La Parmesane

Je n’ai pas pour habitude d’allècher le chaland, mais ma Muse m’a fait l’honneur de me rendre visite ce jour et je tenais à vous faire partager les premières lignes de ce qui, je l’espère, deviendra bientôt mon premier roman. Rêvons, rêvons …

 

Elle avait acquis son surnom un soir de février, alors qu’elle était attablée au restaurant, devant une assiette de spaghetti à la bolognaise. Intriguée par le ravier en inox apporté par la serveuse, elle s’était tournée vers sa mère pour lui demander « à quoi ça sert, Maman ? ». La réponse avait été truculente : « C’est du parmesan. Un fromage qui a du caractère, comme toi. N’en mets pas trop, c’est fort ! »

Bien entendu, elle n’avait tenu aucun compte de cette injonction, profitant des rares moments de distraction d’Inès pour saupoudrer à qui mieux-mieux ses pâtes de cette poudre de perlimpinpin jaunâtre, jusqu’à les rendre en fin de compte impropres à la consommation. Elle n’avait alors que trois ans, mais un caractère déjà bien trempé. Elle serait, à dater de ce jour, La Parmesane.

Ce sobriquet avait au moins l’avantage d’être cryptique. D’aucuns, parmi les moins physionomistes, la croyaient originaire d’Emilie-Romagne. D’autres, affligés de difficultés d’audition probablement, la prenaient pour une campagnarde. Certains, enfin, la soupçonnaient de vouer un culte à la charcuterie. Mais il était le premier à avoir compris seul et aussi rapidement.

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Classé dans Plume, Roman

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