A rage for revenge (David Gerrold)

A Rage for Revenge, troisième tome du cycle The War Against the Cthorr, par David Gerrold, Bantam Spectra,1989.

Autant vous annoncer la mauvaise nouvelle d’entrée de jeu : ce livre est exclusivement disponible en anglais; d’un autre côté, le langage utilisé n’est pas très ardu et toute la série a été récemment rééditée.

Rappel des épisodes précédents

A rage for Revenge constituant le troisième tome d’une série, un résumé de la situation me semble s’imposer. Voyons donc où nous en sommes …

La Terre a été envahie par les Chtorriens : une série d’épidémies a tout d’abord éliminé 80% de sa population, puis sont venues la flore et la faune, dont les couleurs dominantes vont du rose au violet et dont le développement rapide et agressif menace l’écologie terrestre. Au sommet actuel de la chaîne alimentaire se trouvent les vers, aussi appelés erronément Chtorr à cause du cri qu’ils poussent lorsqu’ils attaquent. Et quand un ver carnivore, de la taille d’un bus, vous fonce dessus à du 80 à l’heure, il vaut mieux être un expert du lance-flammes!

La résistance humaine à l’envahisseur est, de plus, divisée par des dissensions. Les USA ont été mis au banc de la planète et obligés de démilitariser, après avoir autorisé Israël à utiliser la bombe A, puis s’être mêlés d’un conflit au Pakistan. Leur décentralisation leur a, d’un autre côté, permis d’être moins sévèrement touchés et plus à même de résister, mais le monde entier se méfie d’eux. Ajoutez à cela la catastrophe psychologique, chacun des survivants ayant perdu plusieurs membres de sa famille, et le tableau n’est guère joyeux.

Débarque là-dedans notre héros, Jim McCarthy, enrôlé par erreur dans une unité active, alors qu’il est biologiste de formation. Aussi désireux de tuer du ver que de comprendre l’écologie chtorienne (pour lutter contre ou entrer en contact avec elle).

L’arc de Jim McCarthy

Dès le début du livre, McCarthy se fait capturer par des renégats, ces humains qui tentent de survivre en collaborant avec les envahisseurs chtorriens. Sauf que ces renégats-ci ont l’air d’avoir domestiqué un, voire plusieurs vers! Au risque d’être endoctriné par le chef de la secte, Jim collabore avec la tribu, réussit finalement à fuir et, assumant l’identité de son ancien chef décédé, à diriger le raid punitif de l’armée. Mais les dirigeants ont réussi à échapper au massacre.

Considéré comme déserteur et traître, Jim erre et tombe sur Famille, une communauté qui vient en aide aux enfants orphelins traumatisés. Pour pouvoir protéger le site de la communauté, qu’il estime trop vulnérable, il ira même jusqu’à adopter trois enfants. Mais les renégats attaquent Famille et c’est le carnage! Mc Carthy tient enfin sa vengeance : les dirigeants renégats sont euthanasiés, mais c’est une victoire à la Pyrrhus. Rongé par la culpabilité, il tente bien de retrouver la trace de sa mère, avec qui il est en très mauvais termes, mais il arrive trop tard : elle est morte d’une banale infection !

Maintenant seul au monde, Jim balance entre le suicide et la folie, pour finalement être sauvé par l’amour d’une ex-collègue. Pardonné, Il est dirigé vers le Dr Foreman, qui dispense un cours destiné à préparer les personnes ayant prouvé leur valeur dans la lutte contre l’envahisseur: le Mode Training. Foreman pense que l’instinct de survie des humains engendre des réactions inappropriées à la situation actuelle : si la race humaine veut survivre, ses dirigeants doivent apprendre à « changer de mode ». A la fin du livre, McCarthy a réussi l’examen de Modie. Ayant vaincu le lavage de cerveau subi chez les renégats, il est prêt à reprendre la lutte.

Confronté à la tâche ardue de présenter autant de noirceur, sans pour autant pousser son lecteur au suicide, Gerrold s’en sort via deux entourloupettes de génie : les citations de Solomon Short (nom de plume que Foreman utilise pour sa propagande positiviste) et les limericks scabreux (que McCarthy compose pour éviter de sombrer dans le désespoir). Chaque chapitre (et il y en a … 69) commence par une citation de Solomon Short et se termine par un limerick.

Chef d’oeuvre?

Ce qui, selon moi, transforme ce très bon livre de SF en chef d’oeuvre, c’est quand Gerrold, pendant la moitié du livre, compare l’endoctrinement subi par McCarthy chez les rebelles avec l’enseignement de Foreman : il est presque impossible de les différencier !

Un livre de SF d’une intelligence rare, que je ne peux que vous conseiller vivement.

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