Plume : La Saint-Zano

J’ai toujours eu des relations très spéciales avec mes professeurs d’art. Ayant toujours été d’une nullité affligeante dans ce domaine – contrairement à ma mère, touche-à-tout surdouée – j’imagine que c’est assez logique : après tout, j’étais dans les premiers de la classe dans tous les domaines, exception faite du sport et du créatif. Je vous parlerai un jour de Monsieur Lefèvre, mon « prof de travaux manuels » en primaires, mais je vais ce jour vous conter l’histoire de la Saint-Zano, cuvée 1976.

Alors voilà. Je suis au même athénée depuis cinq ans, fait partie des « premiers de classe » depuis plus de dix – ça commence à me saoûler d’ailleurs – et vient juste de découvrir que les filles ne sont pas aussi inintéressantes que je le pensais encore il y a peu. Je n’ai été qu’une fois en retenue de ma vie (et encore, j’ai payé pour un autre). J’ai récemment obtenu de ma mère de pouvoir toucher en liquide la somme normalement utilisée pour payer les repas de midi à la cantine et utilise cet argent pour me gaver de pâtisseries et m’offrir des tangos (bière + grenadine) au café du coin tous les midis, ou presque. Bref, je commence à me dévergonder et décide de me lâcher un peu aussi en cours. Et l’une de mes premières victimes sera – qui l’eût cru ? – ma professeur de dessin technique.

S’il y a bien une chose qui me fait royalement ch…, c’est le dessin technique : je n’y vois aucun intérêt, me retrouve systématiquement les mains pleines d’encre – je ne vous parle même pas de mes dessins – et ma prof est catastrophique au niveau discipline : à son cours, les gens dînent, se font du café, lisent des BDs, discutent à voix très haute. Bref, c’est la victime expiatoire rêvée !

Par une belle journée de printemps, me voilà pris d’inspiration à la vue d’une bouteille d’apéritif Cinzano – une variante du Martini. C’est décidé : cet après-midi, je fêterai la Saint-Zano au cours de dessin. Je convertis donc deux jours de croissants et tangos en alcool à bon marché et, en plein cours, ouvre ma bouteille – au vu et au su de tous – et commence à picoler. Ayant amené des gobelets en plastique, j’en propose bien entendu à la ronde, toujours sans susciter la moindre réaction ! Au bout d’une bonne demie heure, la prof a finalement bien dû intervenir, mon taux d’alcoolémie me rendant quelque peu envahissant 🙂

Bien évidemment, je l’ai payé plus tard – un examen de passage en dessin scientifique en dernière année, ça la fout mal – mais je ne regrette en rien d’avoir, pour la seule et unique fois, arrosé un saint !

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