Archives mensuelles : septembre 2017

Quand le Diable sortit de la salle de bains

 

Nous avons tous, j’imagine, une petite liste de livres que nous rêvons de lire un jour. Pour ma part, j’essayerais bien « Quand le diable sortit de la salle de bains« , de Sophie Divry, dont voici un court extrait :

… comment faire pour tenir dix jours avec quarante euros ?
Comment faire ou plutôt comment non-faire : non-acheter, non-sortir, non-vouloir, non-métro, non-bus, non-shopping, non-desserts, non-viande, non-bière, non-marché, non-cinqfruitsetlégumes-frais, non-café, non-imprévus, non-nouvelles factures, non-nouvelles charges ?

Ces pensées se refermaient sur moi jusqu’à bloquer mes poumons dans une non-respiration qui m’aurait sans doute amenée à une oui-crise d’angoisse puis à une séance de contemplage de plafond, lorsque mon ordinateur émit un bip qui me fit violemment sursauter.

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La notion de sauveur

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« Tous ces livres d’histoire américaine qui se focalisent sur les Pères Fondateurs et sur les présidents successifs pèsent lourdement sur la capacité d’action du citoyen ordinaire. Ils suggèrent qu’en temps de crise il nous faut chercher un sauveur : les Pères Fondateurs pour la Révolution, Lincoln pour la sortie de l’esclavage, Roosevelt pour la Grande dépression, Carter pour la guerre du Vietnam et le scandale du Watergate. En revanche, entre les crises, tout va pour le mieux et il faut nous contenter du retour à la normale. Les livres d’histoire classique nous apprennent encore que l’acte suprême du citoyen est de désigner son sauveur en allant voter tous les quatre ans pour choisir entre deux Blancs relativement riches, anglo-saxons de surcroît et mâles par-dessus tout, à la personnalité terne et aux opinions parfaitement orthodoxes. »

Une histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours, Howard Zinn, 1980, traduction de Frédéric Cotton.

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Comme une fleur sous la pluie

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Je me coupe à ras l’ongle du doigt
du milieu
de la main droite
vraiment à ras
et je commence à lui caresser le con
et elle se tient assise sur le lit toute raide
à se passer de la lotion sur les bras
la figure
et les seins
elle vient de sortir du bain
puis elle s’allume une cigarette :
« que ça ne t’empêche pas de continuer »,
dit-elle, et elle ne cesse de fumer et de
se passer de la lotion
je continue de lui caresser le con.
« Tu veux une pomme », que je lui dis.
« volontiers », fait-elle, « tu en as une ? »
mais en définitive je préfère continuer à la
travailler –
elle commence de se tortiller,
puis elle se met sur le flanc,
humide et ouverte
comme une fleur sous la pluie.
puis elle se met sur le ventre
et son superbe cul
me fait risette
et je repasse la main dessous et je lui
touche aussi le con.
elle se tourne et empoigne
ma queue qu’elle agite en tous sens,
j’écrase
mon visage dans le flot
de ses cheveux roux qui ruissellent
de toutes parts
et ma queue gonflée pénètre
dans ce miracle.
après, tout devient jeu : la lotion
les cigarettes et la pomme.
puis je sors acheter du poulet
et des crevettes et des frites et des pains au lait
et de la purée de pommes de terre arrosée de
jus de viande
et de la salade de chou rouge, et nous
mangeons, elle me dit
combien c’a été bon pour elle et je lui dis
combien c’a été bon pour moi et nous
mangeons
le poulet et les crevettes et les
frites et les pains au lait et la
purée de pommes de terre arrosée de jus de
viande et
la salade de chou rouge aussi.

 

Extrait de « Women », de Charles Bukowski.

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Le kraken

Sous les agitations de la surface,
Loin, loin, dans le calme des abysses,
Enveloppé de son très vieux sommeil sans rêve,
Repose le Kraken.
De faibles reflets de lumière
Frôlent ses flancs ténébreux.
Des éponges géantes, millénaires,
L’entourent.
Dans la pénombre des cavernes infinies,
D’énormes poulpes
Démêlent de leur bras la verte statuaire.
Il s’y repose depuis les premiers âges
Et toujours monstrueusement grandit,
Dévorant d’immenses vers marins,
Jusqu’à la Fin des Temps, le dernier incendie,
La rouge Apocalypse.
Alors, pour la première fois,
Il sera vu des hommes et des anges.
Il se réveillera dans l’horreur pourpre,
Il montera à la surface
Et y mourra.

Le Kraken, Tennyson (1830).

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L’enluminure (IIè partie : matériaux, technique, éléments décoratifs, lexique, ressources)

 

Les matériaux

 

Support

On peut travailler l’enluminure sur un papier aquarelle non texturé, mais l’idéal reste le parchemin. Comme au Moyen-âge, c’est une peau d’agneau ou de veau préparée avec soin par un parcheminier. Il est en général de teinte crème ou blanche. Lorsqu’il est très fin et de qualité supérieure, on le désignera sous le nom de vélin.

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Grâce à sa texture et à sa translucidité, le parchemin donne aux pigments de couleur une luminosité que l’on ne retrouve pas avec le papier.
Autrefois, la peau était choisie selon le format du livre désiré, puis on la pliait et l’assemblait. De plus, le parchemin et le vélin résistent mieux que le papier au temps qui passe.

 

Outils

• La plume d’oiseau

C’est l’outil par excellence du calligraphe qui utilise aussi parfois le calame (voir lexique en fin d’article). La plume est préparée et biseautée avant son utilisation. Elle peut provenir de différents oiseaux : l’oie, le corbeau pour les petites lettres fines, l’aigle, le cygne, le pélican pour les plus fortunés.

• Le pinceau

D’utilisation très ancienne, il apparaît au IIIe siècle avant JC, en Chine. C’est le général Meng Tian De Qi qui aurait confectionné le premier selon un procédé simple : « prendre un morceau de bois mort pour le manche, y adapter des poils de daim pour le cœur de la touffe, recouvrir ceux-ci de poils de moutons pour former une coiffe.

 

Media

• Les encres

Traditionnellement de couleur noire ou sépia, l’encre est utilisée pour l’écriture. On trouve de l’encre de carbone (suie d’une lampe ou de cheminée mêlée à une gomme), puis apparait l’encre métallo-gallique, c’est-à-dire constituée de tanin de noix de galle et de sulfate de fer ou de cuivre, dont la combinaison donne une teinte qui fonce avec le temps par oxydation.
L’encre rouge était quand à elle réservée pour les lettrines ou les rubriques, petites phrases résumant la chapitre ou le texte suivant.

• Les couleurs

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Elles se préparent à partir de produits issus de la nature. Ils pouvaient provenir autant du jardin du monastère que d’un pays lointain. Les ingrédients, qui composaient les couleurs de cette époque, existent toujours. Réservés pour la décoration des livres, les pigments sont de composition complexe.
Il en existe de deux types :
– Les pigments d’origine chimique: produits à partir de soufre, mercure, plomb…
– Les pigments d’origine naturelle: végétale (racines, safran, tournesol, baies de fruits, champignons, sang dragon (résine rougeâtre) … animale (insectes, poissons, fiel, cochenille, foie, urine… ou minérale (terre, sulfure, pierres…)

De nombreuses recettes sont expliquées dans des traités écrits à différentes époques. Les pigments réduits en poudre sont stockés dans des récipients bien fermés à l’abri de la lumière et de l’humidité en attendant de les mélanger avec un liant.

• Les piécettes

Une autre façon de conserver une couleur qui n’a pas de corps (généralement des végétaux) est de teindre des bouts d’étoffe dans un bain coloré. Une fois les piécettes sèches, elles sont rangées dans un cahier. Lors de l’utilisation, il faut couper un morceau, le déposer dans un godet avec un peu d’eau. Le tissu rendra la teinture, dans laquelle il faudra rajouter un liant pour peindre. Ce procédé est cité dans de nombreux réceptaires d’époque.

Il existe de nombreuses recettes d’enduit pour poser l’or, plus ou moins efficaces d’ailleurs. La plus connue est le gesso (ou assiette) : c’est la plus belle mais aussi la plus difficile à réaliser. Les recettes diffèrent selon les origines et les époques. Très peu nous sont parvenues correctement, car elles constituaient des secrets d’ateliers.

• Les liants

C’est un élément primordial pour composer les couleurs. Pour peindre, le pigment doit être mélangé à un liant sur une plaque de marbre ou de verre à l’aide d’une molette. Il permet d’enrober les particules et servira à l’adhérence du pigment sur le support.
Il en existe différents sortes : le jaune d’œuf, la gomme arabique (issue d’une variété d’acacia), la gomme de cerisier, la colle de parchemin (fabriquée à partir de rognures), la colle de poisson (esturgeon mélangé à de la poudre de clou de girofle pour la conservation), la colle de bois de cerf …

La technique au jaune d’œuf : mêler le jaune à une quantité égale d’eau, puis mêler le pigment. Il faut appliquer la détrempe par petits coups de pinceaux parallèles. Les couches peuvent se superposer mais doivent être sèches et minces afin d’éviter le craquelage.

• L’or

Poser la feuille d’or sur le parchemin est une des opérations les plus délicates dans l’art de l’enluminure. L’enlumineur doit prendre avec précaution ce petit carré d’or d’une finesse et d’une fragilité extrêmes (15 fois plus fine que le papier). Puis, il la place sur un enduit qu’il a fabriqué auparavant. L’enduit va permettre à l’or de tenir sur le parchemin et son épaisseur provoquera des reliefs resplendissants.

Généralement c’est un mélange de céruse, de bol d’Arménie, de craie ou de plâtre éteint, de colle de poisson ou de peau et de miel ou de sucre. Une fois le mélange posé et sec sur la partie à enluminer, il suffit de l’humidifier à l’haleine pour le rendre adhérent et poser la feuille d’or (sèche après 24h). Une fois posé, l’or peut être bruni soit à l’aide d’un brunissoir (en agate ou hématite) ou une dent de loup, de chien, de sanglier, soit encore avec du coton. L’aspect passe alors du mat au brillant.

 

La technique

– Il faut d’abord tracer des lignes avec une plume fine : la réglure. Elle permet au copiste d’aligner correctement ses lettres. Parfois, par manque de temps ou par soucis esthétique, certaines réglures n’ont pas été effacées.
– Le copiste écrit, à la plume d’oie, le texte sur le parchemin. Il prend bien soin de laisser de la place pour les décorations à venir et des marges tout autour.
– L’enlumineur réalise l’enluminure dans l’emplacement réservé. le motif de décoration est d’abord esquissé avec un poinçon et repassé à l’encre avec une plume fine.
– L’enlumineur pose la feuille d’or.
– L’enlumineur procède au remplissage de la décoration avec son pinceau. Chaque couleur est choisie avec soin et a une signification particulière :

Or = richesse, vertu, grandeur, prestige
Argent = innocence, netteté, pureté, sagesse
Noir = noblesse, tristesse
Violet = puissance
Rouge = courage, amour, désir de servir sa patrie
Vert = liberté, santé, espérance, joie
Bleu = beauté, fidélité, persévérance

 

Les éléments décoratifs

Ils ont plusieurs fonctions:
– une connotation religieuse: dans un premier temps, l’enluminure est faite à la gloire de Dieu.
– un repère visuel, qui permet de comprendre rapidement le contenu du livre, surtout quand on ne sait pas lire.
– un signe de richesse : un livre enluminé est apprécié comme œuvre d’art.
L’or abonde jusqu’au milieu du XIVe siècle en raison de l’influence byzantine. Plus tard, le style devient plus réaliste, les couleurs prennent le dessus.

• La miniature

C’est finalement l’élément décoratif le plus grand. Elle est parfois insérée dans le corps du texte, en pleine page ou en début de texte.

• La lettrine

Historiée quand elle renferme un récit familier, ornée quand elle est simplement décorative, zoomorphique quand elle prend la forme d’un animal ou d’une créature fantastique.

• Les bordures

Elles deviennent parfois de véritables cadres.

• La mise en page

Le format des enluminures est déterminé par la mise en page, selon que le manuscrit est réglé: à longues lignes, à deux ou trois colonnes. Les enlumineurs savent tirer parti de la contrainte imposée par la réglure et adapter leurs compositions à l’espace qui leur est imparti.

Au Moyen-âge, la répartition du décor peint ou des images n’est pas laissé à la discrétion et à la fantaisie de l’artiste, comme dans les livres illustrés modernes. Elle se fait à des emplacements précis, prévus à l’avance, laissés libres par le copiste, sur les indications du concepteur de l’ouvrage ou du commanditaire. De nos jours, ce rôle est tenu par les maquettistes.

Ces emplacements sont situés aux principales articulations du texte et leur importance varie en fonction de la hiérarchie interne du texte. Par exemple: pleine page ou demi-page sur toute la largeur pour les articulations importantes(prologue) ; miniature de format carré ou rectangulaire de la largeur d’une colonne pour des sections secondaires (tête de chapitre).

 

Lexique

Calame : Roseau taillé servant pour écrire dans les premières civilisations (Egyptiens et Romains). Le calligraphe taille une extrémité du roseau pour former un bec. Puis, dans ce bec, il pratique une fente qui facilite l’écoulement de l’encre.
Entrelacs : Motifs décoratifs où les lignes s’entrecroisent.
Evangéliaire : Recueil des textes des Evangiles dans l’ordre des offices de l’année.
Noix de galle : La galle de chêne est la partie boursoufflée que l’on trouve parmi les feuilles. Chêne se dit tann en gaulois et en breton d’où le terme tanin. L’encre presque grise devient noire en séchant.
Bol d’Arménie : Type d’argile très fin (kaolinique), composé de terre et d’oxyde de fer qui lui donne une coloration sanguine, orangée. Il permet l’adhérence des feuilles d’or. Il est posé à l’eau sur le bois apprêté ou sur le parchemin et facilite le brunissage de l’or.
Rubricateur : personne chargée d’écrire les rubriques (titres) : travaux à l’encre rouge.
Scriptorium : pièce réservée à la copie et à la décoration des manuscrits dans les monastères.
Trempe : Fait de tremper sa plume dans l’encre; une bonne trempe, c’est prendre la juste quantité d’encre pour écrire longtemps sans faire de tâche.

 

Sites internet

http://www.coindet.com
http://www.enluminure-medievale.com
http://www.enluminure.com
http://www.or-pigments.com
http://www.bnf.fr

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Classé dans Métiers de la plume

Chair faible

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C’est vrai que la chair est faible. Cette nuit j’ai fait un rêve étrange et pénétrant par là. J’ai rêvé de Bernadette Lafont (1). C’est pourquoi aujourd’hui j’ai du mal à me concentrer.

Il m’est extrêmement pénible d’évoquer Bernadette Lafont, même petite fille, sans me sentir confusément coupable de tentative de détournement de mineure. Féminin moi-même au point de préférer faire la cuisine plutôt que la guerre, on ne saurait me taxer d’antiféminisme primaire. Je le jure, pour moi, la femme est beaucoup plus qu’un objet sexuel. C’est un être pensant comme Julio Iglesias ou moi, surtout moi.

Pourtant, Dieu me piétine, quand j’évoque Bernadette Lafont, je n’arrive pas à penser à la forme de son cerveau. J’essaye, je tente éperdument d’élever mon esprit vers de plus nobles valeurs, j’essaye de calmer mes ardeurs sexuelles en imaginant Marguerite Yourcenar en porte-jarretelles ou Marguerite Duras en tutu, mais non, rien n’y fait. Et c’est ainsi depuis le jour maudit où, séchant les Jeunesses musicales de France pour aller voir le Beau Serge, cette femme, cette femme qui était là cette nuit dans mon rêve, triomphante de féminité épanouie, délicatement posée sur sa sensualité endormie, cette femme à côté de qui la Vénus de Milo a l’air d’un boudin grec, cette femme a dardé dans mon cœur meurtri l’aiguillon mortel d’un amour impossible que rien, rien au monde ne parviendra jamais à me faire oublier, pas même la relecture assidue de Démocratie française et du Programme commun de gouvernement de la gauche.

Rien au monde ne pourra jamais libérer mon esprit de vos charmes inouïs, madame : vos yeux étranges et malicieux, où je m’enfonce comme dans un bain de champagne incroyablement pétillant, votre poitrine simplement arrogante, véritable insulte à l’usage du lait en poudre, et « votre dos qui perd son nom avec si bonne grâce qu’on ne peut s’empêcher de lui donner raison » – ce n’est pas de moi, c’est une image superbe inventée par M. Brassens, qui n’eut toute sa vie que des bonnes idées, sauf celle d’être mort avant Julio Iglesias.

 

(1) : bombe thermonucléaire et multi-mammaire capable de faire bander un arc-en-ciel ou de détourner un boutonneux communiste de la ligue de Moscou.

(extrait de Vivons heureux en attendant la mort, de Pierre Desproges.)

 

 

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La femme sauvage

Vraiment, ma chère, vous me fatiguez sans mesure et sans pitié; on dirait, à vous entendre soupirer, que vous souffrez plus que les glaneuses sexagénaires et que les vieilles mendiantes qui ramassent des croûtes de pain à la porte des cabarets.

Si, au moins, vos soupirs exprimaient le remords, ils feraient quelque honneur; mais ils ne traduisent que la satiété du bonheur et l’accablement du repos. Et puis, vous ne cessez de vous répandre en paroles inutiles: « Aimez-moi bien! J’en ai tant besoin! Consolez-moi par-ci, caressez-moi par-là! » Tenez, je veux essayer de vous guérir; nous en trouverons peut-être le moyen pour deux sols, au milieu d’une fête, et sans aller bien loin.

Considérons bien, je vous prie, cette solide cage de fer derrière laquelle s’agite, hurlant comme un damné, secouant les barreaux comme un orang-outan exaspéré par l’exil, imitant, dans la perfection, tantôt les bonds circulaires du tigre, tantôt les dandinements stupides de l’ours blanc, ce monstre poilu dont la forme imite assez vaguement la vôtre.

Ce monstre est un de ces animaux qu’on appelle généralement « mon ange! », c’est-à-dire une femme. L’autre monstre, celui qui crie à tue-tête, un bâton à la main, c’est un mari. Il a enchaîné sa femme légitime comme une bête, et il la montre dans les faubourgs, les jours de foire, avec permission des magistrats, cela va sans dire.

La femme sauvage et la petite maîtresse (extrait), Le spleen de Paris, Charles Baudelaire.

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Règlements de comptes à OK Casseroles

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La littérature policière, tout comme ses pendants télévisuels et cinématographiques, a souvent fait la part belle à la gastronomie, qu’elle soit constituée de spécialités locales ou de mets raffinés. A contrario, on peut aussi mentionner le thème récurrent du détective qui, totalement obnubilé par l’enquête en cours, en vient à oublier de se sustenter – mais pas de s’abreuver, étrangement.

Roman noir et cuisine ont de tous temps entretenu des relations complexes et privilégiées.Tout semble avoir débuté avec le Bérurier des San Antonio et Manuel Vasquez Montalban, qui met en scène les prouesses culinaires de Pepe Carvalho (c’en est d’ailleurs au point que ses recettes ont fait l’objet d’éditions spécifiques). Digne héritier et grand admirateur de ce dernier, on peut aussi citer le sicilien Andrea Camilleri et son commissaire Montalbano, aussi redouté pour son coup de fourchette que pour ses capacités déductives (La saison de chasse, Le voleur de goûter). Sans oublier les polars historiques de Michèle Barrière (Souper mortel aux étuves, intrigue médiévale où poissonniers, bouchers, maraîchers, rôtisseurs rythment les avancées de l’enquête, ou Meurtres au potager du Roy, qui accorde aux légumes de Louis XIV un rôle prépondérant dans l’élucidation de l’énigme.)

Au petit écran, on ne saurait oublier le commissaire Maigret, féru de blanquette de veau et dont la lenteur des enquêtes rappelle la préparation de plats mijotés, ainsi que Les Sopranos, où conciliabules comme festivités ont souvent lieu lorsque les membres de la « famille » sont attablés devant des plats rappelant à tous leurs origines.

Et au cinéma, on peut citer entre autres Le silence des agneaux – où Jonathan Demme fait dire à Hannibal Lecter, en parlant de son psychiatre : « J’ai dégusté son foie avec des fèves au beurre et un excellent Chianti » – ou le graphiquement superbe Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant de Peter Greenaway, qui se déroule presque exclusivement dans un restaurant haut de gamme et se clôt par la dégustation d’une délicatesse rare.

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Le coeur

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J’aurais aimé vivre à une époque où les gens croyaient encore que le coeur était l’organe central contenant tous les souvenirs, les émotions, la capacité, les défauts et les qualités qui font de nous des individus spécifiques. J’avais envie de retourner à cette période d’ignorance avant que le coeur perde son statut et soit réduit à un organe vital, mais remplaçable parmi d’autres.

(« L’unité », de Ninni Holmqvist.)

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Retournement

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« L’auteur du Retournement découvre le parallélisme qui existe entre le Renseignement et la Littérature, qui sont, l’un et l’autre, affaires de « romancier ». Car le rapport qui s’établit entre l’officier-traitant et son informateur s’apparente étrangement à celui qui unit l’écrivain et son personnage. D’où la réussite exemplaire d’écrivains de race comme Graham Greene, qui ont trouvé dans l’espionnage un monde à la ressemblance intime de leur talent. »

Préface (d’auteur non mentionné) au Retournement, de Vladimir Volkoff.

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