Magasin Général (BD – Loisel & Tripp)

Magasin Général est une BD de Loisel (La quête de l’oiseau du tempsLa jeunesse de Peter Pan) et Tripp, deux auteurs français vivant au Canada, qui se sont connus en partageant le même atelier. Le principe est le suivant: Loisel fait le premier jet et Tripp la mise au net. Ajoutez à cela un coloriste de génie et un dialoguiste, chargé d’adapter le patois canadien pour le rendre accessible à un public francophone au sens large, et vous admettrez que ça ne ressemble pas à toutes les séries de BD usuelles.

La série (8 tomes, dont je n’ai lu que les 5 premiers) raconte la vie d’un village québécois dans les années 20. L’accent est mis sur Marie, qui vient d’hériter du Magasin Général à la mort de son mari et Serge, ex-poilu et cuistot de haut vol à Paris. Les seconds rôles sont truculents : l’idiot du village, que Marie prend comme assistant, le curé  et les trois sœurs bigotes qui détestent tous les hommes, l’ami improbable du curé (un anti-calotin pur jus), l’institutrice du village …

La mise en couleurs est d’une beauté à couper le souffle, le dessin a beaucoup de caractère (réaliste, mais avec une petite touche caricaturale). En voici d’ailleurs un exemple, tiré d’un hors-série en noir et blanc:

On sent l’amour des auteurs pour leurs personnages (la série était censée être clôturée en 3 volumes et, pour une fois, on est bien content d’avoir eu droit à des prolongations). Certains passages sont poignants, les auteurs n’hésitant pas à gommer tout dialogue pour accentuer une scène pleine d’émotion. On découvre ainsi en une planche comment on tue un cochon (fabrication du boudin, etc.) et, dans une scène muette encore imprégnée dans mon cortex, on découvre comment on fabrique un cercueil, de très petite taille… pour comprendre qu’il est destiné au bébé mort-né de l’institutrice du village.

Les hommes correspondent aux caricatures hyper-macho de l’époque, on assiste au début du féminisme (les femmes décident de faire une « grève du sexe » pour obtenir gain de cause), bref, on rit beaucoup et on apprend plein de choses.

J’espère vous avoir mis l’eau à la bouche et vous laisse, incapable personnellement de rivaliser avec les ravioles de Serge.

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