Maladie d’amour

Tout était très calme le matin et j’ai pensé : c’est sympa, ils l’ont emmené à l’hôpital ou à la morgue [il parle de son propriétaire malade]. J’vais peut-être enfin pouvoir chier. J’me suis habillé pour aller aux toilettes et j’ai pas raté mon coup. Puis j’suis retourné à la chambre et j’ai redormi un peu.

J’ai été réveillé par des coups sur la porte. Je me suis assis et j’ai répondu : « Entrez ! » avant de réfléchir. C’était une femme tout de vert vêtue. Le corsage était décolleté, la jupe moulante. Elle ressemblait à une actrice de cinéma. Elle est restée là à me regarder pendant un moment. J’étais assis, en slip, tenant la couverture devant moi. Chinaski, le grand amant. Si j’étais un homme, j’ai pensé, j’la violerais, j’lui mettrais le feu dans la culotte, je l’obligerais à me suivre par le vaste monde, je ferais monter des larmes dans ses yeux avec mes lettres d’amour écrites sur du papier de soie rouge.

(Charles Bukowski, « Factotum », page 129).

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Classé dans Ecrivain, Extraits, Roman

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