Le papillon

Mars

Elle est menue, si menue … comme un oisillon tombé du nid. Et si fragile que j’ai peur qu’elle se brise en mille morceaux si un client venait à élever la voix. Et pourtant, ma seule envie est de la prendre comme un sauvage sur le comptoir. Et le long regard bestial que je viens de lui adresser ne lui a sûrement pas échappé.

Après plusieurs secondes de ce viol ophtalmique, elle détourne d’ailleurs brusquement le regard, gênée – voire effrayée ? – par son intensité. Se pourrait-il qu’elle soit trop innocente pour l’avoir déchiffré ? Moi qui me suis toujours flatté de ne jamais déshabiller des yeux les filles que je convoitais, je me sens tout-à-coup honteux, comme souillé. Je sens mon visage s’empourprer dans un mélange de honte et de rage intériorisée. L’ai-je effarouchée ? Va-t-elle encore oser franchir les portes de La Marionnette ? N’ai-je fait qu’accentuer encore son malaise ? Ne serais-je pour elle qu’un bourreau de plus, à ajouter à la longue liste de mes prédécesseurs ? Qu’elles sont longues, les minutes qui suivent cet échange muet …

(à suivre)

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