique existante et en modifie l’issue pour ensuite imaginer les différentes conséquences possibles. Un exemple en est Le Maître du Haut Château de Philip K. Dick et le spécialiste incontesté en est Harry Turtledove.

Le New Weird se situe entre l’horreur et la fiction spéculative, mais transgresse souvent les limites des sous-catégories. Quelques auteurs notables sont China Miéville, Jeff VanderMeer, K. J. Bishop et Steph Swainston.

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Plume : La féminine éducation

J’avais quatre ans quand mon père est mort et, pendant les dix années qui suivirent, les figures de père furent presque totalement absentes du paysage. A part un oncle vieux garçon et un grand-père que j’adorais, tous deux trop âgés pour remplir ce rôle. Je fus donc élevé dans un milieu presque exclusivement féminin. Ce qui explique certaines bizarreries.

Ainsi, je fis du tricot, du crochet et de la broderie dans ma jeunesse. Un peu de solfège, aussi. J’échappai de justesse à la danse classique. Par contre, il ne serait pas passé par la tête de ma mère de m’inscrire dans un club d’échecs ou de football, pour lesquels je manifestais pourtant un intérêt et des prédispositions évidentes. J’étais (et suis toujours) nul en bricolage. J’avais le jardinage en horreur (ça, c’est corrigé, Dieu merci) !

D’autres gros inconvénients, dus à cette éducation féminine, m’handicapèrent longtemps. Le premier tenait au fait que ma mère, professeur qu’on ne voulait pas nommer principalement à cause de ses opinions politiques, me changeait d’école à chaque fois qu’elle passait d’un intérim à l’autre. Elle faisait ainsi d’une pierre deux coups : plus de problèmes de transport (vu que nous allions au même endroit à la même heure) et vengeance (comme j’étais premier de classe partout, elle privait son ancien employeur d’un bon élément et en amenait un sur son nouveau lieu de travail. Evidemment, être « premier de classe », fluet et relativement peu sociable, avec sa mère comme prof dans la même école, ça ne m’arrangeait pas vraiment ! Le deuxième problème, c’est qu’étant d’une politesse extrême vu mon éducation, les autres gosses de mon âge avaient tendance à prendre cela pour de la couardise – peut-être même me subodoraient-ils gay, allez savoir ?

Pas étonnant donc qu’au niveau éducation sexuelle, quelques lacunes se soient aussi présentées. Autant ma mère n’éprouvait aucune gêne quand il s’agissait de se ballader à poil devant moi, autant aborder le sujet de mon engin lui était difficile. Mon éducation sexuelle se résuma donc à une seule et unique conversation d’un petit quart d’heure. Je devais avoir 10 ou 11 ans et ma mère me demanda si je savais comment on faisait les bébés. Je lui expliquai qu’une rumeur persistante circulait à l’école, mais que je n’y croyais pas, parce que « ça ne rentrerait jamais ». Fou rire de ma mère (qui était une bonne nature et riait souvent), qui me confirma la ‘rumeur’. Puis, plus rien …

Durant mes dernières années d’humanité, j’avais bien commencé à m’intéresser aux filles, mais à part quelques baisers et l’un ou l’autre effleurement de sein, pas grand chose à signaler. Arrivé à l’université – et disposant de mon kot vu les 50 kilomètres de distance ainsi mis avec le foyer familial (Yoohoo !) – les choses n’évoluèrent pas non plus particulièrement en ce domaine. Je me fis pas mal d’amis et aussi quelques amies, mais comme il s’agissait la plupart du temps des copines de mes amis …

Il fallut attendre l’année suivante pour enfin voir se produire un déclic (si j’ose dire, mais n’anticipons pas). J’avais quitté mon horrible cellule de 5 mètres carrés de la cité un universitaire pour aller cohabiter avec un pote et sa soeur; je commençai aussi à travailler dans un bar, pour enfin atteindre à l’indépendance financière et je continuais à travailler 10 heures/semaine au magasin de disques du campus (deux vinyles par jour, ça ne se refuse pas). Une des découvertes permises par la cohabitation fut la pile impressionnante de magazines de mon pote, riche en jeunes demoiselles (fort) peu vêtues. Et ce qui devait arriver arriva. Après une nuit passée à préparer un gros examen, me sentant prêt, mais craignant de m’endormir, je me mis à feuilleter l’un de ces magazines et … il se passa quelque chose de très angoissant au niveau de ma ceinture ! Paniqué et craignant de devoir filer aux urgences – et d’aussi rater mon examen, par ailleurs – je m’épongeai tant bien que mal, pris une douche et constatai que je ne me sentais pas si mal que cela. En fait, que du contraire !

Ce n’est que quelques jours plus tard que me revint en mémoire un incident, survenu quelques années plus tôt au domicile familial. Marc, mon beau-père, avait fait brutalement irruption dans ma chambre, dont j’avais fermé les rideaux. Cela m’arrivait assez régulièrement, lorsque je voulais contrer l’impression d’être observé par les voisins d’en face pour lire tranquillement. Le regard de mon beau-père en disait long : il s’attendait clairement à avoir quelque chose à me reprocher et était fort courrouçé que ce ne soit pas le cas. Enfin, je réalisai qu’il pensait me surprendre dans une situation … embarrassante. S’il avait seulement su alors combien d’années encore cela me prendrait pour simplement immaginer que cette possibilité s’offrait à moi, il en eût été fort esbaudi 😉

Quelques mois plus tard, j’avais mis à profit cette découverte – et mon statut de barman/serveur, je n’ai pas honte de l’avouer – pour (enfin) passer ma première nuit en charmante compagnie.

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