Diableries

Le Livre de Poche #33260, 7,10€

Sacrifices

1945, Ohio : Willard revient du Pacifique, traumatisé par les horreurs de la guerre. Pendant le trajet qui le ramène chez lui, il rencontre Charlotte, serveuse dans un diner, qu’il décide d’épouser et ils ont rapidement un fils, Arvin. Mais Charlotte tombe gravement malade et Willard commence à donner en sacrifice à Dieu toutes sortes de créatures, afin de la sauver. Mais Dieu ne l’écoute pas : Charlotte meurt et il décide de l’accompagner, laissant Arvin à la garde de sa grand-mère.

Chasseurs

1965 : Carl, le photographe et Sandy, l’appât, sillonnent les routes à la recherche d’auto-stoppeurs. Ceux qu’ils rencontrent deviennent les vedettes de séances photo glauques et fatales. Pendant ce temps, le Shérif Lee Bodecker – frère de Sandy – a arrêté de boire, mais pas de participer aux intrigues louches d’édiles locaux. Il est très contrarié d’apprendre que Sandy se prostitue au rabais, car cela pourrait nuire à sa réélection.

Orphelins

Arvin et Lenora sont tous deux élevés par Emma, la mère de Willard, et son mari. Pendant ce temps, Roy, le prédicateur itinérant père de Lenora et Théodore, le musicien handicapé (et amoureux de lui) qui l’accompagne, vont de cirques en églises, subsistant tant bien que mal.

Les routes de tous ces personnages hantés par le Diable vont finir par se croiser dans une apothéose sanglante, où Pollock démontre avec force qu’avoir arrêté les études à 18 ans pour travailler dans une usine de pâte à papier n’empêche nullement, 32 ans plus tard, d’entamer avec brio une carrière d’écrivain !

Extrait :

Un jour, Arvin alla chercher Lenora à la sortie du lycée et la trouva acculée à l’incinérateur d’ordures à côté du garage des bus, cernée par trois garçons. Tandis qu’il arrivait derrière eux, il entendit Gene Dinwoodle lui dire : « Merde, t’es tellement moche qu’il faudrait que je me mette un sac sur la tête pour pouvoir bander. » Les deux autres, Orville Buckman et Tommy Matson éclatèrent de rire et se rapprochèrent d’elle. C’étaient des élèves de terminale qui avaient une ou deux années de retard et tous étaient plus grand qu’Arvin. Au lycée, ils passaient la majeure partie de leur temps assis dans l’atelier, à échanger des blagues cochonnes avec le bon à rien de professeur de travaux manuels et à fumer des Bugler. Lenora avait fermé les yeux, très fort, et commencé à prier. Des larmes roulaient le long de son visage. Arvin n’eut que le temps de délivrer quelques coups à Dinwoodle avant que les autres ne le plaquent au sol et ne le frappent tour à tour. Allongé sur le gravillon, il pensait, comme ça lui arrivait souvent au cours d’une bagarre, au chasseur que son père avait tabassé si violemment, ce jour-là, dans la boue des toilettes extérieures. Mais à la différence de cet homme, Arvin ne renonçait jamais. Si le concierge n’était pâs arrivé avec un chariot de cartons à brûler, ils auraient pu le tuer. Sa tête lui fit mal pendant une semaine, et pendant plusieurs semaines encore il eut du mal à lire au tableau.

Ca lui prit presque deux mois, mais Arvin parvint à les avoir un par un. Un soir, juste avant la nuit, il suivit Orville Buckman au magasin de Banner. Il resta caché derrière un arbre à trois cent mètres de là et regarda le garçon sortir en sifflant un soda et en mangeant sa dernière « Little Debbie ». A l’instant où Orville passait près de lui, sa bouteille renversée pour avaler une nouvelle gorgée, Arvin avança sur la route. De la paume de la main, il frappa le fond de la bouteille de Pepsi, enfonçant la moitié du goulot de verre dans la gorge du garçon, cassant deux de ses dents de devant. Le temps qu’Orville comprenne ce qui lui arrivait, la bagarre était pratiquement terminée. Ne restait que le coup qui le mit K.O. Une heure plus tard, il se retrouva allongé dans la boue au bord de la route, s’étranglant dans son propre sang, un sac en papier sur la tête.

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Classé dans Polar, Roman

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