Bashung

J’ai découvert Bashung bien trop tard : lui aussi, comme Desproges (« Plus cancéreux que moi, tumeur ! »), allait bientôt déclarer forfait face à la maladie. Encore un que je n’aurai jamais vu jouer (comme Bowie, Lou Reed, Leonhard Cohen, Lhasa et tant d’autres). Mais il nous a laissé de beaux textes !

On commence par une chanson légère, bel hommage à Dylan & Macadam Cowboy.

C’est la faute à Dylan

Lorsque j’ai quitté ma squaw
Mon bout de ferme
Dans un comté proche
De Clermont-Ferrand
Le shérif venait de faire construire
La sienne
Pour y loger l’adjoint et sa maman

Sing along Bob
Sing, sing along Zimmerman
J’suis cow-boy à Paname
Mais c’est la faute à Dylan

Place de l’opéra
Un flic du genre texan
M’a dit tout en essuyant ses Ray-Ban
Mon gars tu n’es pas d’ici reprends ta selle
Sinon j’te fous fissa en cabane

Sing along Bob
Sing, sing along Zimmerman
J’suis cow-boy à Paname
Mais c’est la faute à Dylan

J’avais un rendez-vous avec mon pote le Kid
Dans un salon perdu du vieux Pigalle
Le Kid m’a dit man ici y’a pas d’emploi
Si t’es pas partant pour le nu intégral

Sing along Bob
Sing, sing along Zimmerman
J’suis cow-boy à Paname
Mais c’est la faute à Dylan

J’ai traîné mes boots des rios de Barbès
Jusqu’aux prairies de l’or noir
De Longchamp
Mais j’n’aurais pas cru que j’finirais ma vie
Portier dans un hotel pour hommes en blanc

Sing along Bob
Sing, sing along Zimmerman
J’suis cow-boy à Paname
Mais c’est la faute à Dylan

 

Quand un texte devient politique, un peu plus à gauche que la gauche, forcément, ça m’intéresse …

Volutes

Vos luttes partent en fumée
Vos luttes font des nuages
Des nuages de scrupules

Vos luttes partent en fumée
Vers des flûtes enchantées
Et de cruelles espérances
Me lancent, des dagues et des lances
En toute innocence

J’cloue des clous sur des nuages
Un marteau au fond du garage
J’cloue des clous sur des nuages
Sans échafaudage

Vos luttes partent en fumée
Sous les yeux embués
D’étranges libellules

Pour une grimace et un rictus
De plus, j’fais des heures sup’
Je m’en donne de la peine
Je cogite je m’agite, je rejoue la scène

J’cloue des clous sur des nuages
Un marteau au fond du garage
J’cloue des clous sur des nuages
Sans échafaudage

Et mon corps de se vouer
A des lunes surdouées
Aux courbes souveraines
Pleines pleines

Vos luttes partent en fumée
Sous des soleils qui s’ignorent
Dor, dormez, mes réponses allongées

Mes que dire, mes que faire
Mais comment ça tient en l’air
Ces deux hémisphères, par quel mystère

J’cloue des clous sur des nuages
Un marteau au fond du garage
J’cloue des clous sur des nuages
Sans échafaudage

Vos luttes partent en fumée

 

Et je clôture avec une de mes préférées : le jour où j’écrirai un texte pareil, je serai content de moi !

Malaxe

Entre tes doigts l’argile prend forme
L ‘homme de demain sera hors norme
Un peu de glaise avant la fournaise
Qui me durcira
Je n’étais q’une ébauche au pied de la falaise
Un extrait de roche sous l’éboulis
Dans ma cité lacustre à broyer des fadaises

Malaxe
Le cœur de l’automate
Malaxe
Malaxe les omoplates
Malaxe le thorax

Issu de toi
Issue de moi
On s’est hissés sur un piédestal
Et du haut de nous deux on a vu
Et du haut de nous deux on a vu
Tes calculs mentholés dans ta bouche ça piquait
J’ai pas compté j’escomptais
Mais une erreur de taille s’est glissée
Et j’y suis resté

Malaxe
Le cœur de l’automate
Malaxe
Malaxe les omoplates
Malaxe le thorax

Issu de toi
Issue de moi
On s’est hissés sur un piédestal
Et du haut de nous deux on a vu
Et du haut de nous deux on a vu

Malaxe
Malaxe
(ad lib)

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Musique

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s