Charles de Lint

Auteur canadien né le 22 décembre 1951 à Bussum aux Pays-Bas, Charles de Lint mêle, dans ses nombreux romans et nouvelle,s les mythes (celtiques, gitans ou amérindiens) à la vie urbaine contemporaine. Il est le précurseur et l’une des voix majeures de la littérature de fantasy urbaine, notamment avec son célèbre cycle de Newford.

Il s’exprime aussi dans l’art, la poésie et la musique, et a écrit quelques romans horrifiques sous le pseudonyme de Samuel M. Key.

Vu que peu de ses écrits sont traduits (même si son anglais est très abordable), vous trouverez la liste de ses nouvelles traduites ici :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_Lint

Les « héros » des nouvelles de Charles De lint sont des marginaux, SDF, strip-teaseuses, artistes de tout poil. On s’attache assez vite à certains personnages récurrents, tantôt stars prises sous le feu des projecteurs, tantôt simples invités pour une cameo.

Le thème qui me parle le plus est la difficulté du choix auquel ont à faire face beaucoup des habitants de Newford, entre s’adapter (pour se faire accepter des autres) et rester soi-même (souvent la voie la plus ardue), comme le résume bien le monologue de Mona, tiré de la nouvelle « Ma vie d’oiseau »:

Ce qu’il y a, c’est que nous passons trop de temps à chercher à l’extérieur ce que nous devrions essayer de trouver à l’intérieur. Mais nous semblons incapables de faire confiance à ce que nous découvrons en nous – peut-être parce que c’est là, justement, que nous le trouvons. Je suppose que cela fait partie de notre manière d’ignorer ce que nous sommes vraiment. Nous sommes si prompts à gommer des facettes de nous, pour nous adapter à une relation, un travail, un cercle d’amis, éditant sans cesse ce que nous sommes jusqu’à ce que nous soyons « présentables ».

Ou bien nous le faisons à quelqu’un d’autre. Nous essayons de changer les gens qui nous entourent.
Je ne sais pas ce qui est le pire.

La plupart des gens diraient que c’est quand on le fait à autrui, mais je pense qu’aucune de ces options n’est très saine.

Pourquoi avons-nous aussi peu d’amour pour nous-mêmes? Pourquoi sommes-nous soupçonnés d’essayer de nous aimer, d’être fidèles à ce que nous sommes, plutôt qu’à ce ce que quelqu’un pense que nous devrions être? Nous sommes tellement prêts à nous trahir, mais nous avons toujours d’autres mots pour cela. Nous avons tant d’autres termes pour le décrire: s’adapter, faire un effort, suivre le sens du courant.

Je ne propose pas un monde uniquement régi par l’égoïsme pur et dur. Je suis consciente qu’il faut respecter un minimum de politesse et de compromis, sinon seule subsisterait l’anarchie. Et quiconque s’attend à ce que le monde entier s’adapte à lui est clairement un peu trop imbu de sa personne.

Mais comment pouvons-nous attendre des autres qu’ils nous respectent ou se soucient de nous, si nous ne nous respectons pas et ne nous soucions pas de nous-mêmes? Et comment se fait-il que personne ne nous dise: « Si tu es tellement prêt à te trahir, pourquoi devrais-je croire que tu ne vas pas me trahir, moi aussi?

Souvent, un événement fantastique constituera le déclic pour le héros: Mona, qui vient de vivre une rupture pénible et qui a des problèmes avec son éditeur, rencontre par hasard un nain qu’elle prend pour un SDF et à qui elle offre les 2 dollars qui lui restent en poche. Le nain ne l’entend pas de cette oreille: il se sent redevable. Mona se retrouve donc forcée d’héberger un « nain des grottes » très mal élevé et à l’hygiène pour le moins douteuse, qui peut se rendre invisible à volonté (et en profite peut-être pour la regarder prendre sa douche). Après avoir longtemps hésité, elle choisira finalement, plutôt que de devenir encore plus « invisible » – pouvoir se transformer à volonté en oiseau, afin de pouvoir observer sans être « vue », la tentait beaucoup – de sauver un enfant atteint d’un cancer incurable. Et en sera évidemment transformée (dans le bon sens du terme).

Dans ma nouvelle préférée, « Une pote à moi », l’héroïne est devenue la meilleure amie d’une musicienne pendant ses études. La vie lui fait ensuite perdre le contact pendant plusieurs années, quand elle apprend qu’elle a fait une grave dépression nerveuse. Elle va donc lui rendre visite et a enfin l’occasion d’écouter ses chansons, qui sont aussi belles que difficiles d’accès. Son amie prépare une grande tournée dans des bars et elles se perdent à nouveau de vue.

C’est la mère de son amie qui la recontacte, pour lui annoncer qu’elle s’est noyée (un suicide) et qu’elle lui laisse, dans sa note d’adieu, le chien qu’elle adorait.

A Noël, fête qu’elles appréciaient particulièrement pour sa « magie », elle tente de consoler le pauvre chien et lui dit: « Elle me manque, tu sais ». A quoi le chien lui répond: « A moi aussi! »

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Classé dans Ecrivain, Fantasy

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