Plume : Impro sous contrainte

J’ai participé ce soir, sans le moindre avertissement préalable, à ma première improvisation d’écriture sur un site web privé que je fréquente assidûment. Le principe était le suivant : 10 minutes maximum pour rédiger un écrit sous contraintes. En voici les résultats, copiés-collés sans aucune retouche (je ne tape pas très vite, je l’avoue) :

1)  je te propose « déchéance », avec comme contrainte de le faire en poème, avec ou sans rime.

Hélas, elle connut la malchance
Très tôt, de connaître la déchéance.
Elle avait visité Byzance,
Tout comme le paquebot France.

Mais il ne craignait pas la médisance,
Et n’avait pas vécu l’enfance
De cette fille aux tresses presque blanches,
Qui ne s’appelait, de plus, pas France.

(5 minutes, mais j’ai bien foiré les deux derniers vers dans ma précipitation)

2)  Je lance le challenge d’un chant estudiantin avec le mot « péripatéticienne » et  ça doit être relevé

Elle était pé, péri, péri
Peripatéticieeenne
Elle s’appelait pelait pelait
Cunégonde, ou Lucieeenne
Et dans son con son con son con
son comportement amiaaable
Elle était à têta têta
bsolument irréprochaaable

Elle habitait bitait bitait
Dans une caravaaane
Elle se chauffait chauffait chauffait
Uniquement’au butaaane
Et professait fessée fessée
Son métier près des Haaalles
C’est d’ailleurs là yeur là yeur là
Qu’elle s’prenait des mandaaales

(9 minutes, j’aime plutôt bien)

3)  La défense d’un accusé de meurtre au tribunal avec le mot « guacamole »  (avocat -> guacamole…. 😀 )

Mesdames et Messieurs du juré !

L’homme que vous avez devant vous aujourd’hui est une victime ! Et je dis bien une victime !
Une victime de quoi me direz-vous ? Et je vous répondrai : une victime de l’avocat, et plus précisément une victime du guacamole !

Je vous l’accorde bien volontiers, l’homme décharné et à l’air patibulaire qui se trouve présentement dans le box des accusés est aussi coupable. Coupable de meurtre, qui plus est. cela, ni lui ni moi ne le nions.
Mais c’est l’accumulation de circonstances qui ont mené Augustin Bridoux au meurtre que vous devez prendre en compte, car ce sont elles qui vous feront opter ou non pour les circonstances atténuantes !

Revenons sur les faits : le 12 juillet dernier, Augustin Bridoux se rend dans un restaurant mexicain, seul. Les témoins appelés à la barre vous l’ont confirmé : le restaurant était plein comme un oeuf, ce soir là. Et Augustin Bridoux, de retour d’un long périple dans la marine marchande, rêvait depuis près de six mois d’un guacamole. Ce plat lui tenait particulièrement à coeur depuis la mort de sa femme, d’origine mexicaine.

Et ce soir là, il comptait bien l’avoir, son guacamole ! Aussi, devant l’inhabituelle affluence dans son restaurant favori, il fit contre mauvaise fortune bon coeur et de patienter jusqu’à ce qu’une table se libère.

Lorsque enfin, après plus de trois quarts d’heure d’attente, il put étendre ses jambes fatiguées par une longue journée d’errance en ville, passée à renouer contact avec d’anciennes connaissances, il commanda bien sûr son mets favori. S’il avait pu savoir ce qui allait bientôt se passer, il aurait probablement été alarmé par la remarque désuète du serveur : »Vous avez de la chance, Monsieur, il ne nous en reste plus qu’un ».

Aussi, lorsqu’un client impatient et probablement énervé par une longue attente passée au bar, à boire apéritif sur apéritif, bouscula le serveur qui apportait à Augustin Bridoux son mets favori, il prit la mouche, empoigna l’importun et vous connaissez la suite : son adversaire ayant empoigné une lampe de table toute proche pour l’en menacer, Augustin Bridoux lui planta une fourchette dans l’oeil.

Mais qui d’entre vous, je vous le demande, Mesdames et Messieurs du Juri, n’aurait pas au moins été tenté d’en faire de même ? Je vous demande de réfléchir en votre for intérieur à la réaction qui aurait pu être la vôtre, si vous aviez été dans sa situation.

Mesdames et Messieurs du juri, je ne demande pas la relaxe, mais une peine raisonnable, accompagnée du sursis pour la moitié de la durée.

Je vous remercie de votre attention !

(près de 20 minutes, mais livré en 2 tronçons après 9 et 10 minutes respectivement. Je dois apprendre à gérer le chrono !)

4)  bon ok, ta contrainte : c’est un japonais !

(vous reconnaitrez l’air bien vite)

Un japonais basané
est allongé sur le sol
Un katana sur le nez
en guise en guise en guise
de parasol !

(1 minute)

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